L'agression

1610 Words
Beth Je suis debout à regarder les tombes de ma famille, complètement dévasté. Quatre jours que je ne dors plus, je n'ai plus la force de pleurer, je ne ressens plus rien.,. Mira a été d'un grand soutien, elle a organisé les funérailles et a même pris des jours de repos pour être présente pour moi. Tout le monde est parti depuis plus d'une heure, mais je n'arrive pas à quitter le cimetière, je veux rester avec eux. - Pourquoi vous m'avez abandonné, pourquoi ? Snif, snif. Comment je fais pour vivre sans vous, dites-le-moi ? - Beth, ma chérie, il faut y aller. Tu dois te reposer un peu. Si tu continues comme ça, ton corps va lâcher. - Je ne veux pas partir, ils ont besoin de moi. - Tu as besoin de dormir, ne m'obliges pas à t'injecter un sédatif. Jamais ils n'auraient voulu te voir dépérir comme ça. - Je souffre tellement, c'est si difficile. - Je sais, et si j'avais la possibilité de t'enlever cette douleur, je le ferais. Mais je ne peux pas, ton deuil sera long et difficile, ta perte est énorme, mais je t'accompagnerai à chaque étape, à chacun des pas que tu feras, je serai avec toi. On va y arriver, je te le promets. - Merci d'être présente pour moi Mira. Tu es maintenant la seule famille qu'il me reste. Merci. Elle me serre dans ses bras, puis nous marchons vers la voiture et roulons en direction de son appartement. Je ne suis pas rentrée chez moi depuis l'annonce de l'accident, Mira a refusé de me laisser seule de peur que je fasse une bêtise. Une fois rentrée, je prends une douche et je m'installe sur le lit pendant que mon amie prépare le repas. Je m'en veux d'être un tel fardeau pour elle, mais je n'ai plus goût à faire grand-chose, la dépression me guette. Je ferme les yeux et repense à tous ces bons moments que nous avons passés ensemble, on ne se dit jamais que l'on peut tout perdre en fraction d'une seconde, on ne réalise jamais que l'on a près de nous un véritable trésor, et quand on le perd, on réalise la chance inestimable que l'on avait. Les images de la cérémonie me reviennent en mémoire, Adrien était tout aussi dévasté que moi, cinq ans de mariage et l'amour de sa vie n'est plus. Ils avaient des projets, ils souhaitaient fonder une famille, mais rien de tout cela ne se réalisera. Je prends mon téléphone et lance l'appel, il ne répond pas. Je ne suis pas vraiment surprise. Durant ces quelques jours, je me suis enfermé dans ma douleur et j'ai totalement oublié qu'il vivait la même chose que moi, qu'il ressentait la même douleur. Je décide donc d'aller lui rendre visite, mais avant une douche m'aidera pour me remettre les idées en place. En sortant de la salle de bain, j'entends la porte de la chambre s'ouvrir et j'aperçois Mira qui entre. - Comment te sens-tu ? - Toujours pareille. - Tu veux manger maintenant ? - Non, merci, je vais sortir pour prendre des nouvelles d'Adrien, il ne répond pas à son téléphone. - Tu es sûr ? Veux-tu que je t'accompagne ? - Ça va aller, je pense qu'on a besoin de parler tous les deux. Il a perdu sa moitié après tout. Profites-en pour te reposer un peu, tu veilles sur moi depuis plusieurs jours, je m'en veux de t'accaparer autant. - Je t'arrête tout de suite, je suis ton amie et tu as besoin de moi. Ta famille était devenue la mienne et je souffre aussi de cette perte. Nous sommes maintenant deux orphelines. Tu es plus que ma meilleure amie Beth, tu es ma sœur, et je serai toujours présente, tout comme tu le seras pour moi. - Tu es tellement présente dans ma vie que j'oublie que tu as eu à faire le deuil de ta mère il y a quelques années. Je suis une piètre amie, je me suis laissé sombrer et j'ai tout effacé de ma mémoire. Mira n'a pas connu son père, mais sa mère est morte d'un cancer alors qu'elle était dans sa dernière année de médecine. Malgré tout, elle a eu son diplôme haut la main et a même été major de promotion. C'est une femme forte, courageuse et travailleuse, et c'est maintenant ma sœur de cœur. - Je sais par quoi tu passes en ce moment. Je serai là pour toi comme tu m'as aidé à l'époque. - Tu rigoles, j'espère ! Qui m'a fait des bons petits plats, qui est resté dormir avec moi malgré ses partiels, qui m'a écouté et a calmé mes crises d'angoisses, qui m'a calmé durant mes longues nuits de cauchemar ? Et tu oses me dire que ce n'est pas grand-chose ? - Aujourd'hui, tu es présente à mes