Chapitre 13
Justin est surpris quand en ce dimanche, il retrouve Clara derrière sa porte.
- Salut ! Qu'est-ce-que tu fais là ?
- J'aimerais te parler !
- Tu veux entrer ? Je te préviens, c'est le bordel par contre !
- Je m'en fiche !
Clara entre.
- J'étais en train de prendre mon petit déjeuner ! Tu veux un café ?
- Je veux bien ! Merci !
Justin sert le café avec un sourire timide.
- Il y a des gâteaux, si tu veux, tu te sers !
- Merci ! C'est gentil ! (souriant)
- ça me fait bizarre de te voir chez moi.
- Écoute, j'ai bien réfléchi à ce que tu m'as dit l'autre jour par rapport au fait que j'ai porté plainte contre toi et tout.
- Non mais Clara ! C'était stupide. Je ne sais pas pourquoi je t'ai dit ça. C'est juste que ce mec est une pourriture et ça me fait chier qu'il s'en sorte. Après je peux comprendre que c'est dur de parler !
- Tu sais, si je ne porte pas plainte contre lui, c'est parce que j'ai honte de ce qui m'est arrivé ! Si jamais je porte plainte, tout le monde saura que j'ai failli me faire v****r. Tous les regards se braqueront sur moi et soit on me traitera de menteuse au pire ou alors on aura pitié de moi, ce que je ne veux pas non plus.
- Tu sais Clara, il ne faut pas minimiser les choses. J'ai tout vu, tu étais ligotée, presque dévêtu et il était sur toi. Même si tu sembles dire qu'il a failli, pour moi il t'a v***é Clara. Je suis persuadé qu'il a été plus loin que ce que tu veux me faire croire, mais je comprends que ce soit délicat. Tu ne peux pas faire comme si ce n'était pas vrai ! Tu n'as pas à avoir honte, tu es une victime. Si ça se trouve, il en refera d'autre des victimes, en supposant que tu sois la seule jusqu'à présent.
Les larmes commencent à rouler sur les joues de Clara.
- C'est ma faute, si je n'avais pas été seule, si j'avais attendu Marie ! Si je ne l'avais pas provoqué en disant qu'il était sûrement médiocre au lit, ça ne serait peut-être pas arrivé.
- Non, ce n'est pas ta faute, je ne suis pas d'accord !
- Tu sais, j'ai bien réfléchi et c'est vrai que ce n'est pas juste, il mériterait d'être en prison pour ce qu'il a fait et c'est vrai que lui, c'était un acte volontaire. Je reconnais que pour l'accident tu ne l'as pas fait exprès et qu'il mériterait bien plus que toi d'être condamné, mais je n'arrive pas à aller au commissariat et porter plainte, je n'y arrive pas. Ce type est très populaire à la fac et ses parents sont blindés de fric sans parler du fait que son père est flic. Je n'aurais jamais gain de cause. Il arrivera à s'en sortir et moi je passerais pour une menteuse.
- Je peux comprendre.
- Je voudrais que tu comprennes que si j'ai porté plainte contre toi, c'est parce que j'ai failli mourir et que j'étais en colère, mais là, c'est tellement dur. Je ne suis pas prête à ce que toute la fac soit au courant que j'ai été victime d'une agression sexuelle ou me donne un statut de menteuse. Je ne suis pas prête à vivre ça.
- Je suis le seul à être au courant et je respecterais ça. Sache juste que si tu as besoin de parler, je suis là. Tu peux revenir quand tu veux !
- Merci ! Tu es très gentil !
- Je n'ai jamais été méchant ! Jamais !
- Tu as l'air d'être gentil en tout cas ! (souriant)
- J'aurais tellement voulu te rencontrer autrement ! Tu sais, je te jure sur ce que j'ai de plus cher au monde que ce feu je ne l'ai pas vu ! Je ne me rappelle même pas avoir vu le rouge briller dans la nuit. Je ne comprends pas car meme en case de fatigue instense, je suis tres prudent sur la route. Je ne sais pas ce qui s'est passé et comment j'ai pu commettre une telle imprudence. Si tu savais comme je m'en veux !
