IVEntre plusieurs villas disponibles, Tugdual avait choisi le bastidou Saint-Jean à cause du petit atelier qui s’élevait au fond du jardin. Il était propre et clair, donnant par derrière sur un sentier qui le séparait d’une plantation d’orangers en gradins, sur laquelle la lumière se répandait de l’aube au couchant. Le jeune homme y avait installé ses chevalets et ses toiles, ainsi que des sièges de rotin et un grand fauteuil de toile où il aimait à s’étendre quand, las de chercher l’inspiration fuyante, il laissait palette et pinceaux, dans un accès de découragement tranquille, et retournait contre le mur la figure sur laquelle il ne parvenait pas à répandre la vie. Ses livres préférés étaient là aussi : Homère, Virgile, Dante, Racine, et des œuvres modernes de haute pensée et de pure for

