Le lendemain, au manoir, dans une aile du rez-de-chaussée, Diana arrose sa plante verte en grommelant :
"Je t’en foutrais, des surprises, moi ! C’est quand même fou qu’il arrive pile au moment où je veux aller dans son bureau ! Tu crois qu’il sait… ?!"
Son garde du corps hausse les épaules.
" Non… il ne doit pas savoir. Ses hommes sont persuadés que vous vous occupez des gosses et de l’écologie avec Khaïs. Ils le vannent assez avec ses trucs d’écolos…
— Hum… bon. Quelque chose me perturbe dans ce bureau.
— Encore… ?
— La disposition n’est pas ergonomique. Tu ne voudrais pas que ta patronne se casse l’orteil en se cognant contre un pied de bureau, si ?
— Non, mademoiselle…
— Alors hop. Bouge le bureau là-bas."
Il retient un soupir. Le meuble pesait une tonne. Et Diana bougeait les meubles toutes les semaines.
" Ça va, là ?
— Plus à droite… et le meuble, là-bas."
Attiré par le vacarme, Victor passe la porte.
" Mon ange ? Je peux savoir ce qu’il se passe ici ?
— Ben… j’organise mon bureau.
— Ton bureau ? Tu ne veux plus de celui à côté du mien ?
— Si. C’est toujours mon bureau… mais c’est mon bureau pour vos affaires. Celui-là, c’est mon bureau pour mon affaire.
— Et… tu comptes avoir un bureau pour chaque affaire que tu lanceras ?
— Pourquoi pas ? Le manoir est assez grand. Vous êtes occupé, là ?
— J’allais partir. Pourquoi ?
— Parce que ce meuble-ci est très lourd… il va avoir besoin d’aide."
Elle lui adresse un sourire adorable. Il retire sa veste.
"Très bien. Juste ce meuble, alors.
— Merci, père."
Après avoir déplacé le meuble dans toute la pièce, Victor l’interroge :
" Pourquoi as-tu besoin de deux bureaux… si loin l’un de l’autre ?
— Pour bien séparer vos affaires des miennes. Je n’aime pas mélanger les dossiers, et je serai amenée à recevoir des gens ici. C’est plus pratique que de leur faire traverser tout le manoir.
— En effet.
— D’ailleurs, j’ai la classe de Liam dans trois heures. Vous voulez venir voir comment ça se passe ?
— Peut-être que je passerai, oui. Je suis curieux de voir ce que donne ton… entreprise.
— Promettez-moi de ne rien dire. Aucun commentaire sur l’écologie.
— Ce n’est pas mon genre. Très jolie jupe, d’ailleurs… c’est du chanvre ?
— Non. Du lin et du coton. Pourquoi ? Elle ne me va pas ? Elle fait trop hippie pour vous ?
— Elle te va très bien. Je dirais qu’elle te donne un air de bobo parisienne.
— M’insulter dans mon bureau, devant mon garde du corps… ce n’est pas très prudent."
Il regarde son demi-frère de haut en bas.
"Il y a du mieux."
Il embrasse sa fille adoptive.
"Je passerai. Je ne te verrai donc pas au poste aujourd’hui ?
— Non. Vous avez mon nouveau planning dans votre boîte mail. Et puis… vous allez avoir du travail ces prochains jours, avec votre reprise au poste."
Elle dépose un b****r sur sa joue.
" Rassurez-vous, je compte bien venir toujours vous agacer régulièrement en entrant sans frapper dans votre bureau.
— J’espère bien. Sinon, c’est moi qui viendrai."
Il jette un dernier regard à la pièce.
" Je ne l’aurais pas mis là, le bureau. Tu vas manquer de lumière. À ta place, je le bougerais."
Il fait un clin d’œil à Guillaume, qui le fusille du regard, et s’en va en souriant.
Diana soupire.
"Il n’a pas tort…"
Son beau-frère sourit, un peu crispé, et obéit.
Lynx les rejoint.
" Salut, patronne. Guillaume… les gosses ne vont pas tarder. J’ai sorti les deux poneys. Caramiel est en forme.
— Parfait. Nous ferons donc trois groupes : un pour les poneys avec Henry, un avec les lapins et cochons d’Inde, et un pour la promenade dans la forêt. Je sais que ce sera tentant, mais c’est interdit d’en perdre un dans la forêt.
