Chapitre VDonotalos écarta du dos de la main la tenture de cuir rêche qui occultait la petite porte à l’arrière de la salle des banquets, courbant prudemment la tête sous le bas linteau pour la franchir et échapper aux cris et à la cohue. Il s’appuya des deux mains à la rambarde sous l’auvent qui prolongeait le grand toit et goûta l’air pur qui vint lui caresser le visage. Il inspira lentement, profondément, laissant ses fortes épaules se détendre et s’abaisser. Le vent frais remontait la vallée, portant des odeurs d’herbe humide et de terre retournée. Sous ses paumes, le bois lisse était dur et amical. Il se sentait empli de vigueur, se savait béni des dieux, mais aussi de nature farouche et avait souvent besoin d’un espace de recul, de moments de solitude pour s’apaiser, réfléchir et con