côtés et c'est tout ce qui compte. On s'enlace une dernière fois avant que je ne me prépare à partir voir mon beau-frère. - Je t'attends pour manger Beth, soit prudente et appel moi quand tu prends la route pour rentrer. - Promis, à tout à l'heure. Je monte dans ma voiture et démarre en direction de Berwyn. J'arrive vite à destination, et une fois garé, je regarde en direction de la maison. La voiture d'Élisa est garée dans l'allée. Toutes les lumières sont éteintes et il semble que seule la lampe qui se trouve dans le salon soit allumé. Je descends et marche vers l'entrée. J'allais frapper, mais je me rends compte que la porte est entrouverte, alors j'entre et ce que je vois me désole. Il y a des bouteilles d'alcool et de cannette de bière partout sur le sol, on dirait qu'une tornade est passée dans la maison. Il est assis sur le sol en tenant le portrait de ma sœur. - Adrien ! Il lève la tête et un sourire illumine son visage, comme s'il venait de trouver le plus grand trésor de l'univers. - Tu es revenu ma chérie. Sur le coup, je ne comprends pas son allusion, mais je finis par vite comprendre. Élisa et moi étions jumelles, des copies identiques. Vu toutes les bouteilles qui jonchent le sol, je pense qu'il est totalement ivre. - C'est Beth Adrien, Élisa est partie. - Non, je sais que c'est toi, jamais, tu ne m'abandonnerais, on s'aime trop pour ça. Il se lève et marche dans ma direction tout en essayant de ne pas tomber sur le sol. - Reprends-toi, Adrien, je ne suis pas elle. Souviens-toi. - Je suis tellement content de te voir, tu m'as tellement manqué. Mon bébé, vient dans mes bras. Je fais un pas en arrière me préparant à repartir, je reviendrais le voir une fois qu'il sera plus lucide. - Je vais y aller, Adrien, je t'appellerai demain matin. Je me retourne pour ouvrir la porte, mais je suis propulsé vers l'arrière et je me retrouve prisonnière de ses bras. - Non, mon amour, ne m'abandonne pas encore une fois, reste avec moi pour toujours cette fois. - Lâche-moi ! - Laisse-moi te montrer combien je t'aime, combien tu m'as manqué. J'ai tellement besoin de toi. Il me retourne subitement et colle ses lèvres sur les miennes. Il me caresse le corps et essaye de passer la main sous mon haut. - Non, non, Adrien arrête ce n'est pas Élisa ! Malheureusement, il ne m'entend pas, il est dans un état second. Il me coince à la porte et bloque mes mains en maintenant mes bras au-dessus de ma tête. Je pleure, je crie, mais il reste sourd. J'essaie de me débattre, mais il est beaucoup plus fort que moi. Il aspire la peau de mon coup et me fait un suçon. Il se libère une main pour la glisser sur ma cuisse, puis la remonte vers mon sexe. - Je t'en supplie ne me fais pas ça, snif, snif. Je parle dans le vide, je suis terrifié et je ne sais plus quoi faire. Il libère enfin mes mains, et quand je pense qu'il est revenu à lui, il déchire mon tee-shirt, laissant apparaître mon soutien en dentelle. - Tu es tellement belle mon amour. - Laisse-moi ! AU SECOURS! Il saisit mon sein gauche et m'embrasse en frottant sur moi son érection. Je suis démoralisé, fatigué et écœuré. Je n'aurais jamais imaginé un jour subir ce genre d'agression, encore moins de lui. Il titube légèrement, et c'est ma chance, mes jambes étant libérées, je lui donne un coup de genou dans ses précieux bijoux de famille. Il hurle et tombe à genoux devant moi. Je lui redonne un coup au niveau de la mâchoire et il tombe sur le côté. Je n'ai pas le temps de réfléchir, j'ai trop peur qu'il se relève, alors j'ouvre la porte et je cours en direction de ma voiture. Je cherche les clefs partout dans mon sac les mains tremblantes en surveillant la porte de la maison. Quand je finis par les trouver, je rentre et m'enferme dans la voiture. Je démarre et pars sans regarder s'il y a un véhicule qui arrive. Heureusement pour moi, ce n'est pas le cas. J'essaie de calmer mes émotions, mais je n'y arrive pas, trop de malheur me sont tombés dessus ces derniers jours, je roule en direction de chez Mira. Comment tout ça se serait terminé si je n'avais pas réussi à l'immobiliser, serait-il allé jusqu'au bout ? Ma vie était déjà difficile ses quelques jours, mais Adrien vient d'anéantir le peu de volonté que j'avais. Il m'a achevé, et à cause de lui, je ne veux plus qu'un homme m'approche.
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