ITrézaven, 19 avril. Ma Dionysia très chère, je vous écris de Trézaven, où nous voici réinstallés après un court arrêt à Paris. Il pleut, l’eau ruisselle sur mes vitres, et ma chambre est humide, toute grise. Où est notre soleil de Provence ? Où êtes-vous, surtout, ma lumière ? Si vous voyiez comme ma pauvre âme est sombre ! Déjà je sens l’étreinte de la morne tristesse que je connais trop bien. Donnez-moi vite quelques lignes de vous, quelques pensées de votre âme bénie, pour m’aider au courage. Je les attends comme une manne céleste. Que vous dire de moi ? Je souffre... et c’est tout. C’est tout, c’est ma vie. Il y a des êtres qui savent jouir toujours, quand même. Peut-être ont-ils peu de cœur, ou pas du tout. Ils ne sentent pas comme nous, et la douleur passe sur eux comme l’eau sur

