Je referme la porte de la maison sans bruit, comme à mon habitude. Les gonds ont été huilés. Rien ne doit la réveiller. Le matin ici a quelque chose d’irréel. Le silence est plus dense qu’ailleurs. Il n’y a pas de voitures. Pas de voix. Juste le chant étouffé des oiseaux et le craquement discret des branches, là, au fond du bois. C’est comme si tout le monde retenait son souffle. Moi aussi. Je glisse mes mains dans les poches de mon manteau. L’air est frais. Humide. Il me mord doucement le visage, et j’accueille cette morsure comme une punition bienvenue. Ça fait une plusieurs jours. Plusieurs jours qu'elle s'est réveillée, que je l’observe, que je la teste, que je note chaque réaction, chaque tremblement dans sa voix, chaque battement irrégulier dans son regard. Elle joue bien... ou e

