Runa
Je me suis réveillée couverte de mon drap et mon livre sur la table de chevet. Astrid a dû venir me voir pendant que je dormais. J'ai appuyé sur le bouton, je me sens coupable à chaque fois que j'appuie dessus. Elle arrive près de moi avec un plat de gaufres toute chaudes. Ça sent bon. J'en grignote une tout en lui posant des questions.
- D'où venez-vous ?
- J'ai toujours vécu dans la meute.
- Pourquoi avoir accepté ce travail ?
- Je suis allée voir une voyante, elle m'a dit que l'alpha me proposerait bientôt un travail pour une courte durée mais que celle-ci sera certainement prolongée de manière quasiment définitive.
- Une voyante?
- Je sais tout le monde n'aime pas cela, mais elle a toujours vu juste pour mes amies et moi.
- Oh. Pourquoi resteriez-vous définitivement ?
- Je ne sais pas, elle ne me l'a pas dit.
- Il va encore me faire du mal alors.
Je baisse la tête et je sens les larmes venir.
- Excusez-moi, mais qui vous a mise dans cet état ?
- L'alpha.
- Mon dieu ! Mais pourquoi ?
- Il aime me torturer, me malmener, cela l'amuse beaucoup.
- Je n'aurai jamais imaginé cela.
- Je sais, personne n'imagine cela. C'est un alpha sans pitié avec ceux qui le méritent mais juste envers tout le monde. Il a un sang-froid imparable et aucune émotion ne transparaît jamais même avec ses partenaires. Elles aussi aiment me malmener. C'est d'ailleurs en grande partie grâce à l'une de ses partenaires que je me suis retrouvée à l'hôpital.
- C'est très étrange.
- Quoi donc ?
- Il a congédié toutes ses partenaires et n'en a pas repris de nouvelles. Cela est arrivé avant-hier. Hier, elles sont venues demander des comptes à l'Alpha, il les a sorties de force de la maison et après il a saccagé son bureau.
- Il a saccagé son bureau ?
- Oui, j'ai vu le bêta le remettre en ordre toute la nuit. Il marmonnait qu'il ne comprenait pas ce qui arrivait à l'alpha. Apparemment, il le conduit tous les jours chez un thérapeute depuis le jour où vous avez été emmenée à l'hôpital.
- Ça n'a aucun sens.
J'avais à peine manger la moitié de ma gaufre. Elle remarqua le reste de la gaufre.
- Si vous n'aviez pas faim, il fallait me le dire.
Mon estomac gronda. Elle leva un sourcil l'air interrogateur.
- Je préfère le salé, je ne mange pas souvent des aliments sucrés. Mais la gaufre est très bonne, je n'ai pas l'habitude.
- Oh, il fallait me le dire. Je vais de ce pas vous préparer quelque chose de salé. Une envie spéciale ?
- Un bol de nouilles avec un œuf s'il vous plaît.
- Il faudra attendre un peu que je prépare cela.
Elle s'en alla. Je repris mon livre. Un éclair me traversa le corps. Les sensations dans mes os et mes muscles étaient étranges. Soudain, quelqu'un frappa à la porte.
- Entrez!
Lya déboula dans ma chambre et me serra dans ses bras. Je grimaçais. Derrière elle, Angel se tenait debout.
- Tu lui fais mal ! Vous avez droit à une heure pour parler des cours. Elle t'a apporté tes notes et tes devoirs.
- Merci.
Il s'en alla après m'avoir fixé quelques secondes. Lya rigola.
- Tu es toute débraillée. Tu viens de te réveiller n'est-ce pas ?
- Oui.
Elle me tendit mon miroir.
- Quelle horreur !
Mon top était descendu laissant apparaitre un décolleté outrageux, mes cheveux ressemblait à un nid de cigogne, et j'avais une trace de bave le long de ma joue. Lya me passa une lingette, elle prit la brosse et commença à démêler mes cheveux, je réajustais mon top. Elle me parla des cours pendant trente minutes, me montra la pile de livres et de documents qu'elle avait prise dans mon casier pour que je puisse travailler à la maison. Elle me fit une jolie tresse et commença enfin la partie intéressante de la discussion, les potins de l'école. Une fois l'heure écoulée, Angel revint dans ma chambre pour ramener Lya au chauffeur qui la ramènerait chez elle. Il me fixa encore quelques secondes, puis me lança
- Tu es beaucoup plus présentable comme cela.
Il s'en alla en suivant Lya. Astrid avait fait des nouilles délicieuses et Lya avait eu droit à un bol elle aussi. Astrid vint mettre en place une petite table qui surplombait mon lit. Je n'avais pas encore la force de me lever et de m'asseoir à mon bureau. Elle resta près de moi pendant presque trois heures pendant que je travaillais. Au bout d'un moment, elle s'exclama qu'elle allait faire mon souper et qu'après je devrai dormir. J'étais exténuée d'avoir travaillé sur les cours. J'acceptais sans broncher.
Angel
Lorsque j'ai vu Runa dans son lit, ses cheveux en pagaille, son top dévoilant quasiment sa poitrine, j'ai dû me maîtriser pour ne pas lui sauter dessus. J'ai eu cette pulsion, j'avais envie de tout lui arracher et qu'elle soit mienne. Je suis parti de sa chambre et j'ai filé dans la mienne pour me soulager. Je ne peux pas continuer comme cela, mais je n'arrive à rien avec d'autres femmes. Est-ce qu'ils auraient raison ? Serait-elle mon âme sœur ? Si c'est cela, je vais avoir beaucoup de mal à accepter le rejet ou l'indifférence. Je n'arrive déjà à rien alors que le lien n'est pas établi. Je vais mourir de chagrin si cela arrive. J'ai déjà envie de tout mettre en pièce lorsque je pense que je ne peux pas l'avoir. Enfin, je peux mais de force et je n'ai pas envie de cela. Je vais devoir l'admettre. Mon bêta m'attend derrière la porte de la chambre, il entend tout, il sait ce que je suis en train de faire, me m*******r, chose que je n'ai jamais faite en ayant une compagne différente pour chaque jour de la semaine. Il me suivait, il sait parfaitement que je suis allé de la chambre de Runa à la mienne. Je sors, il me regarde.
- Alpha Angel, nous devrions avoir une discussion à propos de ce qui te tourmente en ce moment.
- Je n'en ai pas envie.
- D'accord.
- Retournons dans mon bureau, nous avons des choses à régler.
- Bien.
Notre entrevue s'éternisa. J'avais faim, je sentais l'odeur de la nourriture.
- Avons-nous terminé ?
- Oui, mon Alpha.
- Bien dans ce cas à demain.
- Ne devions-nous pas aller au restaurant ?
- Emmène ta compagne et met la note sur mon compte.
- D'accord.
Je filais dans la cuisine. Astrid s'activait. Elle me salua
- Puis-je vous demander s'il y en aurait assez pour moi.
Elle me sourit et inclina la tête vers les casseroles.
- Je me doutais que vous auriez faim alors j'ai préparé assez pour vous et Runa.
- Elle ne mange pas assez, elle n'a jamais assez manger.
- Elle a l'air d'apprécier ma cuisine. Peut-être que j'arriverai à lui rendre un meilleur appétit.
- Je l'espère.
- Aimez-vous le saumon ? J'ai préparé un saumon braisé avec des poireaux ainsi que du riz avec des oignons.
- Ça a l'air délicieux.
- Merci.