Disputes

4790 Words
Jeff garde la voix basse, enveloppante. Diana inspire lentement… et replonge. Victor reste en retrait, sceptique, un verre à la main. Il n’intervient pas. Il écoute. " Vous marchez en poussant le fauteuil roulant… Ça devait être lourd ? — Un peu… "répond-elle après un silence. Sa voix est plus lointaine : " Il y avait des graviers… les roues accrochaient parfois. — Et être dehors… c’était agréable ? Il faisait beau ?" Les lèvres de Diana esquissent un sourire fragile, les yeux clos. " Oui… il y avait du soleil." Elle fronce légèrement les sourcils. " Et du vent… juste assez pour soulever mes cheveux. — Vous avez vu le commissaire ? — Non… il était trop loin. — Très bien. Vous entrez maintenant dans le local poubelle. Décrivez-moi l’endroit." Son sourire disparaît. "C’est sombre…" Elle déglutit. "La lumière ne marche pas. Il n’y a que la petite fenêtre… tout en haut. — Il fait froid à l’intérieur ? — Oui… pas glacé… mais…" Elle frissonne. " Comme une humidité qui colle à la peau. — Qu’est-ce qui vous marque en premier ? Un bruit ? Une odeur ?" Sa main se crispe dans celle de William. " L’odeur." Le capitaine resserre doucement ses doigts autour des siens, sans intervenir.. Jeff continue : " Une odeur comment ? — Horrible…" Sa voix tremble à peine. " Bien pire que des ordures." Elle inspire plus vite. " Comme… de la viande avariée. Quelque chose de trop ancien… de trop longtemps enfermé. — Je comprends." Jeff laisse passer une respiration. "Vous voulez jeter la canette. Est-ce qu’il y a du bruit ? — J’entends des voix… Victor… Guillaume…" Elle hésite. " Et… un grattement. Léger. Répété. — Vous vous en occupez ? — Non… je veux juste partir. — Très bien. Respirez." La voix de Jeff se fait plus lente. " Quand vous serez prête, vous ouvrez le capot. Vous mettez l’image sur pause… et vous décrivez exactement ce que vous voyez." Un signe de tête imperceptible. " Le capot s’ouvre. Il est lourd ? — Oui…" Elle se souvient d'avoir forcé légèrement sur ses bras et aussitôt, ses bras deviennent plus lourd... elle déglutit avant d'enchaîner : " Il grince. — Le rat surgit. Décrivez-le." Le visage de Diana se crispe. " Il est… énorme." Sa respiration s’accélère. " Gris foncé. Sale." Elle grimace. " Sa queue… longue… épaisse… comme un gros ver de terre… elle traîne dans les déchets. — Mettez sur pause." Jeff intervient aussitôt. " Il ne peut pas vous faire de mal. Vous savez que les rats ne sautent pas sur les gens. — Oui… je sais… — Regardez maintenant la scène de l’extérieur." Sa voix se fait presque chuchotée. "Comme si vous sortiez de votre corps. Que voyez-vous ? — Moi…" Un souffle amer. " J’ai une tête affreuse." Elle grimace. " Le rat aussi… il est maigre… rachitique…" Un silence. " Il devait avoir faim. — Il tient quelque chose ?" Le silence s’étire, lourd. " Oui…" la voix de la jeune femme baisse encore. " Quelque chose de pâle…" William sent sa main trembler... Le garde du corps l'encourage : " Continuez... il ne peut rien vous faire.. il est immobilisé — Il tient…" Elle déglutit difficilement. " Un doigt humain." Victor redresse la tête. Son homme de main continue : " Mais… ? Remettez sur play, juste une seconde, pour changer d'angle." Jeff garde le contrôle. " Y a-t-il un bruit, une odeur, quelque chose qui attire votre attention ? — Je…" Elle plisse les yeux. " Je vois mal." Un froncement, une grimace... elle se souvient : " La lumière de la fenêtre m’éblouit…" Elle hésite. " Il y a comme… quelque chose de lumineux devant. — Un reflet ? — Oui. — Ça cache le doigt ? — En partie…" Elle marque un temps. "Plutôt vers