– Vous plaisantez. – Ah ! certes non. Moins que personne j’ai le droit de plaisanter à ce sujet. Je vous jure que, quand j’ai eu l’année dernière le malheur de tuer ce pauvre Renout, j’ai éprouvé une terrible émotion. Quand j’ai senti mon épée s’enfoncer dans la chair et qu’en la retirant j’ai vu une tache rouge sur la chemise, j’ai ressenti un coup au cœur comme si l’épée de mon adversaire m’avait frappé là. Et Roger s’arrêta, frissonnant à ce souvenir lugubre que le hasard avait évoqué. Pour Savine, il se montra peu sensible à l’émotion qu’on pouvait éprouver à la vue d’un adversaire frappé ou tué, et il fit remarquer que sans pousser les choses à l’extrême, on pouvait être justement troublé en se voyant menacé d’un duel, ce qui était son cas. – Non seulement troublé, s’écria-t-il, m

