XIX Dans la pénombre de son salon faiblement éclairé par un candélabre, la comtesse Gabrielle Dusseuil, assise toute droite, tenait la main de Prudence agenouillée devant elle. En chemise, les cheveux libres, un châle sur les épaules, les deux femmes se taisaient. Leur silence n’était entrecoupé que par de profonds soupirs. — J’ai froid, dit la comtesse, qui regardait fixement la tenture. Prudence s’assit aussitôt auprès d’elle et la serra dans ses bras, lui frottant par moments les épaules, le dos et les flancs, Madame ne quittant pas sa position. — Cesse maintenant. — Qu’allons-nous devenir, Madame ? Oh ! ce que j’ai peur ! Je ne veux pas aller en prison. Je les connais, moi, les gens de justice, ils sont durs. Ils aiment faire peur aux femmes. Ils ont déjà essayé de me mettre dedan