le milieu. — Vous voyez quelque chose de précis ? — L’ongle…" Sa voix se brise légèrement. " Il y avait du vernis." Un silence glacé s’abat dans la pièce. " Très bien Mademoiselle... prenez le temps de respirer.." Jeff reprend doucement. " remettez sur play, et regardez le rat partir. Il ne vous fait aucun mal. Il quitte la pièce rapidement. Vous refermez le couvercle. L’odeur est encore forte… mais un courant d’air frais passe." Il marque une pause. " Vous ouvrez la porte. Vous respirez profondément. Vous êtes avec votre compagnon." Sa voix se fait plus ferme. " Et quand vous serez prête… vous ouvrirez les yeux." Ils patientent quelques secondes. Quand Diana ouvre enfin les yeux, William lui sourit aussitôt. "Hello, Foxy…" Elle lui rend un sourire, plus fragile. " Je suis désolée… je pensais me souvenir de quelque chose…" Elle tourne la tête vers Jeff. " Je crois que c’était une perte de temps." Jeff échange un regard avec Victor. " Non… je ne pense pas." Victor hoche lentement la tête. "Jeff a raison, mon ange. Ça n’a pas servi à rien." Diana se redresse légèrement. "Vous croyez ?!" Blake comprend aussitôt. " Le reflet sur le doigt… c’est à ça que vous pensez ?" Jeff acquiesce. " Oui. Ça pourrait être une bague. — On n’a trouvé aucune trace de mariage," reprend Blake : " mais elle aurait très bien pu être fiancée." Il réfléchit déjà. "Peut-être qu’on devrait faire le tour des bijouteries." Diana se lève, un peu vacillante, et prend le verre d’eau que lui tend le commissaire. "Merci… mais… vous croyez que c’est un vrai souvenir ?" Elle hésite. "Et si je vous mets sur une fausse piste… ? — Ça se vérifie, répond Victor calmement." Il pose un b****r sur son front. " Et puis, de toute façon, on n’avance pas. L’important, c’est que ce rat ne vienne plus t’embêter." Blake sort déjà son téléphone. " Je vais envoyer un message à Simon. Il ne doit pas encore dormir." Diana se tourne vers Jeff et l’embrasse rapidement sur la joue. " Merci… de m’avoir écoutée." Jeff incline légèrement la tête. " De rien, mademoiselle. J’espère que vous irez mieux." Elle esquisse un sourire espiègle. " Si ça ne va pas mieux… vous pourrez encore me jeter dans la piscine. Je me débattrai moins." Elle rejoint William en rougissant. Il lui faisait toujours autant d’effet… même s’ils n’avaient jamais recouché ensemble. "Un chouette type, " souffle sa conscience. Avant d’ajouter aussitôt : "Et le premier à te balancer à Victor, surtout." Elle soupire. Évidemment. Elle ne devait pas lui attirer d’ennuis. Le capitaine la prend par la taille. " Tu es toute rouge…" Elle ne répond pas. Alex surgit derrière eux, un sourire déjà trop large. " Alors ?" Il les observe tour à tour. " Paraît que maman fait des trucs avec Jeff ? — Pfff… t’es bête, " lâche Diana en levant les yeux au ciel. " C’est Liam qui me l’a dit, " se défend-il aussitôt. Il croise les bras, faussement vexé. " Je suis déçu. Moi aussi, je veux faire des trucs avec Jeff. — Il m’a hypnotisée, pour le rat, " corrige Diana. Elle se tourne vers lui. " Et toi, t’as massé Guillaume ? — Ouais, t’inquiète." Alex sourit, ravi. " Surtout que Cathe est passée vérifier qu’il n’avait aucun bobo. Très consciencieuse, Cathe." Puis il se tourne vers William, les yeux pétillants. " Et toi, Will ?" Il penche la tête. " Tu fais des trucs avec Jeff toi aussi…" William éclate de rire. " Je suis ouvert à toutes propositions." Diana lêve les yeux au ciel..: " ne rêve pas.. peut être que je devrais m'assurer que Guillaume va bien.." Son ami l'embrasse sur la joue : " Cathe ne doit pas avoir finit.. je ne l'ai pas vu ressortire.. moi