-QUOI ??? S’exclama mon amie complètement sonnée par la nouvelle que je viens de lui annoncer.
-et oui, je n’arrive pas à y croire. Dis-je sans vraiment y croire, au fait je n’arrive pas à croire à ce qui est en train de se produire.
Je n’ai rien dit au bureau, jusqu’à ce qu’on soit rentrées à la maison, j’ai tout racontée à Clary. Je lui ai racontée ce que je n’arrive toujours pas à croire.
-tu veux dire au Canada ? Toi ? Lui ? Seuls ? Au Canada ?
-oui, pour une interview assez importante selon lui.
-oui j’en ai entendu parler, sur une entreprise qui fait ses preuves à Toronto. C’est formidable Lucy, c’est une nouvelle opportunité pour toi.
Je hoche des épaules en me rappelant de la tête que j’ai faite quand il me l’a annoncé. Il ne manquait plus que ça, c’est vraie que c’est une opportunité en or pour moi, et surtout pour ma carrière. Mais avec lui, juste lui. Je ne sais pas si je réussirais à faire quoi que ce soit, je suis au point où j’aimerais y aller avec Gabriel, même si je regretterais les mots après, je trouve que c’est beaucoup mieux que Liam.
-oui, et j’espère faire mes preuves, et lui montrer que je suis une bonne journaliste, assez bonne, pour avoir un poste plus important au New-York Times.
-oui, tu vas tout déchirer, mais fais attention quand même.
Je lève un sourcil amusé vers mon amie qui semble stressée.
-n’aie pas peur, tout va bien se passer.
Vraiment ? Je crois vraiment à ce que je suis en train de dire ?
-je n’ai pas peur pour toi.
-quoi, c’est pour lui que tu as peur ? Dis-je avec ironie en levant malicieusement un sourcil.
-Hein ? Mais non, au fait, c’est pour la Canada que j’ai peur, tu vois, toi, lui, votre passé, et puis même moi je suis dans le coup. Dit-elle avec sarcasme avant de tourner les talons.
-comment ça t’es dans le coup ?
Elle se retourne en me regardant avec un air presque innocent, ou pas du tout innocent.
-oui tu sais, tu es ma meilleure amie, on doit tout se partager. Répond-elle avec un regard malicieux.
-c’est moi ? Ou tu parles carrément d’un plan à trois ?
-Bingo ! Tu veux te le taper !
-Pff, quoi ? Mais n’importe quoi ! Crie-je avec frustration en croisant les bras.
-c’est ça…et pour info, un plan à trois ça ne me dit rien, les mecs en costard ce n’est pas mon truc, je les trouve trop arrogant, et un peu trop soignés. Dit-elle.
-soignés ? C’est plutôt un compliment non ?
-Mouais, mais pas vraiment, je parle plus du superficiel, tu sais, le genre de mec « Yo, je suis le plus beau, et c’est moi le big boss ici ! ». Dit-elle en ajoutant un accent ridicule.
-Liam ne parle pas comme ça, et puis je ne le trouve pas si soigné que ça, ou superficiel, il est plutôt…
Je perds mes mots en me perdant dans mes pensées, je n’ai jamais trouvé Liam superficiel, c’est vrai que c’est un vrai con, mais c’est un con pas superficiel. Je dirais qu’il a un naturel sauvage, ou bien vif.
-plutôt ?
-intense, je dirais.
-intense ?
-oui, et un peu…fort…genre tu vois, il sait s’y prendre pour avoir le dernier mot, et parfois c’en est frustrant, même agaçant…Et il agit en connard, mais même dans cette situation, il sait s’y prendre pour ne pas se faire longtemps détester. Tu vois un peu ou je veux en venir ?
-Oh que oui, à la même conclusion du début, tu veux te le taper ! Crache-t-elle en quittant la pièce.
Je roule des yeux, décidément Clary ne changera jamais. Tant mieux, je l’aime comme ça, j’aime son côté drôle, et sa façon à elle de me faire oublier mes soucis.
Ensuite je me dirige vers la table en prenant mon téléphone, je consulte mes messages, rien de nouveau.
Mon corps vibre sous l’emprise du stress, et je ne sais pas vraiment comment, quelques jours avec Liam dans un autre pays n’est pas si impressionnant que cela, et pourtant mon esprit ne cesse de tout dramatiser. Je suis un être humain, et ma vie a été tellement catastrophique que je me sens obliger de tout dramatiser, comme si ça faisait partie de moi.
J’ai grandis dans un monde ou le repos n’existe pas, je suis tout le temps exposer à plusieurs chamboulement, comme si je me trouvais dans une bulle fictive devant un millier de spectateurs et que je n’avais aucun contrôle sur moi. C’est impressionnant les différentes émotions qu’un humain peut ressentir, le stress, la peur, la joie, le changement, tout le monde ressent ça, tout le monde explore chaque facette de ces émotions, pourtant personne ne sait les contrôler, je me sens comme une petite boule avalée par un monstre immense qui est ce monde. Et c’est pour ça que certaine personne boivent jusqu’à tomber ivre, conduisent jusqu’à frôler la mort, ou bien s’étouffer dans l’eau en retenant le plus longtemps leur respiration. C’est une façon pour eux de tester leurs limites, et se libérer rien qu’une seconde des émotions qui sont les véritables spectateurs de notre vie.
Je soupire en me versant un verre d’eau froid que je bois d’un trait au point de perdre ma respiration. Tester ses limites, ô que je connais très bien cette expression.
Et si Clary avait raison, et si j’avais envie de lui ? Non, impossible, enfin ce n’est pas si impossible que cela. Il y’a longtemps j’ai eu envie de lui, mais ça c’était Lena, oui Lena avait envie de lui.
La sonnerie de mon mobile me fait sortir de mes pensées, je prends l’appareil en réalisant que c’est un numéro inconnu, je fronce es sourcils puis je décide de répondre.
-Oui ? Allo !
-Mademoiselle Johnson…
Mon cœur bat cent à l’heure quand je reconnais cette voix. Il choisit bien son timing.
-Oh monsieur Parker…Qu’est-ce que je peux faire pour vous ?
-le voyage a été avancé, nous partons demain, mon chauffeur passera vous chercher à huit heures, e soyez pas en retard.
-Quoi ? Mais je…
-bonne nuit mademoiselle Johnson. Dit-il en mettant fin à l’appel.
Et voilà, voilà pourquoi j’utilise le terme connard, parce que c’est un vrai connard. Mon corps se remet à trembler, et ma tête se perd dans des pensées interminables. Et dire que je stressé de découvrir le Canada avec lui la semaine prochaine, maintenant c’est pour demain, je n’ai même pas assez de temps pour stresser comme il se doit.