La lumière dorée du matin se diffusait doucement dans la villa de Rahim, baignant les pièces d'une lueur chaleureuse. Cependant, cette tranquillité apparente n'était qu'une façade. Dans le fond de son esprit, Rahim se sentait perturbé, tourmenté par des pensées qu'il n'avait pas l'habitude de nourrir. Ndella, si différente des autres femmes de son entourage, occupait ses pensées bien plus qu'il ne le souhaitait. Mais ce qu'il ignorait, c'était qu'une ombre du passé se levait, prête à perturber l'équilibre fragile qu'il commençait à tisser avec elle.
Rougui, son ancienne petite amie, n’avait jamais cessé de l’aimer. Bien qu’ils se soient séparés depuis des mois, elle n’avait jamais digéré leur rupture. Et aujourd’hui, elle était déterminée à regagner son cœur. Rougui n’était pas une femme ordinaire : intelligente, charismatique, et capable de manipuler les situations à son avantage. Rahim savait qu’il devait se méfier d’elle, mais il n’imaginait pas qu’elle serait capable de jouer une fois de plus sur ses faiblesses.
Un après-midi, alors qu’il travaillait sur un projet important pour l'entreprise, Rahim reçut un message inattendu. Le nom de l'expéditeur le fit tiquer : **Rougui**.
**"J’ai entendu parler de ta nouvelle conquête. Tu es en train de faire une grosse erreur, Rahim. Tu sais que tu n’as jamais trouvé ce que tu cherches chez elle. Laisse-moi te rappeler tout ce que nous avons partagé. Une dernière fois, et tout reviendra à sa place."**
Rahim soupira en lisant ces mots. Il savait que Rougui ne se contenterait pas de l'ignorer. Elle voulait revenir dans sa vie, et ce genre de message n’était que le début. Il se leva de son bureau, se dirigea vers la fenêtre, et fixa l’horizon, perdu dans ses pensées. Mais tout cela ne semblait plus aussi simple. Il y avait Ndella maintenant, et il n’était pas prêt à laisser tomber ce qu’il avait commencé à construire avec elle.
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De son côté, Ndella était loin de se douter de ce qui se tramait dans l’ombre. Elle profitait de son temps avec Rahim, apprenant à le connaître sous des facettes qu'elle n’avait pas anticipées. Il était plus complexe qu’elle ne l’avait imaginé. Mais, en même temps, quelque chose la perturbait. Elle sentait qu’il y avait encore des zones d’ombre dans sa vie, des choses qu’il ne voulait pas partager, des blessures non guéries. Et pourtant, malgré ses doutes, elle continuait à s’attacher à lui.
Un soir, alors qu’ils se promenaient près de la corniche de Dakar, Rahim semblait plus distant que d’habitude. Il était plongé dans ses pensées, et Ndella, sensible à ce changement, sentit la distance s’installer. Le vent soufflait fort, et elle s’arrêta en le regardant.
« Rahim… Qu’est-ce qui ne va pas ? » demanda-t-elle, son regard plein de tendresse.
Il tourna son regard vers elle, un sourire rapide effleurant ses lèvres. « Ce n’est rien, Ndella. C’est juste… un peu de travail qui m’accable. » Mais Ndella, plus perspicace qu’il ne le pensait, ne fut pas convaincue par sa réponse.
« Si c’est juste ça, alors pourquoi te sens-tu si… distant ? » insista-t-elle.
Rahim soupira. Il avait du mal à mentir face à elle. Elle le perturbait d’une manière qu’aucune autre femme n’avait jamais réussi à faire. Finalement, il baissa les yeux et prit une profonde inspiration.
« C’est… compliqué. Il y a des choses de mon passé qui me rattrapent, des personnes qui ne veulent pas comprendre que c’est fini. » Il marqua une pause, cherchant ses mots. « Mais je ne veux pas que cela affecte ce que nous avons. »
Ndella sentit son cœur se serrer. Elle savait que Rahim n’était pas prêt à tout partager avec elle, mais entendre ces mots, lui confier ainsi une partie de ses tourments, créait en elle un élan de compassion.
« Tu sais, Rahim, » dit-elle doucement, « je ne te demande pas de tout me dire tout de suite. Mais sache que tu n’es pas seul. Je suis là, si tu veux en parler. »
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Pendant ce temps, Rougui, consciente du petit pas que Rahim avait fait vers Ndella, ne comptait pas en rester là. Elle savait comment jouer avec les faiblesses de Rahim, comment attiser la culpabilité qu’il ressentait envers elle. Elle envoya un autre message, cette fois-ci plus subtil, plus menaçant.
**"Tu penses vraiment que Ndella pourra te comprendre ? Elle ne connaît pas ton passé, Rahim. Elle n’a aucune idée de ce que tu es réellement. Mais moi, je sais. Je connais toutes les facettes de toi. Et je peux t’aider à revenir à ce que tu étais avant. Nous étions heureux ensemble. Peut-être qu’il est temps que tu t’en souviennes."**
Rahim, cette fois, sentit la pression monter. Il savait que Rougui ne lâcherait pas prise, qu’elle continuerait à utiliser leurs souvenirs et leur histoire pour essayer de le faire douter de ses choix. Mais quelque chose en lui résistait. Il n’était pas sûr de pouvoir tout effacer, mais il savait que Ndella méritait qu’il soit honnête avec elle, qu’il prenne une décision sans se laisser manipuler.
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Une rencontre imprévu survint quelques jours plus tard. Rahim croisa Rougui dans un café à Dakar. Elle l’attendait, seule à une table, un sourire mystérieux sur les lèvres. Elle avait l’air confiante, sûre d’elle, comme toujours. Lorsqu’elle le vit entrer, elle se leva et l’accueillit d’un regard perçant.
« Rahim, » commença-t-elle d’un ton mielleux, « il y a bien longtemps qu’on ne s’est pas vus. Comment vas-tu ? »
Rahim la fixa un instant, un air indéchiffrable sur le visage. « Que veux-tu, Rougui ? »
Elle sourit, l’ayant anticipé. « Ne sois pas si froid, Rahim. Je veux simplement discuter. » Elle s’assit sans attendre sa réponse et continua : « Je sais que tu es avec Ndella. Et je sais aussi que ce n’est pas aussi simple que tu le laisses paraître. »
Rahim se raidit, mais il garda son calme. « Ce n’est pas ton problème. »
Rougui pencha la tête et plongea ses yeux dans les siens. « Peut-être. Mais je suis la seule à connaître la vraie histoire, n’est-ce pas ? » Elle laissa échapper un rire léger, presque moqueur. « Après tout, personne ne comprend les hommes comme les femmes qui les connaissent bien. »
Rahim serra les poings sous la table. Il savait qu’elle n’était pas là pour simplement discuter. Mais cette fois, il était prêt à se défendre.
« Je te conseille de rester loin de ma vie, Rougui. Je ne veux pas de ton jeu. » Sa voix était ferme.
Mais Rougui, avec son sourire mystérieux, ne lâcha rien. « On verra bien. »