XXXVIII
Que voulez-vous ! il est des instants dans la vie où l’on se sent, plus que d’autres jours, prédisposé à la tristesse. On ne sait pas ce qu’on éprouve, mais on est malheureux ; on souffre ; et, comme le lierre qui ne pourrait vivre s’il n’enlaçait ses longs rameaux à l’arbre qui l’avoisine, on cherche vaguement un cœur ami pour se réconforter à son contact. Quoique Flore, depuis le jour où elle avait, pour la première fois, rencontré « l’ami de son cœur » n’eût pas donné le plus faible signe de perturbation mentale – si ce n’est toutefois celui d’aimer ainsi un beau jeune homme, – elle se trouvait toujours sous l’influence du mal singulier qui se manifestait chez elle par un excès de sensibilité. Arthur ne l’avait jamais vue dans cet état d’énervement passionné, où, tout entière, elle semblait vouloir s’élancer hors d’elle-même. Aussi supposait-il qu’il lui était arrivé quelque malheur.