Maître MARCOV

1045 Words
Beth Après être passé au cabinet vétérinaire pour régler les détails administratifs et dire au revoir à mes collègues, Mira et moi, nous sommes rendus à notre rendez-vous avec ce fameux Maître MARCOV. Nous sommes assises dans la salle d'attente à attendre qu'il nous reçoive. Je regarde la pièce particulièrement bien éclairée grâce à de nombreuses fenêtres. Les plantes grimpantes et les orchidées les tableaux océan donnent une impression de sérénité. Cela ne m'empêche pas d'avoir ce sentiment de culpabilité. Un regard vers la secrétaire me montre à quel point elle semble déborder de travail, au vu de la pile de dossiers qui s'amoncelait sur son bureau. Mira me serre la main pour me rassurer, et c'est à cet instant que la porte du bureau qui se trouve en face de moi s'ouvre. Un homme d'environ la quarantaine, portant une paire de lunettes ronde, avec les cheveux bruns balaie la pièce du regard. - Madame Beth LUTHER ? - Oui. Il se rapproche de nous afin de nous saluer. Son regard est plein de sympathie et de compassion. - Je suis navré de vous rencontrer dans de telles circonstances. - Merci pour cette attention. Je souhaiterais que mon amie m'accompagne est-ce possible ? - Si vous le souhaitez. Cela ne me pose aucun problème. Nous rentrons dans son bureau et nous installons sur les sièges qui se trouvent en face de son bureau. Tous comme la salle d'attente, la pièce est tout aussi éclairée. Des tableaux et photos de paysages sont dispersés un peu partout sur les murs et les étagères. Les dossiers sont bien classés et rangés par couleur, certaines boites d'archives sont ouvertes sur une table basse, mais le tout est méticuleusement ordonné. Il pianote quelque chose sur son ordinateur puis prend un dossier vert qui était placé sur le bord du bureau. - Vos parents, ont souscrit un contrat il y a maintenant 8 ans. Votre sœur et vous en étiez les bénéficiaires. Malheureusement, avec le décès de cette dernière, et selon la clause prévue au contrat, vous êtes maintenant l'unique bénéficiaire du capital qui s'élève à un montant d'un million trois cent mille dollars. À quel moment ai-je bugué ? Je n'en sais rien, mais l'information tourne en boucle dans ma tête et je n'entends plus ce qu'il me dit. J'essaie de comprendre à quel moment nos parents se sont dits qu'ils devraient adhérer à ce genre de contrat ? Il a bien dit huit ans ? Donc, nous avions 19 ans à cette époque. Mais... - Mademoiselle LUTHER ? Mademoiselle LUTHER, vous m'avez entendu ? - Heuu... Je... Non, pardon. - Ne vous en faîtes pas, je peux comprendre. Comme je vous le disais, cela va prendre quelques jours avant de débloquer la somme, vous devrez me fournir certains documents. La liste des papiers à transmettre est sur cette feuille. Je lis rapidement la pièce qu'il m'a remise. Je devrais être en mesure de tout lui transmettre. - Excusez-moi Monsieur MARCOV, mais Beth et moi quittons la ville demain, comment ça va se passer ? - Laissez-moi votre nouvelle adresse et si vous pouvez me remettre les justificatifs avant votre départ normalement, il ne devrait pas y avoir de problème. Vous pensez pouvoir tout laisser à ma secrétaire d'ici demain ? - Ça devrait être possible. J'aurais une question, pourquoi être passé par vous s’il s'agit d'un contrat d'assurance ? Je ne comprends pas. - Parce qu'il n'y a pas que ce contrat. J'ai aussi à vous lire le testament de vos parents. - Le quoi ? - Je vais vous laisser le lire, vous devez savoir qu'en plus, vous héritez de la maison familiale et d'une somme de trois cent mille dollars. Je place ma main devant ma bouche pour empêcher un gémissement de sortir, mais mes larmes trouvent vite leur chemin. Je ne peux pas retourner dans cette maison pour le moment, trop de souvenir et d'éclat de rire me reviennent en mémoire. Mon amie se lève de sa chaise et plonge vers moi pour me prendre dans ses bras. - Calme-toi ma chérie, ça ira mieux. Je suis-là, je suis là. Je m'agrippe à elle et je laisse cette tristesse m'envahir encore une fois. La douleur est encore si présente et si difficile à gérer. J'ai l'impression que mon cœur est arraché de ma poitrine. - Je suis désolée de vous demander cela, mais pouvons-nous sortir un instant afin que mon amie puisse se refaire ? - Prenez le temps nécessaire. Mon prochain rendez-vous est dans deux heures. - Merci, nous n'irons pas loin. Je ne sais pas ce qui se passe par la suite, ni comment je me suis retrouvé assise sur un banc dans un parc. Je sens une main qui me caresse les cheveux, et je réalise enfin que ma tête est posée sur les cuisses de quelqu'un. Je me redresse et mon regard croise celui de mon amie. Elle est inquiète, mais ne me dit rien. - Depuis quand sommes-nous ici ? - Ça fait une demi-heure maintenant. - Je suis désolé d'avoir craqué, mais c'était trop à gérer. - Tu n'as pas à t'excuser de pleurer, surtout pas avec moi. C'est dans le cas où tu n'aurais pas éclaté en sanglots que je me serais alarmé. Je ne te dirais pas que je ne me fais pas un sang d'encre à ton sujet. Mais je sais que ça va prendre beaucoup de temps. Je connais le lien qui vous unissait. - Je ne te le dirais jamais assez, mais merci. - Tu n'as pas à le faire. Nous sommes une famille après tout. Son sourire franc me fait du bien, mais la tristesse que je perçois dans ses yeux me ramène aussitôt à la réalité. - Tu as toujours fait partie de notre famille. Je sais que c'est aussi difficile pour toi, et pourtant, tu es là à me soutenir. - Et je continuerai autant que nécessaire. Je t'aime comme une sœur Beth. - Et c'est pareil pour moi. - Tu penses être capable d'y retourner ? - Je n'ai pas vraiment le choix. Elle se relève en me tendant la main. Après avoir terminé de régler les derniers détails, nous partons et prenons la route en direction de l’appartement de Mira.
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