chapitre 28: le sang des trahisons.

3196 Mots
Éclipse de quelques heures. Le salon était plongé dans un noir épais, presque étouffant. Au centre, une silhouette immobile : Fabio, assis sur une chaise, les poignets ligotés derrière le dos, les chevilles serrées contre le bois. Sa tête pendait lourdement vers l’avant, les mèches collées à son front trempé de sueur. Inconscient, il ressemblait à un homme brisé avant même de comprendre ce qui lui arrivait. En face de lui, Lorenzo. Assis sur le canapé, le regard perdu dans le vide. Ses yeux, mi-clos, brûlaient d’une colère froide. Dans sa main droite, il tenait un pistolet noir qu’il faisait tourner lentement entre ses doigts, comme si c’était un jouet. Son autre main tapotait nerveusement sur l’accoudoir, rythme lent, régulier, inquiétant. Le silence régnait dans la pièce. Pas un bruit. Même le tic-tac de l’horloge semblait s’être arrêté. À l’étage, Chloé faisait les cent pas dans la chambre. Le cœur battant à tout rompre, les mains moites, elle hésitait : descendre et risquer de tout voir, ou rester et se taire, comme Lorenzo le lui avait ordonné. Elle finit par s’asseoir sur le bord du lit, attrapa son téléphone et composa rapidement le numéro de sa meilleure amie, Valentina. Quelques secondes plus tard, la voix familière de Val retentit. Val (doucement) _ Allô ? Salut Chloé, comment tu vas ma belle ? Chloé (voix tremblante) _ Pas bien du tout, Val... Je crois que Lorenzo va faire une connerie, un truc irréparable et moi je veux pas être témoin de ça. Val (surprise) _ Hein ? Attends, j’comprends rien là. Respire, calme-toi et dis-moi ce qu’il compte faire. Chloé (soupirant) _ Non… oublie. J’peux rien dire, vraiment. Parle-moi plutôt de toi. Tu l’as revu, Marco ? Val (légèrement ironique) _ Marco ? Non… plus de nouvelles depuis que toi et ton cher mari avez disparu du monde. Chloé (petit sourire) _ Il te manque pas ? Avoue qu'il t’avait bien plu, hein ? Val (riant faiblement) _ Ouais, un peu… mais ça fait trois mois maintenant. Pas de numéro, pas d’adresse. Et puis, s’il voulait vraiment de moi, il aurait cherché à me revoir. Je veux pas rêver. Chloé (soupirant) _ Peut-être que t'a raison. Mais on rentre bientôt. Avec un peu de chance, Marco refera surface. Val (indifférente) _ Si tu le dis… Pendant ce temps, en bas, Fabio commença à remuer. Ses paupières s’ouvrirent lentement, la lumière faible du lustre se reflétant sur ses iris confus. Il redressa difficilement la tête, chercha à bouger… mais sentit aussitôt les cordes serrées contre sa peau. La panique monta en lui. Fabio (criant) _ Chloééééé ! C’est quoi ce délire ? Pourquoi j’suis attaché sur cette p****n de chaise ?! Chloééééé !!! Il se débattit violemment, la chaise grinça sous ses mouvements désespérés. Rien à faire. Lorenzo, toujours assis, leva lentement les yeux vers lui. Puis, sans un mot, il se leva, marcha jusqu’à l’interrupteur et alluma la lumière. Fabio se figea. Ce qu’il vit le glaça. Le regard de Lorenzo n’avait plus rien d’humain : c’était un mélange de rage, de déception et de folie contenue. Une énergie sombre émanait de lui, celle d’un homme prêt à tout faire exploser. Fabio (voix tremblante) _ Lorenzo… mec, c’est quoi ça ? Pourquoi tu m’as attaché ? Qu’est-ce que j’ai fait ? Où est Chloé ? Écoute… j’te jure, il s’est rien passé entre elle et moi, c’est elle qui... Lorenzo balança le verre de whisky qu’il tenait contre le mur. Le bruit éclata dans toute la pièce. Il hurla. Lorenzo (yeux rouges, voix grondante) _ Ferme ta p****n de gueule, Fabio ! Ferme-la avant que je te fasse regretter d’être né ! Ici, c’est