Je rentrai dans ma chambre ce soir-là avec les bras douloureux, la gorge nouée. J’attendis que les pas dans le couloir s’éloignent. J’écoutai les rires étouffés derrière les murs. Et quand tout sembla calme, je me levai. Sous le lit, j’avais caché un sac de toile que j’avais cousu avec des chutes de tissu trouvées dans la buanderie. Dedans : deux pommes, une paire de chaussettes sèches, un petit couteau à beurre aiguisé sur la pierre de la cour arrière, ma robe et mon voile. Je n’avais pas trouvé mieux. Je notai sur un bout de tissu « Grille arrière. 03h40. Le 5e jour. » Je répétais le trajet en silence. Ma chambre. Escalier de service. Porte de la cuisine. Couloir des souterrains. Sortie dans le jardin. Puis la grille. Si tout se passait bien, je serais dehors en moins de dix minutes. Si

