2. L'invitation

2337 Words
Pdv Fabi J' étais assise sur le canapé et je mangeais avec Rocky, quand mon téléphone sonna. C'était Karim. Moi : Allô, Karim. Karim : Fabi, nakamou (comment ça va) ? Moi : Ça va et toi ? Karim : Ça va. Tu vois, je t'avais promis de t'appeler. Je l'ai fait. Moi : Oui. C'est vrai. Tu l'as fait. Karim : Comment vont tes deux copines d'hier ? Moi : Elles vont bien. Et ton cousin, Fadel ? Karim : Ça va. Sinon namenala dé (tu me manques vraiment), as-tu prévu quelque chose, ce soir ? Moi : Non. Tu veux m'inviter ? Karim : Oui. Avec Fadel et les garçons d'hier, on va sortir en boîte. On aimerait que vous soyez de la partie, toi et tes copines. Moi : Cheut, Karim, badou da nga beugue dokhane samey kharit (tu as le projet de pécho mes copines) ? Oublies direct. Elles ne sont pas pour toi. Karim : Non. Mane souma waré dokhane, yow lay dokhane, toi aussi Fabi (si je dois pécho quelqu'un, c'est toi que je choisirais). Dina la bayi, di dokhane sey kharit, alors que saf ngama, doy nga sama beut (je ne peux pas te laisser et me tourner vers tes copines, alors que tu me plais). Moi : Oh. Karim, mane sama diam yaram lay wout (je ne cherche que ma propre paix). Tu sais très bien que tu n'auras jamais accès à moi. Da nga beugue djiguène torop (tu es un coureur de jupons). Il rit, amusé. Karim : Non. Fabi, tu as vraiment une très mauvaise image de moi. Soumala djeulé, dama ley bégueul ba nga contane (si tu acceptes d'être avec moi, je te ferai épanouir comme une fleur). Ya nangouwoul rek, mais bo nangouwone, instant yi ya ngui nékeu Mme Diagne, di feule foumou la nékhé (c'est toi qui refuses, mais si tu m'avais dit oui, tu seras actuellement Mme Diagne et tu aurais accès à moi comme personne ne l'a jamais eu). Moi : Karim. Mane ak yow, khamanté negn bou bakh(on se connaît très bien, toi et moi). Todj nga deukeu bi (tu as fait les 400 coups dans cette ville). Karim : Toi aussi, tu n'as pas été Minnie Mouse, hein. Moi : Oui. C'est vrai, je n'ai pas toujours été sage. Mais je me suis rangée, maintenant et je me suis assagie. Karim : Alors pourquoi tu ne peux pas te dire que moi aussi, j'ai changé ? Moi, pour lui rappeler pourquoi je sais qu'il n'est toujours pas assagi : Karim, comment va Fadily ? Karim : Elle va bien. Justement, je m'occupe très bien d'elle, ça doit bien te prouver que j'ai mûri. Moi : Karim, ce n'est pas envoyer régulièrement de l'argent qui signifie bien s'occuper d'elle. Karim : Kholal, di negn tog face à face, wakhtane si (écoutes, on prend le temps de s'asseoir et d'en parler face à face). Ce n'est pas un sujet à discuter au téléphone. Mais d'abord, dis à tes copines qu'on les invite toutes ce soir. Moi : Laquelle t'intéresse ? Karim : Pourquoi tu penses que c'est moi qui suis intéressé par elles? Je suis en train d'arranger les affaires de quelqu'un d'autre. Fadel, mo beugue guissate Khadija. Pour une fois, j'essaie de faire avancer gratuitement l'humanité. Diaroul fir, mane yow rek la guiss(ne sois pas jalouse, je n'ai d'yeux que pour toi). Moi : Heureusement, parce que Rocky est déjà prise. Et surtout, n'imagines jamais que je suis jalouse de toi. Défal loula nekh (fais ce qu'il te plaît), je t'apprécie juste comme un bon copain. Karim : Mane petit copain lay viser, pas bon copain(je veux être ton petit copain, pas ton bon copain). Je ris, amusée. Moi, reprenant : Bon, je vais te rappeler d'ici une heure, le temps que j'appelle les filles pour voir si elles sont partantes. Karim : Ok. À tout à l'heure. Il raccrocha. Rocky me regarda, intriguée. Moi : C'était Karim, le garçon qu'on a vu hier au restaurant. Il veut nous inviter, toi, Dija et moi, à une sortie en boîte ce soir. Tu en penses quoi ? Rocky : Moi, je suis partante. Mais je ne sais pas si Dija voudra y aller. Moi : Bin, elle devrait venir, parce qu'il y a Fadel, the boss qui aimerait la revoir et vraiment c'est le mec à ne pas rater. Rocky, intéressée : Ah bon ? Moi : Oui. Fadel, machalla, yakh bou rey la (c'est un VIP) et c'est un gars bien. Il est très gentil, très sérieux, très poli. Rocky : D'où tu connais ces garçons ? Moi : Karim est un promotionnaire. On a été dans la même classe de la seconde à la terminale. Fadel est son cousin. Il est un peu plus