Chapitre 9

3125 Mots
— « Ça lui va d’habiter ici, » se disait le jeune homme en traversant la vieille cour et se dirigeant vers la cage vitrée du fond. Le concierge lui avait répondu que Mme de Tillières était chez elle. La jeune femme ne condamnait jamais sa porte, par la même défiante prudence qui lui faisait recevoir également tous ses amis très tard le soir. Elle s’appliquait à éviter jusqu’aux plus légères remarques de ses gens. D’ailleurs, comme elle connaissait peu de monde, comme c’était son habitude de convier ses fidèles très exactement à des rendez-vous séparés et précis, et qu’elle ne prononçait jamais de phrases d’invitation banales, une telle liberté d’entrée n’offrait guère d’inconvénient. Cette facilité d’accès acheva de ravir Casal. — « Rien à cacher… , » songeait-il en sonnant à la porte doublée de rideaux rouges. « Si elle pouvait être seule, » ajouta-t-il tout bas, tandis que le valet de pied le conduisait par le grand salon du devant jusqu’à cette petite pièce plus intime, témoin cette nuit même de la violente sortie de Poyanne contre lui. Quand il entra, il vit du premier coup d’œil Mme de Tillières, couchée plutôt qu’assise sur une chaise longue, comme une personne souffrante, et dans un déshabillé de dentelles blanches qui affinait encore sa beauté. Auprès d’elle, assis sur un fauteuil bas et lui parlant presque à mi-voix, bien qu’ils fussent seuls, se tenait d’Avançon. Casal et l’ancien diplomate se connaissaient du Petit Cercle où ce dernier allait souvent montrer sa physionomie de vieux Beau et humer les potins les plus récents. Les jeunes gens de la rue Royale se moquaient de lui qui grondait sans cesse contre la mauvaise éducation ou les tristes plaisirs d’aujourd’hui. A cinquante-six ans qu’il allait avoir, d’Avançon était aussi empressé auprès des femmes qu’à vingt-cinq. C’était l’homme qui ne fume pas après dîner pour ne pas quitter le salon, celui que vous apercevez, en arrivant, abîmé là-bas dans les délices d’un aparté avec celle que vous voudriez le plus approcher. Et il cause de cette voix rentrée qui ne laisse arriver à vous aucun de ses mots. S’il est installé dans une maison où vous êtes venu espérant un tête-à-tête, vous pouvez rester, rester encore. Vous ne lui ferez pas quitter la place. Vous ne le tuerez pas, comme disent joliment les amoureux impatientés. Le d’Avançon, car l’individu est un type, adore des liaisons toutes leurs menues corvées si pénibles au positivisme de la génération actuelle, depuis les visites jusqu’aux courses en voiture pour faire des emplettes. Les femmes leur savent un gré infini, à ces Sigisbées en cheveux gris, de ce culte le plus souvent désintéressé. Les maris sont reconnaissants à ces chiens de garde volontaires de ces assiduités peu dangereuses. Les amants les abominent et plus encore les aspirants au titre. Aussi la première pensée de Casal fut-elle d’envoyer mentalement au diable l’attentif de Mme de Tillières, sans se douter que la jeune femme appréciait surtout dans son patito sur le retour un dévouement jamais démenti pour la vieille Mme de Nançay. — « En voilà une tuile, » se dit-il. « Je le connais, le gêneur ; il est à l’épreuve de la balle. Allons, c’est une visite perdue. » — « Casal ici ? » se disait de son côté d’Avançon. « Oh ! oh ! je me charge d’y mettre bon ordre, » et, tout en serrant la main du nouveau venu, sa surprise était telle qu’il ne put se tenir de l’exprimer à voix haute. « Comment, chère amie, » fit-il, « vous connaissez ce mauvais sujet-là, et vous me l’avez caché ! » « J’ai eu l’honneur d’être présenté à Mme de Tillières chez Mme de Candale, » dit Casal, répondant pour celle à qui s’adressait d’Avançon. Il venait de comprendre, à regarder le visage de Juliette, que, pour une minute, elle était incapable de parler, tant avait été forte la surprise causée par son apparition inattendue. Cette évidence compensa du coup la vive contrariété que la présence du fâcheux lui avait infligée à lui-même. Il n’avait plus besoin de discuter avec ses souvenirs, ni d’interroger Prosny ou Mosé, Mme d’Arcole ou Candale. Un tel trouble et si subit, — elle avait rougi jusqu’à la racine de ses cheveux cendrés, — quel symptôme d’un frémissement extraordinaire chez une femme de la société, en qui la maîtrise constante de soi est la vertu professionnelle, comme le courage chez les militaires ! Vivraient-elles si elles ne s’habituaient à tout cacher toujours de leurs sensations, plus espionnées par la malignité que celles d’un inculpé par le juge qui l’interroge ? Mais celle-ci avait traversé depuis la veille des heures d’une trop anxieuse réflexion pour que ses nerfs ébranlés eussent en ce moment toute leur énergie au service de sa volonté. Après avoir répondu tantôt par un : « Non, je l’aime encore, » tantôt par un : « Non ! nous ne nous aimons plus, » à sa propre question sur Poyanne et leurs communs rapports, elle avait roulé au fond d’un abîme d’infinie tristesse. Il y a, dans les fins d’amour, de ces minutes d’une mélancolie navrante, où l’on mesure, où l’on touche, pour ainsi dire, la misère de la vie, à constater la ruine en nous-mêmes des sentiments sur lesquels posait tout notre avenir de cœur. C’est alors des découragements d’âme à désirer en mourir. C’est des détresses durant lesquelles les blessures du passé se rouvrent et saignent avec cette nouvelle blessure du présent, pour nous attester que si tout doit périr de ce qui fut notre joie, rien ne s’abolit jamais entièrement de ce qui fut notre peine. Pendant cette nuit où Casal dormait d’un sommeil d’enfant, où Poyanne se rongeait, lui aussi, de chagrin, Juliette avait versé des larmes amères sur l’oreiller de ce petit lit, témoin jadis de ses innocentes, de ses heureuses imaginations de jeune fille. Mais pourquoi, à travers ses larmes, et du fond de ce désespoir intime où elle se laissait tomber, se prenait-elle à revoir sans cesse l’image du jeune homme qui, lui, sans doute, était loin de songer à sa voisine de la veille ? Du moins elle le croyait ainsi. Pourquoi, dans le sommeil lassé qui lui ferma les yeux vers le matin, subit-elle le va-et-vient de rêves traversés par cette même image ? Si un véritable directeur moral, le Lacordaire des admirables lettres à Mme de Prailly, par exemple, avait reçu sa confession à son réveil, il l’aurait éclairée sur les causes secrètes de cette mélancolie et de ses rêves. Il est bien certain que si nos songes ne prédisent en aucune manière l’avenir, leur signification n’est négligeable ni pour le moraliste ni pour le médecin qui trouvent en eux des enseignements sur les parties inconscientes de notre être. Quelques faits établis scientifiquement le démontrent : un homme rêve qu’il a été mordu à la jambe. Peu de jours après, un abcès se déclare à cette jambe. La nature animale s’était donc sentie touchée en lui avant qu’aucune trace extérieure ne révélât cette atteinte. Il fallait de même que Raymond eût produit sur Juliette une impression autrement vive qu’elle ne le soupçonnait, pour que ce souvenir se trouvât mêlé à toutes ses pensées depuis qu’elle avait quitté l’hôtel de Candale. Mais quels, termes assez délicats un saint prêtre comme le noble Lacordaire eût-il employés pour expliquer à une femme de cette délicatesse, le caractère vrai de cette impression ? Eût-il admis lui-même que Casal, ce libertin notoire, ce viveur authentique, avait éveillé en elle, par sa seule présence, un obscur frisson de désir et de volupté ? Malgré son mariage presque aussitôt brisé tragiquement, malgré sa liaison avec Poyanne, où le don de sa personne avait eu pour motifs une idée et un sentiment, Juliette conservait cette virginité de sensation, — phénomène si connu de toutes les femmes qu’il sert de prétexte à leur plus fréquent mensonge. Il y avait en elle une amoureuse endormie à laquelle venait de parler cet homme qui correspondait évidemment chez elle à ce Beau idéal des sens dont le type varie avec chaque système nerveux. A coup sûr le prêtre l’aurait mise en garde contre toute nouvelle rencontre avec quelqu’un d’assez dangereux pour devenir aussitôt un principe d’obsession, et cela au moment même où elle se sentait détachée de celui qui faisait, depuis des années, son plus solide appui moral. Mais justement depuis ces années-là, Mme de Tillières ne se confessait plus. De sa piété ancienne, il semblait ne lui rester qu’un remords toujours étouffé et cette espérance invincible dans la bonté de Dieu, qui est en effet la moelle même de toute foi religieuse. Elle n’avait donc personne, pour la guider aux heures périlleuses, que sa réflexion solitaire, que sa volonté de ne jamais déchoir à ses propres yeux. Aussi, au lendemain de cette nuit tourmentée, et en se réveillant toute migraineuse, s’était-elle rattachée, sans comprendre les causes complètes de son désarroi intérieur, à cette idée qui lui représentait la sauvegarde de sa dignité : prodiguer, même dans cette décroissance de l’amour, toute sa sollicitude, et de plus en plus, à l’amant qu’elle considérait comme son mari. — « Je lui cacherai que je ne l’aime