- Tu oserais me dire que le feu était vert et que c'est moi qui a grillé le fond rouge !? (s'agaçant)
- Non, bien sûr que non, je n'ai rien dit de telle, je sais que je suis entièrement responsable, mais je n'ai même pas vu qu'il y avait un feu à cet endroit ! Ceci-dit, je n'ai jamais nié être responsable.
- Mais tu ne la connais pas cette route ?
- D'habitude, je ne passe pas par là, puis je n'ai pas de voiture à l'origine. C'était la voiture de ma tante, je ramenais des meubles que je n'avais pas encore pu rapporter depuis la rentrée. J'étais fatigué et je n'ai pas fait gaffe à ce foutu feu et je m'en voudrais toute ma vie pour ça !
Un temps de silence s'invite.
- Tu sais, peut-être qu'un jour on pourra devenir amis. Le problème, c'est que c'est encore trop frais. L'autre jour dans le taxi, j'étais effrayé. Mais sache juste une chose.
- Laquelle !?
- Tu ne l'as pas fait exprès et j'en suis consciente. J'ai donc décidé de travailler sur moi pour t'accorder mon pardon. Un jour, je sais que j'arriverai à te pardonner.
- C'est vrai ! (ému)
- Je ne te garantis pas que ça sera de suite, mais je vais tenter de te voir autrement que comme celui qui a failli me tuer. Tu es un type bien et tu mérites bien mieux que ça. Quand je te vois en ce moment, je vois l'homme qui m'a sauvé, pas celui qui a percuté ma voiture.
- Merci, ça me touche. Tu ne peux pas t'imaginer comme ça me fait plaisir de savoir que tu arrives à me voir autrement.
- Je voulais juste te dire que si j'avais su jamais je n'aurais porté plainte contre toi. Je l'ai fait, car mes parents m'ont poussé à le faire, la police aussi et j'étais en colère surtout ! Très en colère !
- Je ne t'en veux pas ! Je t'en ai jamais voulu d'ailleurs.
- Écoute Justin, je ne suis pas encore prête à ce que nous devenions amis, mais je voudrais te donner ceci. (sortant une enveloppe de son sac)
- Qu'est-ce que c'est ? (ouvrant l'enveloppe)
Justin regarde stupéfait.
- Qu'est-ce-que ça veut dire Clara ?
- Que je n'ai pas besoin de cet argent. Prends-le, rembourse tes dettes et reprend ta vie normalement.
- Clara je ne peux pas accepter ! J'ai été condamné, cet argent je te le dois. Tu n'as pas à me le rendre !
- Et moi je me sentirais sâle de le garder. Tu m'as évité de subir d'horribles choses et je ne me sens pas bien depuis plusieurs jours. Je pense que si tu encaissais ce chèque, ça m'aiderait à me sentir mieux.
- Tu sais, si je t'ai sauvé, c'est par devoir, tu ne m'es pas redevable !
- Non, c'est vrai, mais comme je te l'ai dit, cet argent, je n'en ai pas besoin. Tu sais Marie parle beaucoup et Nicolas lui parle de toi et je sais que tu galères en ce moment pour rembourser tes dettes. Accepte-le et encaisse-le.
- D'accord ! Merci beaucoup !
- Je vais te laisser !
- D'accord ! A bientôt !
- A bientôt.
Lorsqu'elle part, Justin se rend compte que son cœur commence à s'emballer. Il commence à avoir la trouille, car il se rend compte qu'il a de réels sentiments amoureux pour la jeune finlandaise. Il reste toutefois réaliste en se disant que ça ne pourra jamais être réciproque, même si une amitié pourrait à court ou long terme voir le jour.
A suivre.