par contre.. j'ai mal partout.. j'ai du rester bien droit à notre diner de famille.. - c'est ça.. rentrons à la maison.. et peut être que je pourrais te masser.. - d'ailleurs... c'etait pourquoi ce diner Didi..? - je culpabilisais.. Et puis Cathe en avais envie depuis longtemps..". Le lendemain, Diana raconte à Khaïs et Guillaume ce qu'elle apprit..: " du coup mon intuition.. c'est qu'elle est reliée au cambriolage.. cette bague, c'est peut être son complice ou elle qui l'a prise.. ils veulent faire le tour des bijouteries, mais je pense que c'est une bague qui appartient à un ou une des residents.. le mieux.. se serait de la retrouver.. mais bon.. c'est impossible.. le rat doit l'avoir enmené dans sa planque.. " Lynx sourit : " tu te souviens de Serpent..? - heu.. vaguement.. pourquoi ? - il boss pour un deratiseur.. - et..? - la maison de retraite doit vouloir vite endiguer l'epidemie de rats non..? Peut être que toi.. tu pourrais conseiller sa boite et qu'ils pourraient verifier si y'a pas de bagues quelque part.. ils utilisent des furets.. ça va partout ces machins.. et les siens.. il les dressent aussi pour.. enfin.. - chourrer des trucs ? - plus ou moins.. - hum.. j'y crois moyen.. mais ça ne coûte rien de tenter.. on doit justement aller voir le pere de Guillaume.. Granny a du parler à Victor.. il faut qu'on y aille pour voir si il y a des trucs bizarres... peut être que je peux m'y faire embaucher.. - t'auras le temps..? - je ne sais pas.. en tout cas.. il faut que j'ai acces à tout le dossier.. William ne peut pas tout me montrer.. Victor est sur leur dos... bon.. en attendant, c'est l'heure de retrouver mon patron.. tu peux rester ici avec Lynx, Guillaume.. commençer à contacter Serpent et à chercher des infos sur la maison de retraite où est déçédée... l'amie de Granny.. - à vos ordres mademoiselle..". Diana aimait conduire. Même si Victor jugeait sa petite voiture franchement médiocre, elle s’en fichait : c’était son indépendance. À peine a-t-elle franchi la porte de son bureau qu’il lâche : "Je pensais que tu t’étais débarrassée de ta vieillerie. — Ma voiture, c’est mon indépendance. Et elle roule très bien. — Étonnant. Ton garde du corps serait à ce point fatigué par notre combat ? — Pas du tout. Il a juste mieux à faire aujourd’hui." Elle s’approche et lui tend des dossiers. " Les Réant attendent une réponse pour leur invitation. Le baptême de leur sixième petit-fils. — Seulement si tu viens. — Je ne sais pas… ils sont très religieux. Deux enfants hors mariage, ça se juge. — Tu es fiancée à mon demi-frère et tu es ma fille. Personne n’osera. — On jugera quand même. En silence. Les enfants aussi. — Ils font affaire avec moi, ne t’inquiète pas. — Je verrai." Elle hésite, puis : " Vous vendez toujours votre voiture ? — Cathe m’oblige à en vendre une pour en racheter une nouvelle. — J’ai peut-être un acheteur. Tout est dans le dossier rouge. — Ça me crève le cœur… mais c’est pour une bonne cause. — Vous devriez voir un orthophoniste, sourit-elle. Vous avez mal prononcé nouveau caprice." Il rit et l’attire contre lui. " Je vois que tu es de bonne humeur. — J’ai bien dormi. Vous devriez augmenter Jeff. — J’y penserai." Elle soupire et remet sa cravate en place. " Cette couleur vous va bien. — Elle me fait penser à toi." Elle hésite. " Je peux vous poser une question ? — sur l’enquête ?. — J’ai quand même parlé de la bague… — Qu’est-ce que tu veux savoir ? — Vous avez du nouveau ? Est-ce que—" Il pose un doigt sur ses lèvres. " Une question, trésor. Et non, rien de nouveau." Elle fronce le nez. " Vos mains sentent le