MOI qui parle, toi tu la fermes ! Le tonnerre de sa voix fit vibrer les murs. Fabio se tut immédiatement, les mains tremblantes. Son souffle devint court, rapide. Lorenzo, lui, respira lentement, essayant de contenir ce volcan qui bouillonnait dans sa poitrine. Mais chaque mot de Fabio, chaque souvenir, rallumait la haine dans ses veines. Il s’approcha, lentement, comme un prédateur. Ses bottes claquaient sur le sol à chaque pas. Lorenzo (voix basse, glaciale) _ Tu t’es foutu de moi, hein ? Dis-le… t’as kiffé me trahir ? Dis-moi combien de temps t’as mis pour monter ton petit plan de merde contre moi ? Un an ? deux ? quatre ? Réponds, espèce de traître ! Fabio leva les yeux vers lui, paniqué, incapable de parler. Son corps tremblait, les cordes lui rentraient dans la peau, mais il s’en foutait. Il savait qu’il avait en face de lui un Lorenzo qu’il n’avait jamais vu avant. Ce n’était plus le pote. Ce n’était plus le frère. C’était la bête, prête à faire payer la moindre trahison. Fabio (calmement) _ Je ne sais pas de quoi tu parles et détache-moi maintenant, je… Aaaaaaa... Sans même qu’il ait pu finir sa phrase, Lorenzo venait de lui asséner un v*****t coup à la tête avec l’arme à feu qu’il tenait en main. Le choc fit éclater la peau et une traînée de sang jaillit aussitôt, coulant lentement le long de son visage. Lorenzo (furieux) _ Ne joue pas avec mes nerfs Fabio… ou devrais-je dire Enzo. Aie au moins la décence de te comporter comme un homme, un vrai, et d’avouer que t’es un traître. Que t’as joué avec moi, en te faisant passer pour mon pote alors qu’en vrai, t’étais mon p****n d’ennemi. Un silence lourd, presque étouffant, tomba dans la pièce. Fabio sentit sa gorge se resserrer, son cœur battre à tout rompre. Et là, il comprit : Lorenzo savait tout. Lorenzo (enragé) _ T’as changé d’identité. T’as tout manigancé pour que nos routes se croisent. T’as fait en sorte de devenir mon ami. Tu t’es fait passer pour l’un des miens pendant toutes ces années… alors qu’en fait, c’était toi. Toi, ce fils de chien qui me menaçait dans l’ombre. p****n, je comprends tout maintenant. T’avais accès à ma maison, à mes infos, à ma vie entière. T’as foutu des caméras planquées partout, tu m’espionnais à longueur de journée, et c’était facile pour toi de me menacer. T’es qu’un lâche, Fabio. Un vrai lâche. Lorenzo s’approcha lentement de lui, le regard noir, les mâchoires serrées. Il attrapa Fabio par les cheveux, lui tira violemment la tête en arrière et le força à le regarder droit dans les yeux. Lorenzo (voix sanglante) _ Regarde-moi bien, fils de p**e. Je vais te montrer qu’on ne joue pas avec moi. Je te jure que tu vas regretter chaque p****n de seconde de ta trahison. Fabio (provocateur) _ Je n’ai pas peur de toi, Lorenzo De Santis. Crois-moi, tu ne me fais même pas frissonner de peur, je… Aaaaaaaa... Lorenzo lui décocha un coup de poing sec en pleine figure, si v*****t que le sang gicla de ses lèvres. Fabio grimaça de douleur, mais un rire nerveux sortit de sa bouche. Il éclata de rire comme un fou, un rire qui résonna dans toute la pièce. Fabio (riant) _ Ah… mon pauvre Lorenzo. Comme c’est pathétique. Tu te prenais pour le tout-puissant, le roi du monde… et t’as même pas capté que ton pire ennemi dormait juste à côté de toi. Je... Lorenzo (criant) _ TAIS-TOI, CONNARD ! Un autre coup de poing partit, encore plus brutal. Fabio bascula en arrière, mais continua de rire, un rire tordu, incontrôlable, qui rendait Lorenzo encore plus dingue. Lorenzo (furieux) _ T’as cru que tu pouvais te foutre de moi, hein ? C’est fini. Je vais t’envoyer