— Salut, Pierrot ! — Salut, Juju ! Juliette était la seule parmi les employées de l’entreprise viticole à appeler ainsi Pierre, le fils du patron. Il était 18 heures et la sonnerie qui annonçait la fin de la journée de travail venait de retentir. Les deux jeunes gens s’étaient croisés en franchissant le lourd portail de bois qui délimitait l’enceinte de la vieille exploitation familiale. La jeune femme arborait le grand sourire qui la quittait rarement et qui découvrait ses jolies dents blanches, alors que Pierre avançait l’air sombre et la tête dans les épaules. — Oh ! toi, tu t’attends à une bonne remontée de bretelles ! lui lança Juliette en riant et en se dirigeant vers sa vieille 4L hors d’âge, la carrosserie s’était mal remise d’une averse de grêle deux ans auparavant. Tu aurais a

