Cette présence, invisible, mais toute-puissante, l’enveloppait comme le troupeau enveloppe le jeune agneau. Cette voix, tendre mais pénétrante, vibrait dans son cœur comme une douce musique. Son œil ne percevait aucune image ; et cependant sa vision et son cerveau avaient comme le sentiment de la pure sérénité de l’air, du pouvoir des mers, de la majesté des étoiles, de l’énergie des éléments, de l’inébranlable solidité des montagnes, et par-dessus tout, de l’éclat d’une héroïque beauté s’élançant victorieuse sur la Nuit, dont elle dispersait les ombres comme un divin Soleil. Telle fut l’heure de l’hymen du Génie et de l’Humanité. Qui répétera l’histoire de leur union depuis ce temps-là ? Qui peindra ses félicités et ses misères ? Qui racontera les longues luttes entre le Serpent et le Sé

