Chapitre sixIls avançaient de front sur la route de terre détrempée, s’écartant parfois l’un de l’autre pour éviter une flaque plus importante. À chaque pas, leurs galoches de cuir projetaient quelques gouttes d’eau boueuse sur le bas de leurs toges blanches, mais ces souillures sur leurs vêtements ne suffisaient pas à entacher la prestance des deux hommes. Ils venaient à peine de quitter leur maison et Anavos avait tout de suite remarqué que son père, un léger sourire aux lèvres, était perdu dans ses pensées. Il marchait donc à ses côtés en veillant, par son silence, à ne pas troubler la rêverie de cet être qu’il aimait et admirait. Après de nombreux jours de pluie presque ininterrompue, le temps avait enfin décidé d’être plus clément. Il faisait bien un peu venteux, mais le ciel était d

