L’IMMEUBLEL’après-midi s’était écoulé, tranquille et brumeux, jusqu’à ce qu’on sonne à la porte. J’étais convaincue en allant ouvrir que j’allais tomber nez à nez avec mon frère. L’intuition était si forte que j’ai troqué mon jogging sale pour un pantalon un peu plus présentable avant de vérifier dans le miroir que je n’avais rien entre les dents. La sonnette a tranché l’air et mon cœur s’est mis à battre bruyamment. J’ai pris une profonde inspiration avant de saisir la poignée. Un temps est nécessaire pour que mes yeux s’acclimatent à la pénombre du couloir. Une fois ma vue habituée, je distingue un petit vieux avec un crayon calé derrière l’oreille et un papier dans la main. Je le regarde un moment, dépitée. Il n’est pas mon frère et ne le serait pas non plus si j’avais soixante ans de

