– Oh comptez-vous donc aller si parée ? lui dis-je. – À l’Opéra, répliqua-t-elle, entendre ce fameux ténor dont tout Venise parle. – Sans doute avec le beau Tiberio, repris-je, ne me contenant plus. – Vous vous trompez, fit-elle dédaigneusement, je pensais tout bonnement aller en compagnie de la maîtresse de la maison. Pourquoi ne fit-elle pas alors acte de volonté libre et franche ? – Vous n’irez pas, lui dis-je, me doutant qu’elle mentait. – Vous êtes absurde et tyrannique, s’écria-t-elle, il ne vous manquait plus que de vous faire mon geôlier pour me récompenser de mes soins ; je cède, ne voulant pas de querelle, mais je vous déclare que je me crois parfaitement maîtresse de suivre ma fantaisie. – Essayez ! lui répondis-je, de plus en plus irrité. Elle se tut et prit un livre ;

