I-1

2003 Words

ITrézaven, 19 avril. Ma Dionysia très chère, je vous écris de Trézaven, où nous voici réinstallés après un court arrêt à Paris. Il pleut, l’eau ruisselle sur mes vitres, et ma chambre est humide, toute grise. Où est notre soleil de Provence ? Où êtes-vous, surtout, ma lumière ? Si vous voyiez comme ma pauvre âme est sombre ! Déjà je sens l’étreinte de la morne tristesse que je connais trop bien. Donnez-moi vite quelques lignes de vous, quelques pensées de votre âme bénie, pour m’aider au courage. Je les attends comme une manne céleste. Que vous dire de moi ? Je souffre... et c’est tout. C’est tout, c’est ma vie. Il y a des êtres qui savent jouir toujours, quand même. Peut-être ont-ils peu de cœur, ou pas du tout. Ils ne sentent pas comme nous, et la douleur passe sur eux comme l’eau sur

Free reading for new users
Scan code to download app
Facebookexpand_more
  • author-avatar
    Writer
  • chap_listContents
  • likeADD