rejoindre ta s****e de sœur dans l’au-delà. À ces mots, Fabio cessa immédiatement de rire. Son regard se durcit, une lueur de rage traversa ses yeux. Fabio (furieux) _ Je te permets pas de parler d’elle comme ça, enfoiré ! Ma sœur n’était pas une s****e ! Lorenzo (rouge de colère) _ Ta sœur était la pire des traîtresses ! Moi, je l’ai aimée, bordel ! Je l’ai aimée comme un fou ! Elle était mon premier amour, je lui ai tout donné, tout confié : ma vie, mes secrets, mon business, mon cartel… Et tu sais quoi ? Ta chienne de sœur m’a planté un couteau dans le dos ! Elle m’a menti, manipulé, trahi pendant trois putains d’années. Elle était en mission, envoyée par mon pire ennemi pour me séduire, me briser, me détruire ! Et moi, comme un con, je l’aimais à en crever ! J’ai tout sacrifié pour elle ! J’ai même laissé mourir ma propre sœur à cause d’elle ! La voix de Lorenzo tremblait de rage, ses yeux brillaient de haine et de douleur mêlées. Lorenzo (fou de colère) _ J’avais le choix : sauver ma petite sœur ou la sienne. Et tu sais ce que j’ai fait ? J’ai dit aux ravisseurs de laisser ta sœur en vie. J’ai échangé la vie de ma sœur contre la sienne… parce que je l’aimais. Et elle ? Elle m’a trahi. Elle m’a détruit. Tu voulais quoi, hein ? Que je la laisse vivre après ça ? Que j’en fasse la mère de mes gosses ? Réponds, p****n ! Tu voulais que je lui donne une médaille pour m’avoir niqué ?! Fabio (criant de rage) _ T’avais pas le droit de lui ôter la vie, s****d ! Je m’en fous de tes raisons. Ma sœur ne méritait pas de mourir, elle ne méritait pas que tu l’assassines ! Lorenzo (enragé) _ Et bien, je l’ai fait ! Et crois-moi, si c’était à refaire, je recommencerais sans hésiter. Cette p**e méritait pire après ce qu’elle m’a fait ! Fabio (hurlant) _ Tu vas me le payer, Lorenzo ! Je te jure que je vais te faire tomber. Toi, ton empire, ta p****n de famille… je vais tous vous détruire ! BOUM ! Le bruit du coup de feu résonna violemment. Fabio (criant de douleur) _ Aaaaaaaaaaaaaaaa... Lorenzo venait de lui tirer une balle dans la jambe. Fabio hurla de douleur, son corps tremblant, le sang commençant à se répandre sur le sol froid. Lorenzo, lui, restait debout, impassible, le regard glacé, respirant la rage et la haine pure d’un homme qu’on ne trahit pas. Lorenzo (voix sanglante) _ Celui qui va détruire l’autre ici, c’est moi, Fabio. Et cette balle, c’est pour avoir essayé de v****r ma femme en te faisant passer pour un chauffeur de pacotille. Fabio (enragé) _ Même si tu me tues, tu seras détruit, crois-moi. Je suis loin d’être un idiot. Lorenzo (furieux) _ Si tu penses pouvoir me faire chanter, tu te fourres le doigt dans l’œil, sale connard. Je ne me plie pas. Tu vas pas t’en aller d’ici vivant. Fabio (rouge de colère) _ Si je meurs, tout ton cartel partira à l’eau, et tu finiras en prison, là où tu devrais être, pauvre type. Je... BOUM BOUM. Sans attendre la fin de sa phrase, Lorenzo tira. Deux détonations claquèrent, sèches, glaciales. Les balles frappèrent Fabio en pleine tête. Sa tête bascula en arrière, lourdement, comme une marionnette dont on aurait coupé les fils. Le silence qui suivit fut pire que le bruit des coups de feu : on aurait dit que la pièce retenait son souffle. Lorenzo resta figé quelques secondes, l’arme encore chaude à la main. Puis, sans un geste de triomphe, il la laissa tomber sur le sol ; le bruit métallique résonna, bref et brutal. Il s’effondra finalement sur le canapé, vidé, le regard fixé sur le corps inerte de l’homme qu’il avait cru ami pendant des années, son ennemi révélé. Une goutte de sang glissa encore, lente, du