— T’inquiète, Renarde. Tout va bien se passer. Je peux avoir Liam dans mon groupe ? C’est le plus sage.
— Tu auras Jules aussi, alors. Et sa mère.
— Ha… heu… bof, du coup. Je te le laisse.
— Trop tard.
— Guillaume, comme d’habitude, tu t’occupes de faire le tour des groupes pour être en renfort et gérer les pipis, les bobos…
— Oui, mademoiselle.
— Tu as trouvé ce que je t’ai demandé sur la mère de Jules ?
— Oui… vous aviez raison."
Il lui tend une pochette.
"Tout est là.
— Parfait. À mon tour de la juger. Je ne vais pas la rater si elle ose encore me critiquer. Et sur la mère de Clara ?
— Inscrite sur un site de rencontre. Devinez avec qui elle a couché il y a quelques mois en se prétendant célibataire…
— Au pif… Alex ?
— Il s’en souvient très bien. Et plusieurs papas se sont vantés entre eux d’avoir couché avec elle… ou d’avoir reçu des avances.
— Et c’est moi l’allumette…"
Khaïs s’étonne.
" L’allumette ?
— C’est sa fille qui a dit ça à Liam. J’imagine que ça voulait dire allumeuse.
— Ah… en effet.
— Gardons ça sous le coude pour l’instant. Je ne suis pas mon père. Je n’utilise mes bottes secrètes que si j’ai une bonne raison. Et je ne vais certainement pas les humilier devant leurs enfants. Venez. Allons-y."
Elle ferme son bureau à double tour et active l’alarme.
Quand les enfants arrivent, Diana remarque aussitôt qu’ils assaillent son fils de questions. Elle les fait s’asseoir en cercle et parvient à obtenir le silence.
" Bonjour, les enfants."
Ils lui répondent en chœur.
" je crois que vous avez beaucoup de questions. Je vous promets d’y répondre à toutes… mais pour commencer, est-ce que vous savez qui je suis ?
— La maman de Liam !
— Exactement. Je m’appelle Diana, je suis la maman de Liam, et aujourd’hui je vais vous apprendre plein de choses, avec l’aide de Guillaume, Khaïs et Henry."
Fenrir aboie doucement avant de s’asseoir à ses pieds.
" Et voici Fenrir. Ne vous inquiétez pas, il ne viendra vers vous que si vous en avez envie."
Un garçon lève la main.
" Madame ? C’est vous, la dame sur les bouteilles de vin dans les magasins ?
— Heu… oui, en effet.
— Mon papa, il dit que vous êtes trop bonne. Il en achète tout le temps !"
La mère, accompagnatrice, rougit et l’interrompt aussitôt.
" Enfin ! Ne dis pas n’importe quoi ! Il voulait dire que le vin est bon… pas vous !
— Oui, j’avais compris, rassurez-vous. Tu diras merci à ton papa pour le… compliment.
— Et comment on fait du vin ?
— Avec du raisin. Mais dites-moi… est-ce que vous savez où on est, ici ?
— Chez Liam !!
— Pas tout à fait. Nous sommes dans le parc d’un manoir."
Une fillette lève la main.
" Mais c’est chez le papy de Liam ? Et Liam, il vit ici ?
— Oui, Liam vit ici… mais pas dans le manoir. Notre maison est beaucoup plus petite. Et ce manoir appartient à son papy adoptif, qui est commissaire de police. Lui et sa femme nous ont autorisés à découvrir le parc, parce qu’il y a beaucoup d’animaux."
[…]
La journée se déroule sans encombre. En fin d’après-midi, Diana observe discrètement la mère de Jules, son ex mari, n'était autre qu'Aurélien, Jules était de ce fait, le neveu de William, Victor, Daniel, Guillaume... et des autres... elle finit par s’approcher.
" Excusez-moi…
— Oui ?
— Jules aimerait beaucoup passer plus de temps avec Liam. Chez moi, ce n’est pas très pratique…
— Eh bien… peut-être qu’il pourrait venir un après-midi ?
— Je pensais plutôt à une soirée pyjama.
— Il faudrait que j’en parle avec son père. Avec sa prothèse, c’est parfois un peu particulier… et il y a aussi notre fille.
— Jules m’en parle souvent. Il dit que c'est comme un super-héros.
— Je vous tiens au courant."