plus d’amour, » s’était-elle dit, « et je n’y aurai pas de peine, car lui non plus, il ne m’aime pas comme autrefois. Mais l’affection, mais l'estime, c’est de quoi vivre encore, de quoi être contente, sinon heureuse. » Elle avait ensuite prié, comme elle continuait de le faire, chaque matin et chaque soir, quoique séparée des sacrements et se sachant hors de la loi de l’Église, avec une ferveur pieuse, et elle était parvenue ainsi à une sorte de calme brisé dont elle jouissait comme d’une douceur tout en écoutant les bavardages de d’Avançon, lorsque l’entrée de Casal était venue la surprendre d’un saisissement, si v*****t cette fois qu’elle ne put ni le vaincre tout de suite, ni s’en dissimuler le motif. Ce ne fut qu’un éclair, et déjà elle s’était, par un geste gracieux, assise au lieu de rester étendue, elle avait rejeté sur ses pieds la traîne de sa longue robe, faite pour la chambre, et elle répondait à Casal qui lui demandait en s’asseyant lui-même : — « Vous êtes souffrante, madame ? » — « Oui, » fit-elle, « j’ai eu ce matin un peu de migraine. J’espérais qu’elle s'en irait vers le milieu de la journée, et je la sens au contraire qui augmente… » Elle prit, en parlant, un flacon de sels qui se trouvait sur une petite table à portée de la chaise longue, et elle le respira lentement. C’était dire au visiteur: « Vous voyez, monsieur, que vous ne devez pas rester longtemps… » — Mais qu’importait à ce dernier la froideur de cet accueil qu’il sentait voulue ? Que lui importait la visible mauvaise humeur de d’Avançon debout maintenant contre la cheminée et qui, assurant sur son nez son lorgnon de presbyte, considérait avec une impertinente attention le sommaire d'un numéro de revue posé sur cette cheminée ?… Casal venait de surprendre la preuve la plus indiscutable qu’il intéressait la jeune veuve jusqu’au trouble, — davantage encore, jusqu’à la crainte. Cette rougeur suivie de pâleur, et, après l’amabilité gracieuse du dîner de la veille, tout de suite cette retraite en arrière sans qu’aucun fait nouveau eût pu survenir, — autant de signes que le jeune homme devait recueillir et recueillit avec délices. Peut-être, s’il eût trouvé dans ce petit salon de l'avenue Matignon, éclairé maintenant par le plus clair soleil de deux heures, une personne gaie et rieuse, prête à sortir et l’entretenant de la dernière pièce des Français, du prochain concours hippique et de la plus récente séparation, aurait-il mentalement soupiré. — « Allons, toutes les mêmes. » Et conclu : — « Ce n’est pas la peine de quitter Christine. » Mais l'atmosphère de demi-réclusion répandue autour de Mme de Tillières et qu’il avait comme respirée dès l'entrée; — mais l’énigme du caractère de cette femme, chez laquelle il avait constaté, la veille, une curiosité singulière de le connaître, puis qu’il retrouvait bouleversée de cette connaissance et résolue à le fuir ; — mais cette résistance même, à laquelle il venait de la voir se résoudre, tout se rencontrait de ce qui pouvait porter à son plus haut degré son caprice de viveur blasé. L’homme d’action qu’il était par naissance et qui s’ennuyait d’être inoccupé tressaillit en lui du même tressaillement qu’à la salle, quand un tireur d’un jeu nouveau touchait son fer, ou qu'autrefois aux Indes dans sa première chasse au tigre. Cependant, Juliette avait commencé une de ces causeries sans objet qui ont déterminé tant d’écrivains, dramaturges ou romanciers, à partir en guerre contre le papotage du monde. Elles seraient très vaines, en effet, ces causeries, si elles n’avaient pour but de masquer des pensées qui ne sauraient être exprimées sans rendre impossibles certaines relations à la fois forcées et trop délicates. — « Comme Mme d’Arcole était en beauté hier au soir, » disait la jeune femme. — « Très belle, en effet, » répondait Casal, « et comme le blanc lui va. » — « C’était sa revanche de l’autre jour, » interrompit d’Avançon en fermant la revue et enlevant son binocle qu’il remit avec soin dans un étui spécial. « Vous vous rappelez, chère amie, comme elle était jaune et fanée lorsque nous l’avons rencontrée à cette exposition de la rue de Sèze ?