26.C’est à l’heure de la jeunesse que les instincts généreux de l’homme se développent avec une énergie merveilleuse. Actéon tenait en ses mains la vie du vieux duc ; celui-ci le suppliait de frapper, afin de le soustraire à l’ignominie de l’échafaud, et voici que la main d’Actéon tremblait et qu’il hésitait. Le vieillard, que la haine avait rendu criminel, avait perdu en ce moment suprême cette expression de physionomie farouche et railleuse qui le rendait hideux à voir ; son visage était calme et résigné, l’orgueil d’un noble sang éclatait sur son front, et on eût dit, à son attitude digne et courageuse, un de ces vieux Romains qui attendaient le glaive des soldats de Brennus, assis dans leurs chaises curules. — Frappez donc, répéta-t-il. Mais Actéon jeta son épée loin de lui. — Non