Après avoir reçu une pluie de câlins, Diana soupire de soulagement, tout comme Khaïs et Guillaume. Liam, lui, enlace Fenrir. Inutile de le ramener à l’école : il bâille à répétition et, le temps que sa mère se retourne, s’est déjà endormi contre le chien.
" Oh… mon tout petit… Il n’en pouvait plus des questions sur le manoir, le pauvre."
Elle se tourne vers Guillaume.
" On le ramène dans mon bureau. Je vais le coucher là-bas. Fenrir, debout."
Le chien obéit et les suit jusqu’au bureau du rez-de-chaussée. Diana chuchote :
" Lynx, tu surveilles mes mails ? J’attends un message de Charles pour un nouveau client. Guillaume, tu as trouvé quelque chose sur le type du dîner ?
— Oui, mademoiselle."
Fenrir se couche aux pieds de son jeune maître. Leurs respirations se synchronisent bientôt.
Guillaume fait écouter un extrait de l’enregistrement.
" Il prétend avoir toujours été clean… sauf que j’ai retrouvé un jugement pour emplois fictifs.
— J’en parlerai à Victor. Beau travail. Lynx ? On a une nouvelle affaire ?
— Oui. Une demande de divorce compliqué. Madame cherche des preuves d’infidélité pour éviter un scandale.
— Ça ne devrait pas être compliqué… Monsieur Grandjean ? Je le connais. J’ai peut-être une idée. Je vous expliquerai demain. Lynx,? tu peux surveiller Liam pendant que je vais chercher Angelina avec Guillaume ?
— T’inquiète."
Ils récupèrent Angelina, débordante d’énergie. Diana la confie à Guillaume.
" Prends-la, s’il te plaît… j’ai peur de la lâcher."
La petite le fixe, défiant. Guillaume soupire, sort discrètement un gâteau de sa poche et murmure :
"Sois discrète.
— NAN !"
Elle engloutit le gâteau en riant.
Ils rentrent au manoir. Liam se réveille dans les bras de Catherine, Diana congédie Guillaume.
" Prends ta soirée. Sept heures demain."
Angelina se débat déjà pour rejoindre Duchesse, qui file aussitôt : la fillette était bien trop brusque pour ses poils délicats.Pendant ce temps, au commissariat, Victor remerciait Luc.
" Tu as fait un travail formidable. Et je suis vraiment soulagé des progrès de William.
— Tu avais raison, il a ce qu’il faut pour monter très haut. Décidément, être flic, c’est dans les gènes chez vous.
— Simple hasard.
— Ton fils aussi pourrait aller loin.
— S’il devient lieutenant, ce sera un miracle. Il est très différent de moi. Et… comment ça s’est passé avec Diana ?
— Très bien. Elle est adorable. Elle m’a beaucoup aidé à m’y retrouver dans ton bazar.
— Ça ne m’étonne pas… à force de fouiner.
— Oh, elle n’a absolument pas fouiné avec moi. C’est une jeune femme très intelligente, débrouillarde. Elle travaille énormément."
Victor hésite.
" Aucun souci, tu es sûr ? Elle n’a pas eu d’ennuis ?
— Non, je t’assure. Je sais que tu étais inquiet, mais Diana n’a eu aucun problème. C’est un vrai rayon de soleil. Qu’est-ce qui t’inquiète, au juste ?
— Je ne sais pas… comme tu le sais, elle a traversé des périodes difficiles.
— Oui. Le stress post-traumatique, l’amnésie… mais elle a l’air d’aller bien, non ?
— Elle allait bien aussi avant de partir à cheval en pleine nuit…
— Tu as peur que la mort des deux autres la fasse replonger ?
— Oui. J’ai peur qu’elle se remette en danger. Elle a l’air si… parfaite. J’ai l’impression qu’elle cache quelque chose.
— Si ça peut te rassurer, elle a vu plusieurs fois son psychiatre. Et tout va très bien avec William, sur tous les plans.
— Avec son autisme, elle ne se rend pas toujours compte de son état…
— Je pense que tu devrais lui faire confiance. Son QI est aussi impressionnant que celui de William, et elle veut vraiment vous rendre fiers. Et puis, elle est très occupée : le mariage, les enfants…
— Je lui fais confiance… enfin, j’essaie.
— Et ta fameuse thérapie, alors ?
— Très bien. Mais les conseils sont plus difficiles à appliquer dans la vraie vie. Cela dit… je tiens le coup. Je n’ai pas réinstallé le logiciel espion sur son téléphone.