… A propos, quand viens-je vous prendre pour aller voir ensemble la tapisserie dont nous parlions tout à l’heure ? » — « Va, mon bonhomme, » songeait Casal, tandis que l’ex-diplomate continuait, décrivant par le menu ladite tapisserie, indiquant sa place possible dans le petit salon et prodiguant les allusions à d’autres courses semblables chez les marchands, « donne-toi beaucoup de mal pour me faire sentir que je suis de trop ici et que tu es l’intime de la maison. Ça ne m’empêchera pas d’y revenir. Et vous, madame, vous voudriez bien aussi que je vous croie très absorbée par ce que vous raconte votre ami d’Avançon. Malheureusement je suis persuadé que c'est une petite comédie, cette attention-là, comme votre migraine, et vous êtes par trop jolie, avec votre façon de poser votre doigt contre votre tempe, comme si vous aviez vraiment mal, très mal !… » Et cependant il plaçait un mot de temps à autre, laissant voir, comme la veille dans la conversation du dîner, cette qualité maîtresse de son esprit : la justesse dans le renseignement. Quoiqu’il n’eût guère acheté de bibelots dans sa vie que pour faire des cadeaux de jour de l’an à des femmes du monde ou du demi-monde, comme il avait tenu à les faire choisis, d’après son habitude d’amour-propre et son goût naturel de supériorité, il s’était adressé à des camarades bons connaisseurs, et il put se donner le malicieux plaisir de relever une ou deux erreurs de d’Avançon sur quelques marques de faïence. — « Vous êtes donc aussi collectionneur, monsieur Casal ? » lui demanda Mme de Tillières. — « Moi, » fit-il en riant, « pas le moins du monde. Mais j'ai eu des amis qui l’étaient et je les ai écoutés. » — « Lui collectionneur, » reprenait d’Avançon, « comme on voit que vous ne le connaissez que depuis vingt-quatre heures, ma chère amie ! » Et poursuivant avec une ironie où achevait de se révéler sa colère contre la présence de Casal, cette étrange colère si fréquente chez les hommes de plus de cinquante ans qui ne voudraient pas dire qu’ils sont jaloux d'une amie et qui le sont pourtant, sans en avoir le droit, avec une violence enfantine, il continuait : —- « Non, vous ne savez pas ce que c’est que les jeunes gens d'aujourd'hui, si vous les croyez capables de s'occuper d’autre chose que de chic et de sport… Celuici, vous voyez, est intelligent. Moi, je l’ai connu à l’œuf… Mais oui, mais oui, il débutait au cercle juste comme j’allais partir pour ma mission de Florence… Il était doué !… Il dessinait, jouait du piano, parlait quatre langues !… Vous avez dû constater quelle mémoire il a, hé bien ! si vous pouviez l’entendre, comme moi, causer avec ses amis : Est-ce Farewel ou Livarot qui gagnera demain à Auteuil ?… Avez-vous un bon tuyau ?… Quel champagne avez-vous eu à dîner ce soir? De l'extra-dry ou du brute ?… Machault a tiré avec Wérékiew, le gaucher. Ont-ils fait jeu égal ?… Où en est la banque ce soir ? Et la ponte ?… Pas autre chose, madame, vous ne leur arracherez pas autre chose… » Tandis que l’ex-diplomate débitait cette tirade d’un accent d’autant plus comique qu’il conservait même dans sa rageuse rancune l’espèce de mesure courtoise affectée par les hommes de la carrière, Juliette ne pouvait s’empêcher de tourner vers Casal des yeux inquiets. Ce dernier était trop occupé à étudier les moindres nuances de cette physionomie charmante pour ne pas lire dans ce regard une crainte instinctive qu’il ne fût froissé. Il eût au contraire remercié volontiers le jaloux qui lui rendait le service de lui conserver la sympathie de la jeune femme. Quelle meilleure occasion de sortir sur une preuve de tact, en ne s’offensant pas de ces âcres critiques, et riant de son bon rire gai : — « Est-il mauvais, » dit-il, quand d’Avançon se tut. « Mais est-il mauvais ! » — Et il se leva pour prendre congé, puis, frappant sur l’épaule du vieux Beau avec une familiarité gaie qui faisait la plus gracieuse et la plus dure des réponses, car c’était traiter le sermonneur comme un grand enfant : — « Allons, » insista-t-il, « ne continuez pas à dire trop de mal de moi à Mme de Tillières quand je ne serai plus là, et vous, madame, ne le croyez pas trop… » — « Je parierais qu’elle lui fait une scène à mon sujet, » se disait-il cinq minutes plus tard en s’acheminant de pied par la rue Matignon maintenant, du côté des Champs-Elysées. « Voilà tout ce qu’il aura gagné avec sa mauvaise humeur… Le naïf !… » Et il haussa les épaules. « Mais comment la revoir à présent et bientôt ? » Puis après une minute de réflexion : « Il faut aller chez Mme de Candale. » — « Vous avez été vraiment trop peu aimable pour M. Casal, » disait en effet Juliette au même moment à d’Avançon. « Qu’avez-vous contre lui ? » — « Moi ? » répondait le diplomate embarrassé, « mais rien du tout. Ces viveurslà ne me sont pas sympathiques, en principe… Mais vous semblez plus souffrante ? »
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