XXVCette lettre causa à Roger l’émotion la plus forte, la plus profonde qu’il eût jamais ressentie. Comme il fallait que Christine l’aimât pour s’être décidée à lui écrire ainsi. Il n’avait point été gâté sous le rapport de la tendresse pas plus que sous celui de l’admiration. Christine, il est vrai, lui avait toujours témoigné une très vive affection pendant les années où ils avaient vécu ensemble comme deux camarades, – car, malgré la différence d’âge, c’était bien une camaraderie fraternelle qui s’était établie entre eux à cette époque. Isolés, abandonnés l’un et l’autre, privés de soins l’un comme l’autre, égaux tous deux devant l’indifférence ou les mauvaises paroles de leur grand-père, qui n’avait de cœur que pour Ludovic, son cher, son très cher petit-fils, elle était venue à lui