jeune que nous. Quand je suis revenue vivre à Dakar, après ma formation, c'est Karim qui m'a aidée à un peu dans mon premier dossier. Fadel vraiment, c'est un gars que je recommanderai à toutes les filles que je connais. Il est droit. Rocky, en souriant : Pourquoi donc tu repousses les avances de son cousin ? Tu es célibataire depuis plusieurs mois. Ah. Elle a entendu notre conversation. Moi : Chi, Karim, mom merci beaucoup. Lui et moi, on se connaît trop. C'est un garçon adorable et loyal en tant qu'ami, mais en tant que compagnon, c'est une toute autre histoire. Je lui connais beaucoup trop de dossiers pour oser me jeter dans ses bras. Laisses rek, on va se contenter de notre amitié. Mais parles avec Dija, elle devrait venir à la soirée pour tâter le terrain avec Fadel. Ça peut le faire entre les deux. Oh, non. Je refusais d'être une victime de plus dans son tableau de chasse. Karim, je le connais depuis mes 15 ans et j'ai bientôt 28 ans. Je connais donc très bien le personnage. Rocky : Ok. Je l'appellerai après. ******************* Pdv Rocky Je pris mon téléphone et partis passer mon coup de fil dans ma chambre. Moi : Allô, Dija. Dija : Oui. Rocky. Moi : Où es-tu ? Tu es toujours avec Mia ? Dija : Oui. On est en train de travailler sur notre cours. Moi : Bo watché (quand tu auras fini), passes à la maison. Dija : Chi, Rocky, je veux rentrer à Keur Massar, guedj nafa (ça fait longtemps que je ne suis pas rentrée à la maison. Moi, en mentant : J'ai oublié de te donner quelque chose pour les parents. Et tu es partie ce matin, sans me réveiller. Dija : Cheut, Rocky. Moi : Bo, gneuwé ma rembourséla passe bi (quand tu seras là, je te rembourserai le prix du trajet). Dija : Non. Mais sérieux, Rocky, quand je te préviens que je rentre le week-end, s'il te plaît, donnes-moi la veille, tout ce que tu veux que je donne aux parents. Moi : Wa, d'accord. Je ferai attention, la prochaine fois. Dija : Ok. Je viendrai au plus tard, vers 15h. Moi : Ok. Je raccrochai. Je savais que c'était la seule chose que je pouvais lui dire pour qu'elle accepte de venir. Quand elle sera ici, j'improviserai. Elle arriva vers 14h30. Dija, quand elle finit de manger : Donnes-moi la commission des parents, je vais y aller. Moi : Tu ne prends pas le temps de digérer ? Dija : Keur Massar, ce n'est pas la porte d'à côté. Je vais aller vite prendre le bus avant le rush du soir. Wala da nga mey mey passou taxi (ou tu m'offres un trajet un taxi) ? Moi : Oui. Je peux t'offrir le billet de taxi. Viens, il faut qu'on parle. On va dans ma chambre. Elle me suivit. Moi, quand on fut dans la chambre : Au fait, je n'ai pas de commission à te donner. Je voulais juste que tu reviennes à la maison. Dija, énervée : Non, Rocky. Ni nga ma meuneu yabé(tu oses te moquer autant de moi) ? Tu m'as fait faire un détour pour rien. Tu sais le long trajet que j'ai à faire et tu me fais perdre mon temps. Moi : En fait, tu n'as pas besoin de faire ce long trajet. Tu peux reporter ton week-end à Keur Massar, à la semaine prochaine. Ce soir, on est invitées. Dija : Non. Il faut dire "tu es invitée". Moi, je rentre à la maison. Moi : Non. Il faut que tu viennes avec nous, Dija. On est toutes invitées : Fabi, toi et moi. Dija : Je ne suis pas ton garde-corps. Tu n'as pas besoin de ma présence pour sortir le soir. Vas-y avec Fabi et profitez de votre soirée. Moi : Ta présence est vraiment nécessaire. Tu sais, les garçons d'hier, il y a un parmi eux qui plait énormément à Fabi. Ils nous ont invitées toutes les trois. Fabi nous demande de l'aider en tant qu'alibi pour pouvoir revoir ce garçon. Bon, je sais, c'est un mensonge, mais si Dija connaît la vérité, elle ne voudra jamais venir. Dija : Non. Mais sérieux, vous pouvez y aller toutes les deux. Moi : Ils nous ont vus à trous. C'est le trio qu'ils ont invité. Tu dois bien ça à Fabi. Elle est toujours là pour te soutenir comme une grande sœur, alors qu'elle n'y est pas obligée. Dija : Mais j'ai déjà prévenu les parents que je venais.