MURIELTéléphone. La sonnerie a définitivement pourfendu mon rêve qui s’est évaporé dès que j’ai ouvert les yeux. Il m’a fallu un moment avant d’appuyer sur le bon bouton du portable. Hilda, morose, s’est pelotonnée sur le fauteuil en poussant de profonds grognements de baryton. — Allô ! dis-je, ensommeillée. À l’autre bout de la liaison virtuelle, j’entends quelqu’un éclater de rire et de la musique qui joue. — Qu’est-ce que tu fais ? C’est Muriel. Bourrée comme un coing. — Ce que font les gens normaux à deux heures et demie du matin. Muriel lâche un nouveau ricanement diabolique, puis reste silencieuse. Je n’entends que sa lourde respiration. Je lui demande s’il s’est passé quelque chose, mais elle continue à se taire et à respirer bruyamment. — Bon, alors, Muriel, qu’est-ce qu’il

