Ni elle ni moi n’avions parlé après ça, je me suis contenté de manger essayant tant bien que mal d’occulté le fait que la paix était terminée et que quelque chose m’attendait. J’ai profité du calme avant la tempête pour réciter le rosaire. Est-ce que mes sœurs du couvent se souvenaient de moi ? comment avaient-elles pris mon départ ? est-ce que mon absence avait été remarquée ou plutôt sentis ? qu’avait t’ont dit au père Ambroise ? comment l’avait-il pris ?
À la nuit tombée l’agitation dans le manoir me fit comprendre qu’il était déjà de retour. Par la fenêtre de la cuisine, j'ai vu un SUV noir se garée devant l’entrée principale. Rien que la vue de celui-ci mon estomac se noua si fort que je crus rejeter tout ce que j’avais ingurgité quelques minutes plus tôt. Je regardai le cœur battant et les mains moites balayées brièvement la façade avant de s’éteindre. Le portail s’était ouvert automatiquement dès que la reconnaissance de la plaque avait été validée.
Je le vis descendre sans se presser, vêtu d’un manteau sombre, pourtant il ne faisait pas froid ici, c’était tout sauf la période de l’hiver. Il devait sans doute revenir d’un endroit la fenêtre de la cuisine comme s’il avait perçu ma présence à celle-ci et je sursautai avant de me cacher un peu plus loin la respiration hachée n’osant plus me rapprocher de cette fenêtre comme si elle allait me bruler.
- Allons dans le salon pour l’accueillir. Dit Dréia d’une voix plate. Je lui lançai un regard plein de pitié, mais elle ne s’y attarda pas. Les règles ce sont les règles. Dit-elle simplement.
Alors, je la suivis à l’extérieur de la cuisine. Et au moment où l’on entra dans le salon lui aussi faisait son entrée. Diana lui sauta dessus et mes yeux se tournèrent directement ver Mandy, mais celle-ci ne semblait pas le moindre du monde vexé. Et mes doutes se confirmèrent, elles sont toutes les trois à lui et elles le savent. Ça doit être un mariage polygame. Mais encore aucune d’elle n’avait l’alliance. Quand Diana s’écarta de lui, ce fut Mandy qui se jeta sur lui pour lui faire un lavage des amygdales avec sa langue. Mais lui avait les yeux ouverts et ces orbes noirs était rivé vers moi qui les regardais le souffle court. Il passa sa main sur sa taille et celle-ci appuya ses gros seins sur son torse en gémissant vulgairement me faisant rouler des yeux. Ils se détachèrent enfin et ce fu au tour de Barbie. Et tous les quatre montèrent à l’étage.
L’heure du diner approcha et j’ai dressé la table avec des chandeliers allumés du vin rouge dans des carafes de cristal. Et une vaisselle en Or apparemment, il allait manger avec ces gars donc, ce sera un grand diner. Dreia ne m’avait pas dit beaucoup juste qu’un bon deal avait été signé et ils allaient le fêter comme il se doit. Il y avait tellement d’alcool sur la table que je me demandais comment allait finir cette soirée et surtout s’ils pourraient tout boire.
J’étais chargé du service et à chaque fois que j’entrai avec un plateau dans la main, je sentais instantanément les regards sur moi, je sentais instantanément son regard sur moi. Il était silencieux alors que la table était bruyante tout le monde parlait et criait les verres trinquaient et même Kärl riait, mais Lui ne parlait pas, il se contentait de manger et de boire calmement Mandy était sur ses pieds. J’ai même cru l’entendre chuchoter qu’elle et Diana réchaufferaient son lit ce soir. Elle était agrippée à lui comme de la glu alors que lui me disséquait du regard, comme s’il lisait en moi, comme s’il savait le moindre détail de mes pensées. Et cette tension me poussa à me contrôler, je contrôlais chaque fais et geste, je contrôlais chaque respiration chaque pas.
Au bout d’un moment que je qualifierais comme une éternité, il se racla la gorge et là tout le monde se tue. Plus aucun son au point où on entendrait même des mouches voler.
- Tout le monde, dans la salle de réception. Maintenant. Dit-il en se levant suivis des autres alors, je commençai à débarrasser la table. J’ai dit tout le monde. Attendis-je de nouveau me faisant sursauter. Le plat que j’avais dans les mains m'échappais et se fracassa sur le sol. Je n’étais pas de nature maladroite, mais toute cette tension et cette terreur ne m’aidait pas. Je voulus me baisser pour ramasser les débris et en même temps, je voulais partir dans la salle de réception suivant son ordre.
- Je vais le faire dit Dréia derrière moi et je lui lançai un regard de remerciement avant de suivre les autres
La salle de réception avait été modifiée. Des caméras avaient été installées dans les angles. Au centre, une chaise métallique était posée sous les projecteurs. À côté, une petite table portait des objets : une bassine d’eau glacée, des câbles électriques, une cage métallique repliée, des menottes.je calai devant l’entrée de la porte n’osant pas avancer. Était-ce pour moi ? ma punition ? est-ce que j’allais y passer ? maintenant ? je n’allais pas survivre à ça.
- Avance Kiria. Viens plus près. Et place-toi au centre de la pièce. Je le regardais voulant avancer, mais mes jambes ne m’obéirent pas. Crois-moi que tu n’es pas en position de force et vouloir me désobéir maintenant ne va pas t’aider. Je vais te couper l’envie de franchir les barrières de ce manoir. La prochaine fois que tu les verras même si elles sont ouvertes, tu vas les refermer. Je pris une grande inspiration avant de marcher jusqu’à l’intérieur de la salle et je me positionnai au milieu de la pièce. La dernière fois, j'ai puni Kärl, commença-t-il et je passai une main sur mon visage au souvenir du sang de ce dernier qui avait giclé sur moi, chaud visqueux avec cette forte odeur de fer et les cris de douleurs de celui-ci. Ce soir, reprit-il ce n’est pas moi qui vais te punir, mais lui. Je croisai le regard de Kärl et ce que je vis fus de la haine pure et de la joie. Je tombai à genoux
- Je vous en prie, j’ai compris la leçon, commençais-je alors que mon cœur battait dans mes tempes. Je l’ai bien compris et jamais plus je vous promets, jamais plus je n’irai nulle part, je vous appartiens, je l’ai compris, je n’ai pas d’issue de sortir désormais ma vie se résume à votre volonté tout, mais pas ça