85Shimon avait beau ramer de toutes ses forces, l’écart se creusait entre sa barque et celle de Mercurio. Les deux rameurs étaient trop rapides pour lui. Ce devaient être des professionnels, se dit-il avec angoisse. La chaleur de cet été de feu le faisait transpirer, brûlait ses poumons. Son cœur battait la chamade. Les dents serrées, il plongeait les rames dans l’eau immobile de la lagune. Shimon détestait de plus en plus cette ville. Tout y était plus difficile. Suivre quelqu’un sur l’eau était une entreprise impossible. Mais il ne pouvait pas se permettre de perdre Mercurio. Cela avait déjà failli arriver les jours précédents. Mercurio était sorti à l’improviste et n’était pas rentré dormir dans la maison de Mestre. Et Shimon était passé de l’euphorie de l’avoir retrouvé au désespoi

