Episode 6

2161 Words
Le docteur voyait une rage dans les yeux de la petite. Par peur de donner une mauvaise réputation de son centre à travers tout le pays, il dû céder à la doléance de Melissa en lui accordant quelques faveurs. -on va opérer ta mère dès demain matin, ne t’en fait pas. Elle va être sur pieds d’ici après demain matin. C’est après cela que vous pourrez payer si ça vous arrange. Personne ne comprenait ce changement brusque mais ce n’était que bonne chose. Melissa devint folle de joie. Melissa : orrr Docteur, merci beaucoup ! Vous êtes formidables, des avocats, je vous en donnerai. Elle courut annoncer la bonne nouvelle à sa mère, oubliant son nouvel ami. A son arrivé, celle-ci s’était levé du lit et faisait quelques marches dans la pièce. Melissa : je dis hein mama, tu fais quoi debout ? Pardon couche-toi ! Si tu tombes on va dire quoi ? Ma’a Martina : je suis fatigué de rester coucher. Je fais juste quelques pas de plus et je m’assois. Melissa : noo mama, je ne suis pas d’accord. Viens manger d’abord même. Papa est passé où ? Ma’a Martina : il a dit qu’il part emprunter de l’argent à un ami pour mes soins. Il est parti dès que tu es sorti Melissa : je suis certaine que tu as cru… Il s’ennuyait de rester ici avec toi. Il doit être dans un bar en train de finir le reste de bière dans les bouteilles que les gens ont laissé. Ma’a Martine : un homme que lorsque je l’épousais il brillait comme une étoile. Aujourd’hui il est néant. Je n’ai jamais compris ce qui lui était arrivé. Du jour au lendemain il avait changé. Melissa : est-ce que c’est même important de le comprendre ? Ce que je veux c’est que tu viennes te coucher ici. Si Fabrice te trouve debout comme ça hein… La maman vint s’asseoir près de sa fille et elles mangèrent ensemble. C’était le moment idéal pour annoncer la bonne nouvelle. Melissa : mama paye-moi je te dis Ma’a Martine : je vais te payer ma fille, pardon dis-moi d’abord Melissa : j’ai eu mon… Un rayon de bonheur égailla le visage de sa mère. Un chant au rythme de notre belle Afrique fit raisonner la chambre. Elle prit sa jeune enfant dans les bras et dansa avec elle. Il fallait un instant comme celui-là pour changer les ondes de l’atmosphère. Pendant qu’elles jubilaient, Fabrice entra tout en joie. Fabrice : toi la petite fille si, je suis tellement heureux de t’avoir comme sœur. Tu es mon retour en toute situation. Melissa : est-ce que je fais d’abord dans la dentelle ? Je suis la fille de ma mère ou je ne le suis pas ? Ma’a Martine : vous parlez encore de quoi ? Melissa : demain on va faire ton opération et d’ici après-demain tu iras beaucoup mieux. Ma’a Martine : vous avez trouvé l’argent où ? Melissa : on a fait tout ce qu’on pouvait faire pour toi et ça a marché. Fabrice : Melissa a parlé jusqu’à le docteur s’est senti petit Melissa : est-ce que c’est même un docteur là-bas ? C’est un homme sans cœur. Il a accepté pour une raison, j’en suis certaine. Pourvue que ça sauve maman. Le jour d’après l’opération avait véritablement eu lieu. La maman avait fait plus de quatre heures de temps dans le bloc opératoire. Assis à l’accueil, les trois enfants attendaient que les docteurs viennent leur annoncer le réveil de leur mère pour qu’ils puissent la voir. Seulement, de toute la journée, aucun médecin ne remarquait ce ne serai-ce que leur présence. Lasse d’attendre, Melissa suivit un docteur qu’elle avait vu aller vers le bureau. Sentant qu’il était suivi, il s’arrêta. Tu cherches quoi petite ? Melissa : on a opéré ma mère depuis onze heure. Sauf qu’il va bientôt faire nuit et nous n’avons aucune nouvelle d’elle. Pourquoi ? -il faut continuer d’attendre. Ne me suis plus Il avança, elle le suivit. De nouveau, il s’arrêta. Melissa : je veux juste savoir comment va ma mère. Pourquoi vous n’aimez pas avoir un peu de cœur comme ça ? Mettez-vous à notre place. Si c’était votre mère ? -le nom de ta mère c’est quoi ? Melissa : elle s’appelle Ma’a Martina -je vois de qui il s’agit, suis