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1346 Words
Effectivement la pilule m’avait aidé à atténuer ma douleur. Les jours suivants furent un enfer le diable était absent à mon plus grand soulagement, mais mes deux bourreaux eux ne me rendaient pas la tâche facile. J’ai aperçu Karl dans les couloirs avec son oreille bandé, j'ai essayé de lui parler, mais il m’a royalement ignoré se contentant de me lancer des regards de haine et de dégout, je sens que s’il en avait la possibilité, il m’aurait tué de ses propres mains. Et je ne lui en voulais même pas. De quel droit oserais-je ? aujourd’hui par ma faute, il avait une oreille en moins et c’était indélébile. La gothique et Mandy, elles s’acharnaient sur moi sans répits, c'est comme si elles s’étaient entendues à tour de rôle pour me prendre pour cible. Mandy m’a même forcé à récurer les sols de sa chambre à genoux, pendant des heures avec une brosse à dents. Et la gothique, elle me donnait des ordres contradictoires, me giflait pour le moindre retard, me faisait recommencer tout ce que je faisais, j’étais devenu son punchingball par excellence. Contre toute attente Barbie était la seule. Elle me donnait la pilule anti-douleur chaque jour que je nettoyais sa chambre et de façon subtile s’assurait toujours que je mangeais quelque chose de la journée et je lui en étais infiniment reconnaissante. C’est la même le piège des apparences. Parfois ceux qu’on pense être les plus superficiels sont parfois les plus sincères. Barbie était mon seul soutient dans ce manoir et à chaque seconde, je souhaitai la revoir, car elle était un peu comme un havre de paix. C’était la seule à manifester de la gentillesse à mon égard. Alors que j’avais perdu tous mes repères. Je n’avais plus rien de ma vie d’avant ma robe et mon voile était resté dans la forêt et je crois bien que mon chapelet aussi. Voici le chapitre complet basé sur ton plan. Il développe intensément la tension psychologique et physique, tout en maintenant la lueur de résistance de Kiria. Le style reste narratif et immersif, avec un ton sombre et oppressant. Les jours d’après, j'avais trouvé mon chemin au milieu de toutes ces tribulations et je parvenais enfin à respirer de l’air, peut-être pas de l’air pur, mais je respirais quelque chose. Et vu que le diable n’était toujours pas revenu son absence allégeait d’une certaine façon mon poids, j’avais moins peur, et j’étais plus confiante. Une chose était sûre, c'est que je subirais tout, mais je ne me ferais pas tuer, car pour, je ne sais quelle raison tordue, ils avaient besoin de moi en vie. Alors, je profitais de mon repit même si c’était un répit empoisonné, mais un répit tout de même. Un sourire joyeux ornait mes lèvres alors que je frottais le sol de la salle de bain de Diana avec une brosse à dent, vous n’avais pas mal lu, Diana la gotique m’a fait venir dans sa chambre quelques heures plus tôt et m’a remis une brosse à dents et m’a chargé de curer de fond en comble son espace personnel, ce que je fis sans discuter avec elle, les ordres était les ordres, elle avait réellement la main légère et j’avais reçu plus de baffle en quelque jours que durant toute mon enfance à l’orphelinat. Et heureusement que j'en ai reçu à l’orphelinat, car sinon je ne vois pas comment je m’en serais sorti. - Pourquoi tu souris toi ? qu’est-ce qui t’enjaille et te rend si joyeuse ? depuis plusieurs jours, tu ne fais que ça sourire comme une bien heureuse. Laisse-moi te prévenir que j’espère pour toi que tu ne planifies pas une autre stupide tentative d’évasion à la con, ta dernière a causé à Karl ta prochaine te couteras tes deux yeux et si D ne s’en charge pas, je le ferais. D ? elle faisait référence au diable est-ce qu’elle aussi l’appelait le diable, comment des parents pouvait