Chapitre 10 Téo passa la soirée entière sans parvenir à détacher son regard de cet objet posé sur la table de la salle à manger depuis deux jours. L’homme contemplait le panier dont l’odeur s’était répandue dans toute la pièce et dans son esprit. Téo eut l’impression un vague instant de flotter dans l’espace. Il en arriva même à avoir la sensation extrême que toutes les pensées négatives enfouies dans sa tête depuis de nombreuses années en étaient ressorties subitement pour s’évaporer dans l’air. Cette sérénité soudaine était à la fois agréable et angoissante. Alors que son esprit se vidait peu à peu de toute réflexion sensée, cohérente, rationnelle, cette sorte de méditation fut brusquement interrompue par la sonnerie grinçante de son portable. Il s’agissait du gardien de prison. La disc

