XVIII Ces alternatives de joie et de peine, de passion et de travail, de veilles excessives et de courses immodérées, de désirs contenus et de transports subits ; cette vie sans calme et sans bonheur certains m’abattit rapidement. Je sentais mes forces décroître et mon cerveau vaciller. Il me semblait que ma jeunesse m’échappait et que mon intelligence allait mourir. Un jour, par un chaud soleil d’automne, comme nous parcourions l’île de Fiume, mes jambes défaillirent ; un frisson courut dans tous mes membres et je dus pour me ranimer me coucher sur la plage et me couvrir du sable tiède que soulevait le sirocco. Mes tempes battaient avec force ; je sentais sur mes yeux clignotants un cercle de feu ; mes cheveux, que le vent agitait me semblaient d’un poids énorme ; mes pieds et mes jamb

