MURIELLes sanglots du téléphone ont aspergé mon pyjama et ruisselé sous ma couette pour former une petite flaque sous le lit. C’était un mélange de bourdonnements, de larmes, de morve et de mots inarticulés. J’ai eu besoin d’un moment avant de comprendre qu’il s’agissait de Muriel. — Qu’est-ce qu’il s’est passé ? Formuler cette question m’a définitivement arrachée à ma rêverie nocturne. Le mélange de bourdonnements, de larmes, de morve et de mots inarticulés essayait de m’expliquer quelque chose. Incapable de déduire ce qu’elle voulait, je lui ai dit de m’attendre et que j’allais appeler un taxi. Tout en enfilant mes chaussettes, je me suis brièvement demandé s’il n’était pas préférable de laisser tomber, mais ces lamentations ont réveillé la samaritaine qui est en moi. J’ai donc muselé