‍♀️ Moi : Je vais les appeler pour leur dire que finalement, tu n'y vas plus, parce que je veux qu'on y aille ensemble le week-end prochain. ********************* Pdv Khadija Le soir J'étais encore à contrecœur en train de me maquiller ce soir pour sortir. Je ne voulais vraiment pas y aller, mais je ne pouvais pas refuser ce service à Fabi. Comme Rocky l'a dit, elle fait beaucoup de choses pour moi, alors qu'elle n'y est pas obligée. Je vais un peu vous expliquer pourquoi je me sens aussi redevable à elle. Fabienne Konaté, c'est une amie de Rocky, on peut même dire qu'elles sont devenues comme des sœurs. Elles se sont connues par l'intermédiaire de Dado, notre cousine qui vit à Toulouse. Dado et Fabi ont vécu pendant des années en colocation. Il y a deux ans, quand Fabi est revenue vivre à Dakar, elle voulait vivre toujours en indépendante, mais ses parents qui vivent toujours à l'étranger ne voulaient pas qu'elle vive toute seule. Mais Fabi n'avait aucune envie de rester vivre chez son oncle, alors elle avait décidé de chercher une colocataire avec qui partageait un appartement. Ayant parlé de son projet à Dado, celle-ci en avait parlé à Rocky qui justement cherchait un logement sur Dakar pour se rapprocher de son lieu de travail. Ce projet de colocation tombait à piques. Voilà comment elles s'étaient rencontrées et on avait vraiment l'impression qu'elles avaient grandi ensemble, tellement c'était fusionnelle. C'était un coup de foudre amical, comme aimait le dire Fabi. C'est vrai que Fabi est aussi une personne très douce qui agit avec tout le monde avec son cœur. Même avec moi, elle n'avait pas eu beaucoup de difficultés à s'attacher à moi. Elles avaient préféré prendre un appartement de trois chambres pour avoir une chambre de plus qu'elles avaient laissé disponible pour qu'un membre de leur famille qui serait sur Dakar puisse s'y loger. Mais pour le moment, je le squattai depuis 6 mois avec l'idée que chaque fois qu'un visiteur serait de passage, j'irai partager le lit de Rocky. En effet, Rocky aussi n'avait pas sa famille à Dakar. Ses parents étaient de Diourbel. Son père était le petit-frère de ma mère. Elle avait 26 ans et elle travaillait dans une agence de communication. Pendant un moment, elle avait vécu avec nous à Keur Massar, mais depuis deux ans, elle vivait avec Fabi. Fabi avait deux ans de plus qu'elle et elle avait grandi entre Dakar et plusieurs pays. Son père travaillait dans une ONG internationale et elle avait vécu au gré des nombreuses affectations de son père. Là, le reste de la famille vivait actuellement à Genève où il espérait finir sa carrière. Il paraît qu'il n'est pas trop loin de la retraite. Mais Fabi avait préféré revenir vivre ici. Elle avait réussi à décrocher un excellent poste ici et elle aimait vivre dans son pays d'origine. Je pense que si elle le voulait, elle pourrait se payer cet appartement toute seule, tellement elle était gracieusement payée, mais elle se plaisait dans cette colocation. Et moi aussi, je m'y plaisais. J'étais considérée comme la benjamine de la maison. Fabi n'a pas de petite sœur biologique. Elle a deux petits-frères. Donc elle me chouchoute comme une petite princesse. Et si Rocky par notre lien de sang, pouvait se sentir obligée de me donner un coup de pouce, Fabi, elle n'avait aucune obligation de se soucier de mon sort. Mais par pure bonté d'âme et d'esprit, elle m'avait pris sous aile et s'était vraiment laissée toucher par la situation difficile dans laquelle ce traître de Khalil m'avait laissée. Non. Il faut que je n'accorde même pas une petite pensée à cet idiot. Quand je suis venue vivre ici, il y a 6 mois, c'était surtout parce que quand je venais passer deux ou trois jours ici, je ne pensais plus trop à ma déception, les filles faisant tout pour rendre mon séjour aussi fun que possible. Alors elles avaient fini par me proposer de venir squatter temporairement leur troisième chambre pour toute l'année scolaire. C'est clair que vivre ici est pour moi plus agréable que de vivre à la Cité Claudel. Bref, si Fabi veut que j'aille à cette soirée pour être sa couverture, je lui dois bien ce coup de pouce. D'autant plus que c'est bien la première fois, depuis que je viens ici, que j'entends qu'elle a flashé grave sur quelqu'un. Elle est plutôt discrète dans ce domaine ou plutôt elle me trouve trop jeune pour me parler de sa vie amoureuse, vu que j'ai juste 22 ans.‍♀️
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