— Vraiment ?
— Absolument.
— Elle est formidable, cette fille. Ne gâche pas tout. Je ne t’ai jamais vu, ni Catherine d’ailleurs, aussi comblés. Être père te réussit. Même avec ton fils, vous avez une relation sympa.
— Moui… tu restes encore quelques jours ?
— Le temps de débriefer les affaires de ton absence et celles en cours.
— Tu peux rester à la villa autant que tu veux. Tu dînes avec nous ce soir ?
— Je vais vous laisser en famille. Je dois appeler Véronique.
— Dommage qu’elle n’ait pas voulu venir. La solitude ne t’a pas trop pesé ?
— J’ai eu une compagnie très charmante, ne t’inquiète pas."
Victor rit.
" J’imagine. D’ailleurs… William n’a pas eu trop de succès ?
— Ta fille sait remettre les gens à leur place. Le nombre de fois où son frère est venu se plaindre qu’ils se « culbutaient » dans le bureau du capitaine… Il est très protecteur. Comme ton ami, d’ailleurs.
— Charles ?
— Oui. Et c’est un avocat redoutable.
— L’un des meilleurs."
Après avoir encore discuté avec Luc, Victor passe voir son ami. La secrétaire le fait patienter avec un café, puis, un quart d’heure plus tard, Maître Verniers le reçoit.
" Content d’apprendre que vous êtes rentrés plus tôt. J’espère que tu m’as ramené un souvenir.
— C’est Catherine qui s’occupe de ce genre de conneries.
— Une vodka ?
— J’ai déjà pris un café, je ne voudrais pas abuser."
Son sourire moqueur ne le quitte pas lorsqu’il s’assoit. L’avocat lui sert tout de même un verre.
" Alors ? Tu me manquais trop ou tu viens vérifier que j’ai bien veillé sur ma petite sœur ?
— C’est bien réel, sa connerie d’animation nature ?
— Ah oui… même pas un « comment tu vas » ?
— Tu es debout, sur deux jambes. Je vois que tu vas bien. À part peut-être dans ton couple, mais comme tu sors avec mon fils, je préfère ne rien savoir.
— Rassure-toi, c’est bien réel. Et loin d’être une connerie. Grâce à l’association qu’elle a fondée, elle reçoit des financements de particuliers et de collectivités. Ça permet de financer des sorties pour des enfants qui n’ont parfois jamais vu un poney de leur vie.
Pour l’instant, elle cible les écoles et l’ASE. Elle veut ensuite s’ouvrir aux IME, aux EHPAD, pour de la médiation animale. Elle ne fait pas de bénéfices : c’est une association. L’argent sert à payer Guillaume, Henry, Khaïs, la nounou quand il faut, et un peu elle-même."
Victor grimace.
" Donc… une connerie.
— Tout le monde n’est pas comme toi. Et elle peut peser, Victor. Imagine l’image pour toi, pour la famille : une fille engagée dans l’environnement. Face au maire, par exemple. Souviens-toi du scandale de la rivière. Si Diana et son asso avaient existé à l’époque, tu n’aurais pas traîné cette réputation de bourgeois pollueur méprisant.
— Tu es vraiment un bon avocat. Je suis presque convaincu.
— Tout est parfaitement légal. Tu veux voir les statuts ?
— Non, ça va. Je te fais confiance.
— Alors qu’est-ce qui te dérange ?
— Rien.
— Je te connais. Crache le morceau.
— Elle m’inquiète.
— Pourquoi ? Elle s’en sort très bien. Je le sais, je suis même son associé… de loin. C’était surtout pour la rassurer.
— Parce qu’elle est trop parfaite.
— Toutes les filles ne le sont-elles pas aux yeux de leur père ?
— Tu trouves normal qu’elle soit habillée comme une hippie à expliquer à des gosses les espèces d’oiseaux ?
— Ce sont ses tenues, le problème ?
— C’est tout ! Elle est trop souriante, trop radieuse, trop calme !
— Diana, calme ? On ne parle pas de la même. Elle était très nerveuse au lancement de l’association. Elle commence juste à se détendre.
— Elle est trop heureuse, pour quelqu’un qui a vécu des choses aussi horribles il y a quelques mois !
