XLe moteur se tut dans un dernier râle et la moto termina sa course au ralenti. Amédée était plus ému qu’il ne l’aurait imaginé en retrouvant cette terre qui était désormais un peu la sienne, puisqu’il avait paraphé l’acte d’achat chez maître Bonichon. Pour savourer l’instant présent, il préféra remettre à plus tard ses retrouvailles avec la Ribière et s’arrêta au bord du Taurion où il profita de l’hospitalité d’un talus. À ses pieds, l’herbe rabougrie disparaissait sous la crosse de quelques fougères qui peinaient à s’élever. Ici et là, des amas de feuilles mortes rassemblées par le vent achevaient de se décomposer avant d’être recouverts lors du prochain dépouillement automnal. Par endroits, la mousse suivait le sillon d’une branche morte et formait une oasis vert tendre. Plus bas, la r