coin de la mâchoire de Fabio. Et, soudain, une perle de larme roula sur la joue de Lorenzo, trahissant une douleur sourde, silencieuse. Au même instant, Chloé déboula dans le salon en courant. Elle s’arrêta net, comme frappée par la scène : devant elle, Fabio gisait, immobile, la tête en arrière. Son cerveau refusa d’y croire. Ses doigts se posèrent sur sa bouche, comme pour retenir un cri. Chloé (voix tremblante) _ Tu l’as tué ? Lo... Lorenzo, tu l’as tué ? Lorenzo (voix grave) _ Monte dans la chambre et fais ta valise. On quitte cette maison tout de suite. Chloé (paniquée) _ Réponds-moi, Lorenzo ! C’est toi qui l’as tué ? Mais pourquoi je pose la question même, c’est évident que c’est toi. T’es devenu fou ou quoi ? Comment tu peux tuer comme ça ? T’es un meurtrier ? La voix de Chloé était coupée, chaotique. Ses yeux cherchaient une explication dans le visage impassible de Lorenzo. Lorenzo (voix tremblante de rage) _ Chloé, monte dans ta chambre et fais ta valise. Nous partons maintenant. Chloé (paniquée) _ Non... non, c’est pas possible. Je peux pas y croire. Tu n’es pas un meurtrier, Lorenzo. Dis que je rêve. Dis que c’est pas vrai que t’as tué quelqu’un à sang-froid. Lorenzo ne répondit pas. Son regard restait vide, perdu loin ailleurs. Chloé, immobile, attendait des réponses qui ne venaient pas, le cœur battant comme si on lui compressait la poitrine. Chloé (pleurant) _ Tu m’avais dit que t’avais des comptes à régler avec lui. Tu m’avais dit de t’aider à l’assommer et moi, idiote que j’étais, je t’ai aidé. Je t’ai aidé à tuer un homme. T’es un sale meurtrier, Lorenzo, un tueur. Ses mots tombèrent comme des lames. Lorenzo sentit chaque syllabe le transpercer. Comment expliquer ? Comment dire que cet homme, même mort, avait détruit la vie de Lorenzo plus que tout ? Chloé (pleurant) _ Je m’en vais d’ici. Je pars, et crois-moi tu me retrouveras jamais. Je préfère dormir dans la rue que de rester près d’un meurtrier. J’ai cru te connaître, Lorenzo, mais là... non, je refuse d’être à côté d’un type qui enlève la vie comme ça. Sans perdre de temps, elle se précipita vers la porte d’entrée. Ses mains tremblaient ; elle voulait fuir, s’éloigner de l’odeur du sang, du choc, du mensonge. Lorenzo (imposant) _ Chloé, reviens ici. Arrête de te comporter comme une gamine. Laisse-moi t’expliquer. Ce n’est pas ce que tu crois. Chloé s’arrêta net, la main sur la poignée. Elle tourna la tête ; Lorenzo avançait, la voix basse mais insistante. Quand il tenta de l’approcher, elle lui flanqua une gifle, si forte qu’on aurait dit qu’elle avait voulu le réveiller d’un cauchemar. SPLASH. La gifle résonna. Chloé sentit sa propre paume brûler, mais elle ne recula pas. Lorenzo (calmement) _ Chloé, laisse-moi t’expliquer, s’il te plaît. Hier je t’ai dit que Fabio était mon ennemi, tu t’en souviens ? Il méritait de mourir ; tu sais pas à quel point ce s****d a niqué la vie de ma famille. Chloé (rouge de colère) _ Tais-toi, Lorenzo. T’as dit qu’il était ton ennemi, oui, mais t’as jamais dit que tu comptais le tuer. Tu te prends pour qui ? Tu crois que t’as le droit de faire justice toi-même ? Tu veux quoi ? Que je t’embrasse et te félicite parce que mon mari est un assassin ? Je te serre dans mes bras peut-être ? Comment t’as osé tuer un homme, Lorenzo ? Lorenzo (calmement) _ Calme-toi, laisse-moi parler. Chloé (pleurant) _ Je crois que je te connais pas du tout. Je savais que t’étais un mauvais garçon, dur, autoritaire, dominateur, mais un assassin ? Jamais. Oui, je t’aime, plus que ce que j'aurai imaginé , mais jamais, jamais je resterai près