Chapitre 19.

1370 Mots
L'odeur du café chaud inondait le bureau de M. Richardson, le PDG de l'hôpital. De si bon matin, il avait un journal en main et lisait les événements qui font la une quand Julia frappa à sa porte. - Entrez ! - Bonjour M. Richardson. Votre secrétaire m'a dit que vous avez besoin de me parler. - Oui, Mme François. Veuillez prendre siège. Julia eut une décharge à l'écoute de cette appellation. - Merci. - Comment vous allez ? - Je vais bien et pour vous ? - À merveille. J'ai votre chèque. Normalement, le comptable aurait dû s'en charger de vous le remettre mais j'ai demandé à le faire. Tenez ! - Merci M. Cette situation lui mettait mal à l'aise. Elle n'arriva pas à comprendre ce qui se passait. Qu'est-ce que le PDG lui voulait ? Se demanda-t-elle intérieurement. - Vous pouvez jeter un œil. Il y a quelqu'un qui a payé toutes vos consultations gynécologiques pour la période restante de votre grossesse donc votre salaire restera intact. - Vraiment ? Et je peux savoir qui c'est ? - Je ne me rappelle pas du nom, veuillez vous renseigner à la comptabilité plus tard. La direction de l'hôpital songe à organiser à votre intention une fête prénatale communément appelée "baby shower". Si vous n'y voyez aucune objection, nous allons prendre tout en charge. Après tout, vous êtes l'une de nos meilleurs employés. - Je ne m'y attendais pas à tout ça M. Cela m'enthousiasme beaucoup. - C'est normal Mme François. Cette fête est célébrée entre les septième et huitième mois de grossesse alors pour votre part ce sera quel mois ? - Septembre ou Octobre M. - C'est très bien. On retiendra le mois d'Octobre prochain. À vous de nous faire part d'une date car après tout ce sera votre enfant. - Oui, je vous communiquerai la date retenue. - Bien. Tout a donc été dit. Vous pouvez à présent disposer Mme François. - Merci M. Richardson. Julia avait l'impression de suffoquer dans ce bureau. Elle partit renverser tout le contenu de son estomac. Elle ne supportait pas l'odeur du café. Elle se rendit ensuite à la comptabilité pour dénicher le nom de la personne qui lui avait payé toutes ses consultations gynécologiques. Est-ce Anthony ? Non, elle n'en était pas certaine car il ne lui avait rien dit. Dimitri n'aurait pas un le culot de lui faire une scène pareille, un homme aussi cupide qui a abandonné son enfant parce-que cela n'avait pas soi-disant été prévu dans son budget, disait-il. Elle ignorait donc qui ça pourrait être. - Anthony Lorens Guillaume, annonça le comptable quand Julia lui demanda le nom de celui qui avait fait cela. - Merci beaucoup. Décidément cet homme se contentait de tout financer quand il s'agissait d'elle. C'était de l'amour ou de la pitié ? Optons pour le premier cas. Après tout, il veut faire de cet enfant le sien et comment pouvait-il rester indifférent à toutes les dépenses qui lui concernait ? L'amour est donc un délice. Il ne s'agit pas de dire "Je t'aime". Il faut le manifester toute la journée, tous les jours par ses actions sinon les mots sont inutiles car les paroles s'en vont mais les actes restent. Julia eut un terrible mal de dos qui l'obligea à rentrer tôt de son travail. Elle essaya d'appeler Anthony afin de l'en informer mais c'était peine perdue. Il était injoignable. India a voulu la raccompagner chez elle mais Julia lui rassura qu'elle pouvait rentrer seule. Elle rentra afin de se reposer un peu. Deux heures plus tard. - Bienvenue parmi nous babe. Julia reconnaissait cette voix entre mille. C'était celle de son fiancé. Elle ouvrit les yeux. Il était assis sur le bord du lit avec son téléphone en main toujours aussi élégant dans son costard. - Tu es assis là à me regarder dormir ? - Que voulais-tu que je fasse ? Tu m'as fait une sacrée peur aujourd'hui. - Vraiment ? À quel sujet ? - Mon téléphone était en charge lors de tes appels. Je les ai remarqués un peu plus tard avant de m'en aller du travail et là je me suis rendu tout de suite à l'hôpital mais tu n'y étais pas. J'ai donc songé à venir ici et tu dormais à poings fermés. - Oui je t'ai téléphoné mais tu étais injoignable. - Tu es rentrée sans moi chérie. Qu'est-ce qui s'était passé ? - J'ai passé une sale journée aujourd'hui. J'ai vomi tout le contenu de mon estomac ce matin et dans l'après-midi j'ai dû faire face à un terrible mal de dos. - J'ai su que quelque chose n'allait pas quand je ne t'ai pas trouvé là-bas. Les nausées ne devraient pas se terminer à ce stade ? - Oui, j'ai été libérée de tout ça depuis quelques bonnes semaines. Ça me revient tout à coup après avoir été au bureau du directeur ce matin. Il buvait du café, je n'ai donc pas pu supporter l'odeur. - Je vois. Et pour ton dos, tu te sens mieux ? - Oui, ça va chéri. Et pour toi, ça a été ta journée ? - Oui ma belle. J'étais très inquiet tout à l'heure mais je suis rassuré à présent. Je ne souhaite aucunement vous perdre mon cœur, toi et ce bébé. - Je le sais mon chou. Et pourquoi tu ne m'en as pas parlé du financement en avance de mes consultations gynécologiques restantes. - J'avais oublié de t'en parler ma chérie. Je ne me suis pas rendu à l'hôpital pour le faire. On est en pleine vingt-et-unième siècle. Depuis mon compte bancaire j'ai fait le dépôt vers le compte de l'hôpital tout en leur laissant un mail afin d'éviter toute confusion. - J'apprécie beaucoup mais j'aurais préféré que ce n'était pas mon patron qui m'annonce cela. Tu aurais dû me le dire plutôt. - Je sais mon amour. Excuse-moi. - Et as-tu quelque chose d'autre que tu dois me dire ? Je ne veux que tu oublies rien. - Non, tu n'as pas à t'en faire. Tu acceptes donc de m'excuser ? - Non, je n'accepte pas d'excuses sans la moindre marque d'affection, feignit Julia de se mettre en colère. - Vraiment ? Ça ne me pose aucun problème puisque je suis l'homme le plus affectueux de toute la planète. - J'aimerais voir ça. Il enleva son costard et retroussa les manches de sa chemise avant de s'approcher de Julia et lui déposa un b****r sur les lèvres puis dans son cou. Telle une adolescente, les battements du cœur de celle-ci étaient plus rapides et plus puissants que la normale. Une grande attirance les unissait tous les deux. Il caressa son visage avant de se mettre dans le lit et permettre à Julia de poser sa tête contre la musculature qui se cachait sous sa chemise. Anthony posa sa main sur le ventre de sa fiancée. Il la fixait. Son regard pétillait de bonheur. Cette femme était son monde. Son tout. Son équilibre. Elle avait comblé tout sa vie. Elle se remua. - Tu n'as pas faim chéri ? Lui demanda-t-elle. - Pour être franc, oui car j'ai mangé depuis environ six heures. - Allez on bouge ! Je ne peux certainement pas te laisser crever de faim. Je vais te préparer quelque chose à la cuisine. - N'avais-tu pas mal au dos ? Tu peux te reposer mon cœur. Je m'achèterai de quoi manger en rentrant. - Il n'en est pas question babe. D'ailleurs j'ai faim moi aussi, je vais préparer à manger et tu mangeras avant de partir. - À vos ordres, chère madame ! Laisse moi d'abord prendre une photo avec toi. - Dans mon état actuel ? Non, mon chéri ça ne sera pas possible. - Où est le problème ? Tu es splendide comme tu es. - De toute façon, têtu comme tu es, tu ne m'écouteras pas. - Je le prends pour un compliment ma chérie car tu m'aimes comme ça. Il prit son téléphone afin de prendre un selfie et Julia se positionna pour lui faire une bise sur la joue. Il prit quatre clichés. Ensuite main dans la main, ils sortirent de la chambre.
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