VIIIIl faisait nuit noire lorsque le train s’arrêta à la petite gare de Boséneuc. Je dormais, et ma compagne, une religieuse sécularisée qui allait passer quelque temps chez ses parents aux environs de Lorient, dut m’appeler quelques minutes avant pour me permettre de reprendre mes esprits. Je pris congé d’elle en la remerciant et sautai sur le quai, où un vieux domestique en costume breton s’avança vers moi en demandant : – C’est vous qui êtes envoyée par M. Gildas, mademoiselle ? Sur ma réponse affirmative, il prit mes menus bagages, mon bulletin, et me précéda vers la sortie, jusqu’à un landau où il m’invita à monter. Puis il s’éloigna afin de retirer ma malle. Dix minutes plus tard, la voiture quittait la gare. Dans l’impossibilité de rien distinguer au-dehors, je me remis à sommei