d’un type qui arrache la vie aux autres. Lorenzo (calmement) _ T’as pas le droit de me juger. Tu sais rien de ce que j’ai subi. Tu sais rien. Chloé (furieuse) _ Trouve pas d’excuse pour ton acte. Moi je me casse d'ici. Et n’essaie même pas de m’approcher. Chloé se retourna pour partir. Lorenzo la saisit par le bras, ferme, la fit pivoter et la plaqua contre lui, un geste possessif, presque instinctif. Elle se débattit, les yeux grands, la peur montant comme un flot. Chloé (criant) _ Lâche-moi, Lorenzo ! Je veux pas que tu me tiennes comme ça. Lâche-moi tout de suite ! Lorenzo (calmement) _ Je te retiens pas prisonnière. Mais écoute-moi. Tu sais maintenant qui je suis. Je suis pas parfait. J’ai des secrets, je suis dangereux et, oui je suis un meurtrier mais je ne tue pas des innocents ni des faibles. Je veux que tu saches que je... Chloé (furieuse) _ Que quoi ? Que tu vas me tuer si je vais à la police et que je dis que tu as tué Fabio ? Que t’es capable de me tuer aussi ? Lorenzo (calmement) _ Non, Si je te tue, c’est comme si je me tuais moi-même. Je veux juste que tu saches que je t’aime. Même si je suis pas fier de tout ça, je suis fou de toi malgré moi. Si un jour tu veux connaître mon monde et vivre cet amour dangereux avec moi, alors viens. Je te dirai tout. Je te dirai absolument tout sur mon passé et présent. Chloé sentit son cœur se contracter violemment dans sa poitrine, comme si quelque chose venait de se briser en elle. Ses mains tremblaient, ses lèvres aussi. Elle se dégagea brusquement des bras de Lorenzo, le souffle court, et recula jusqu’à heurter le mur derrière elle. Son regard, agrandi par la terreur, passait sans cesse de l’homme qu’elle aimait au corps sans vie de Fabio, toujours affaissé sur la chaise. Son esprit refusait d’y croire. Tout autour d’elle semblait irréel, étouffant. Le silence lourd de la pièce ne faisait qu’amplifier le battement affolé de son cœur. Pour la première fois, Chloé eut peur de lui. Une peur viscérale, froide, qui lui glaça le sang. Cet homme qu’elle aime follement … pouvait-il vraiment être capable d’un tel acte ? Une part d’elle hurlait que non, que tout cela n’était qu’un cauchemar dont elle allait se réveiller. Mais la scène devant ses yeux, elle, ne mentait pas. Des larmes brûlantes montèrent à ses yeux. Elle voulut parler, dire quelque chose, n’importe quoi, mais aucun son ne sortit de sa gorge. Son regard croisa celui de Lorenzo, un regard vide, sombre, presque perdu et ce fut la goutte de trop. Sans dire un mot, elle se retourna, titubant presque, et quitta la pièce précipitamment. La porte claqua derrière elle, laissant dans son sillage un silence douloureux… et un homme brisé, seul au milieu de ses propres démons. Lorenzo resta debout, les yeux fixés sur la porte qui venait de se fermer. Il se retourna ensuite, s’assit lentement sur le canapé, la respiration lourde, regardant le cadavre comme si la mort de Fabio ne suffisait pas à calmer la tempête qui bouillonnait en lui. La haine était toujours là, mais quelque chose d’autre, plus fragile, se montrait aussi : un regret froid, une tristesse muette. Lorenzo( voix intérieure) _ J’ai tué un homme… un traître, oui… mais aussi un frère d’armes. Et Chloé… Son cœur se serra. Lorenzo( voix intérieure) _ Elle m’a regardé comme on regarde un monstre. Peut-être qu’elle a raison. Peut-être que c’est ce que je suis réellement : Un monstre. Ses yeux se fermèrent, une larme glissa. Lorenzo( voix intérieure) _ Et peut-être qu’un homme comme moi ne mérite pas d’être aimé. À suivre...
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