moi Melissa : je peux aller chercher mon frère ? -ne me perds pas le temps. Le docteur patienta quelques minutes. Elle courut chercher ses frères et ils allèrent tous les trois jusqu’à la salle ou Martine reprenait des forces. Elle s’était réveillée depuis une demi-heure et se souciait de n’avoir pas reçu de visite de ses enfants. Laissant les gamins à la porte, le docteur entra, l’examina et eu un sourire aux lèvres. L’opération avait été un succès. Il sortit et fit entrer les enfants en consignant de rester calme. Très hyperbolique, Melissa avait pris les dires du docteur au pied des mots. Même un simple sourire était considéré par elle comme un bruit. Elle avança à pas d’escargot jusqu’au chevet de sa mère. Celle-ci ne cessait de sourire malgré les petites douleurs qu’elle ressentait du fait de la diminution des effets de son anesthésie. Fabrice murmurait des petites chansons réconfortantes pour adoucir le cœur de sa mère. Cette victoire était à glorifier. Le tout petit qui comprenait à sa manière ce qui se passait marqua ses petits pas jusqu’à sa maman. Il répondait au petit nom de Junior. Junior : mama tu es guéri ? Ma’a Martine : je suis guéri mon bébé. Junior : j’ai mangé de biscuit chez la mère là Ma’a Martine : c’est bien ça, ma part est où ? Il gratta la tête et souri de honte. Il n’avait pas gardé sa maman. Ce moment d’émotion dura toute la nuit. Les trois enfants passèrent la nuit dans cette même pièce. Coucher par terre, suivant plus que les docteurs l’évolution de la santé de leur mère. Paul n’avait pas mis un seul pied à l’hôpital. Il était dans un coin de rue à faire la fête avec certains vieux du quartier. Au petit matin, la maman avait émis le gaz que le docteur attendait. Elle pouvait de ce fait manger. Melissa avait encore les sous en poches. Elle courut au coin de la rue prendre divers délices. Sans se mettre en position de gaspillage, elle s’assura de faire plaisir au palais de sa mère. Pendant qu’elle sortait d’une boulangerie qu’elle avait aperçu, elle tomba à nouveau sur son tigre du marché. -ma tigresse ! Melissa : décidément tu es partout -je marche et puis je tombe sur toi. C’est le destin. Je m’appelle Justin et je t’aime déjà beaucoup Melissa : et ça fait quoi ? On mange ça ? Justin : tu as la rage ma mère. Le chien t’a mordu à ta naissance ? Elle éclata de rire et fut prise de sympathie pour son nouvel ami. Une sympathie qui au fil du temps devint un sentiment immense. Martine avait fait trois jours de plus à l’hôpital et était prête pour rentrer chez elle. Sa santé s’améliorait de plus en plus, la forme de jeunesse qu’elle avait autre fois refaisait surface. Les médicaments qu’elle avait reçus du docteur étaient pour une durée d’un an à raison d’un comprimé par jour. Elle s’assurait de bien suivre son traitement et son régime alimentaire. Leur situation économique avançait lentement pendant ces cinq années qui s’étaient écroulées. Néanmoins, l’harmonie régnait dans la famille. Même si leur père n’avait pas changé, il n’était plus désagréable à la maison. L’influence de sa fille qui avait déjà vingt ans d’âge était sa phobie. Le petit junior avait hérité de l’intelligence de son grand frère et avançait à pas de géant dans les études. Les grades de Fabrice avaient grimpé dans ce bar où il travaillait sauf que depuis peu, les choses tournaient au vinaigre. Leur petite maisonnette avait reçu plusieurs modifications. Un véritable lit y était désormais, de meilleure meubles et un téléviseur. Les atouts physiques de Melissa s’étaient performés. Elle savait se mettre en valeur même si c’était pour aller vendre ses avocats. Ne marchant plus dans tout le marché, elle s’était procuré un stand où les avocats étaient de toute qualité et tout cela grâce à Justin en partie. Ces cinq années avaient suffi pour qu’il devienne l’élu de son cœur. Ce lundi soir, elle avait quelques maux de tête et avait décidé de rentrer un peu plus tôt. Ses moyens lui permettaient désormais d’emprunter