— Victor… tu étais parti quatre mois. Tu crois qu’elle n’a pas pleuré ? Elle a même pris des anxiolytiques. Mais elle n’a pas replongé comme la dernière fois. Au fond, ces morts l’ont soulagée. Elle se projette : William, le mariage, les enfants, vos affaires. Elle va bien. Et elle fait tout pour. Alors ne la perturbe pas en lui faisant croire qu’elle devrait aller moins bien."
Victor s’enfonce dans le fauteuil, bras croisés.
" Quelque chose ne va pas. Elle va faire quelque chose.
— Ce qui ne va pas, c’est que tu n’acceptes pas qu’elle n’ait plus besoin de toi. Ta thérapie a été efficace, visiblement…
— Oh, ça va.
— Je n’aurais jamais laissé Roussy faire quoi que ce soit de dangereux. Je ne suis pas aussi irresponsable que Simon.
— Il lui a refait faire des infiltrations ?
— Je n’ai pas dit ça. Je dis juste qu’on est différents.
— Je devrais lui parler. Être sûr qu’il ne l’a pas entraînée dans des histoires.
— Bonne idée. Comme ça, tu arrêteras de me prendre la tête.
— C’est ma fille. J’ai le droit de m’inquiéter. Avant, j’avais peur de la perdre. Depuis la thérapie, c’est pire. J’angoisse pour tout. Même l’idée qu’elle se coupe avec une feuille est insupportable. Avant, j’étais jaloux. Maintenant, je suis terrorisé qu’on lui fasse du mal.
— Alors protège-la autrement. En lui montrant que tu es digne de confiance. Pas en l’espionnant ou en cherchant absolument un problème. Et arrête de critiquer ses tenues. Je préfère ses jupes longues à ses robes moulantes.
— C’est du coton. Et je préfère quand elle met des robes de soirée.
— J’ai du mal à te suivre. Tu as peur qu’elle attire les pervers, mais tu veux qu’elle soit désirable…
— Je veux qu’elle se sente belle.
— Ou juste que ce soit plus pratique pour enseigner les oiseaux aux enfants.
— Tu dînes ce soir ?
— Catherine m’a déjà invité.
— Ah… je vois. Ami indigne.
— Très. Comme d’habitude, je vais me plaindre de toi à Catherine, et elle s’excusera pour toi.
— Tu n’es plus fidèle ?"
Victor soupire.
" Vas-y. Parle. Je vais essayer d’oublier qui est ton partenaire.
— Il ne peut pas s’empêcher de draguer.
— Et toi, tu envisages de recoucher avec Catherine tout en faisant payer tes clients pauvres par des riches donatrices…"
L’avocat soupire.
" Ce n’est pas pareil.
— C’est toujours pareil entre vous. Vous vous aimez, mais vous n’assumez pas.
— Dans notre milieu, ce n’est pas simple.
— Daniel y arrive bien.
— Daniel n’en fait plus partie depuis que ton père l’a déshérité.
— Les gens s’y feront. Tu es mon meilleur ami, ton compagnon est mon fils. Ils auront trop peur pour parler.
— Je ne sais pas…
— Avoue surtout que mon fils est pénible.
— Il prend tout à la légère. Et il veut peut être des enfants. Moi, non.
— Tu n’en veux pas ?
— Je ne suis pas le seul à avoir eu un père qui m’en a dégoûté.
— Mais tu aimes les enfants, sinon tu ne les défendrais pas au tribunal.
— Peut-être… et puis il y a l’écart d’âge.
— Pas plus que Diana et William. D’ailleurs, ta mère voyait William comme un pervers. Est-ce qu’elle te voit pareil ?
— Elle n’est pas au courant.
— Ce n’est pas vrai…"
Il soupire et reprend un verre.
" Trouvez-vous deux gentilles filles pour jouer les petites amies."
Plus tard dans la soirée, apres qu'ils aient dinés tous ensemble. Diana embrasse ses enfants et laisse William et Alex allaient les coucher dans leur chambre au manoir. Charly discute avec Catherine, et Victor était au télèphone.. c'était surement l'occasion d'aller chercher des renseignements dans son bureau.. surtout pour Grosjean.. Le commissaire organisait regulierement des soirées particulieres.. orgies et alcool.. en plus de ses boites libertines.. il s'en servait surtout pour recolter des images compremettantes qui pouvait lui être utile à l'occasion.. tout ça, était gardé dans un coffre.. elle avait mis des mois à trouver le code et la clef.. ça lui serait trés utile pour ses affaires d'adulteres... Elle se lêve discretement..