appeler leurs enfants ainsi ? ou en fin de compte tout ça n’était une métaphore et que cet homme était vraiment le diable qui vivait parmi nous ? Je me contentai de l’ignorer continuant de faire mon ménage avec ma brosse à dent ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort. Contre toute attente, j'eus terminé ma besogne et je suis sortie. Mes cheveux qui autrefois étaient si soyeux ressemblaient aujourd’hui à des éponges sèches, malgré tous mes efforts sans produits appropriés ceux-ci semblaient perdus. J’eus envie de les couper, mais je ne trouvai pas la force pour le faire. À la nuit tombée, j'étais dans la cuisine avec Madame Dréia, je ne sais pas pourquoi, elle aussi, se montrait gentil avec moi ou juste, agissait-elle normalement et vu que ce n’était pas de l’hostilité, je confondais ça avec de la gentillesse. Elle discutait avec le jeune Paul et je les écoutais d’une oreille distraite alors que je mangeais le plat bien chargé que m’avais servi Dréia au côté de Paul, il était le plus jeune de tous ceux que j’avais vus ici et il agissait comme si je n’existais pas, je préférais ça à de l’hostilité. « Il revient ce soir. » entendis-je subitement Paul dire et mon cœur se sera alors que ma fourchette m’échappa des mains pour se retrouver sur le sol dans un bruit qui tourna les deux têtes vers moi. Est-ce qu’il parlait bien du diable ? pourquoi revenait-il ici ? c’est sa maison crétine. Oui, c'est la sienne, mais, mon Dieu pitié non, je vous en prie. - Je n’aimerais pas être à ta place. Dit finalement le jeunot en me regardant. Il ne t’a pas encore punis pas vrai ? il va te faire passer l’envie de vouloir - Sors de ma cuisine garnement et que je ne t’y reprends pas dit Dreia le coupant dans son monologue. - Mais j’essaie juste de… aouch ça fait mal. Dit-il en se levant pour courir vers l’extérieur alors qu’elle venait juste de lui frapper la main. - Ne prend pas mal ce qu’il dit il n’a pas un mauvais fond. Dit-elle au bout d’un moment - Je ne l’ai pas mal pris, dis-je d’une petite voix. - Hm. J’ai remarqué que ton rosaire n’était plus à ton poignet. Dit-elle en déposant une tasse devant moi. C’est une tisane, ça va te détendre, tu m’as l’air beaucoup trop tendu. On dirait une corde de fer. Dit-elle avant de rigoler seul à sa blague. Dans mes pensées à moi, c'était pourquoi me parlait-elle ? - Je, l’ai perdu l’or de… de… de le mot n’arrivait plus à sortir de ma bouche - Je vois. Tiens. Dit-elle en prenant ma main et y mettant un collier de perle. Quand j’ouvris les yeux, j'y vis un rosaire. Mes yeux s’embuèrent d’émotion. Alors que je refermai rapidement mes doigts sur ça les yeux humides et le cœur en joie, je pus sentir sous mes doigts le crucifix et l’icône de ma mère. Comme ça m’avait manqué, juste ce toucher fu comme si un poids m’était retiré des épaules. Je n’avais plus rien de mon ancienne vie mais ça - Merci, dis-je tout émue. Merci, merci beaucoup Mais pourquoi ? - Tu en auras besoin, je ne pense pas que les jours à venir te soient favorables. Le boss ne t’a pas encore puni et crois-moi que ces punitions ne sont pas... bref, tu en auras besoin. - Pourquoi cette compassion soudaine envers moi ? je suis ici depuis, et sans vouloir vous vexer, vous n’avez été qu’hostile envers moi, mais depuis un certain temps, vous avez changé alors, je me demande pourquoi ce brusque changement ? - Je n’étais pas hostile, car j’avais quelque chose contre toi Kiria, je l’étais, parce que je ne te connaissais pas et le monde dans lequel je vis m’a appris à me méfier des inconnus, j’étais plus sur mes gardes, mais je t’ai suffisamment observé et je sais que tu ne représentes aucune menace donc j’ai déposé les armes. - Oh. Dis-je ne sachant que dire d’autre.
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