une moto pour limiter les risques de la marche à pieds. Pendant qu’elle attendait la moto, elle sentit la fameuse main d’il y’a cinq ans se poser sur son épaule. Melissa : je t’ai déjà dit de ne pas m’arrêter comme ça. Tu penses toujours que je suis ton égal. Je ne suis pas d’humeur Justin : tu as encore quoi ? Chaque jour tu n’es pas d’humeur Melissa : ma famille… Justin : tu vas mourir pour ta famille ? Chaque jour ? Voilà même ton grand frère qui s’est trouvé une jolie copine. Tu vas vieillir chez vous ? Ta mère va mieux, elle se bat même déjà à vendre devant la maison de manière à pouvoir manger. Tu veux encore quoi ? Melissa : tu ne sais pas de quoi tu parles. Là-où je suis-je risque perdre mon stand au marché à cause des impôts. Mon frère est dans les problèmes au service. Tout allait bien mais maintenant la mise risque changer. Ma vie n’est pas simple comme tu le pense. Justin : bon, j’ai un petit truc dont on m’a parlé récemment. C’est un moyen rapide et simple de quitter le pays et d’aller se chercher en occident. Je compte partir dans la prochaine vague et si tu veux bien on ira ensemble. Melissa : les trucs que les gens partent mourir au désert là ? Je ne veux pas pardon il faut laisser ça. Justin : ne pense pas au malheur. Tu es une fille forte. Imagine que ça marche, toi et moi on aura une vie de rêve. Beaucoup s’en sorte avec ça. J’en connais qui sont partis et son revenu plein aux as. Réfléchit s’il te plait. Elle stoppa sa moto et s’en alla, le laissant dans la rue tout seule. A son arrivé à la maison, Aline, la petite copine de son frère était là et faisait la cuisine avec Martine. Melissa qui avait de violents maux de tête alla se coucher sans saluer personne. Au lieu de s’endormir, elle pensait à ce que venait de dire Justin. Peut-être fallait-il qu’elle pense un peu plus à elle ? Un bref sommeil l’emporta, suffisamment pour faire passer son mal. Lorsqu’elle se réveilla, tous étaient assis et mangeaient. Melissa : c’est quoi que vous mangez en faisant les bruits comme ça ? Vous ne savez pas qu’il y’a une manière de bien mâcher la nourriture ? Vous m’avez même réveillé. Fabrice : donc tu dors jusqu’à tu te réveilles et c’est à nous la faute Elle descendit du lit. Alla dans la marmite et se servit à volonté. Il n’y avait plus de soucis de nourriture dans leur maison. Pendant qu’elle mangeait, elle remarqua le regard perdu de son frère. Ses menaces d’être viré de son service n’étaient pas à négliger. Lorsque Martine, Aline et Junior furent concentré sur la télé, Melissa alla discrètement avec son frère à l’extérieur. Melissa : pourquoi tu fais cette tête ? Il y’a eu quoi aujourd’hui ? Fabrice : je ne sais pas comment on va faire. Tout marchait à merveille mais là je suis perdu. Ce qu’on me demande de faire pour maintenir mon poste ou pour augmenter mon salaire dépasse tout ce que je pouvais imaginer. Melissa : et si tu refuses ? Fabrice : je perds le poste. Si je me retrouve sans travail on va encore devenir comme avant. Les économies que j’avais mis de côté, on a acheté les trucs pour la maison et on a lancé ton commerce avec. Il ne reste plus que quelques sous. Melissa : on te demande de faire quoi au juste ? Fabrice : le patron est un grand vendeur de d****e en ville. Ils veulent que j’intègre le réseau. Ça paie beaucoup mais les risques de finir en prison sont tellement immenses. Melissa : nous avons toujours été intègres, honnêtes. Malgré notre situation on a su rester debout jusqu’à maintenant. Toi-même tu sais que tu ne dois pas accepter une telle condition. Mis à part le risque de finir en prison, tu peux même mourir. Fabrice : on va donc faire comment ? Même les impôts risquent te faire perdre ton petit commerce. En ce moment, elle ne pensait plus qu’à ce que Justin avait dit plus tôt. Elle se sentait capable d’engager ce voyage sans savoir qu’il était périssable, infernal mais surtout romantique. Pouvait-on lui en vouloir ?
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