tabac. Je déteste ça. — Je devrais rappeler Jeff. Tu es tendue. — Pourquoi vous ne me dites rien ? — Parce que c’est une enquête, et que tu n’es pas un de mes hommes. — Ça m’inquiète ! Le père de Guillaume est là-bas… et la grand-mère d’Alex aussi. S’il leur arrive quelque chose ? — Il n’arrivera rien, je te le promets." Il caresse sa joue. " En attendant, reste loin de cet endroit. Par précaution...Tu ne voudrais pas t’attirer de nouveaux ennuis, n’est-ce pas ?" Elle soupire. " Vos insinuations sont abusées. Je ne me suis attiré aucun ennui depuis votre départ avec Cathe. — À part un cadavre trouvé. — C’était un hasard ! Vous croyez que je fouille les poubelles exprès ? — Je n’ai rien dit de tel. — Vous m’agacez, Victor…" Elle hésite, puis baisse la voix. " Je veux juste savoir… parce que ça me rassure." Elle penche la tête. " Est-ce que… elle a souffert ?" Victor lui relève doucement le menton. " Pourquoi ce genre de questions dans ta jolie tête ? — Je ne sais pas…" Il soupire. " Le légiste pense qu’elle a été assommée par un coup à la tête. La chute a fini le travail. Elle a probablement perdu connaissance. — Donc… quelqu’un l’a poussée ? — Diana. — C’est inquiétant, quand même… imaginez que—" Elle s’interrompt. Simon entre. " Je me disais bien que j’avais entendu miauler. — Je vous laisse entre hommes, " annonce-t-elle. " Je vais travailler au manoir. — Sage décision, chaton." Elle rassemble ses dossiers. Simon l’interpelle : " Hé ! Embrasse ton frère, sale bête !" Elle dépose un b****r rapide sur sa joue. " Je te rejoins dans une heure, dit Victor." Une fois Diana partie, Simon sourit et fait son rapport sur les derniers événements survenus pendant la nuit, aggression sur un sexagénaire au square, tapages nocturne vers le cinéma.. alcoolisme sur la voie public... la routine pour une petite ville de cette taille... pendant ce temps... Dans sa petite voiture rouge, Diana appuie sur l’accélérateur. " Lynx ! J’ai le dossier ! — … Pardon ? — Je l’ai chourré ! Il faut faire vite !". Elle rejoint ses hommes au manoir.. Quand il termine son rapport, aprés avoir écouté Victor lui donner ses consignes, il ne peut pas s'empecher de reparler de sa soeur... " Elle voulait des infos sur l’affaire, hein ? — Elle s’inquiète. — Interdisez-lui et elle vous volera le dossier..." Victor fronce les sourcils, fouille son bureau… puis s’immobilise. " La petite peste. — Partie vite, en plus… enfin... je dis ça.. je ne dis rien.." Victor ferme son bureau et fonce vers sa voiture. Dans son bureau au manoir, Diana sort son téléphone qui vibre. Message de Simon : "Petite étourdie, t’as pris le dossier de papounet avec les tiens." Elle sourit. " Parfait. Je ferai semblant d’être surprise.." Tout s’enchaîne. Photos. Pages qui défilent. Mains tremblantes. " C’était pas prévu, ça ! "souffle Guillaume. " Pas du tout." Khaïs surgit. " Il est au portail !" Le téléphone disparaît dans une bouche d’aération. " Je vais le retenir, " dit Lynx. Sa patronne acquiesce : " Guillaume, au bout du couloir. Comme si tu venais me rejoindre !" Diana s’assoit, rallume son ordinateur, replace les dossiers. Celui de l’enquête tout en dessous. Victor arrive. Lynx le percute dans le couloir. " Oh pardon, patron ! — Aucun mal. — Joli costume. Le vert sapin vous va super bien." Victor esquisse un sourire. Khais ajoute : " Ça fait ressortir vos yeux… vous devez faire des ravages. — Tu es intéressé ?" Il s’éloigne. " Tu n’as pas assez de formes pour moi, mon garçon... Et tu me fais perdre du temps." Il monte rapidement à l’étage et entre sans frapper dans le bureau de sa fille adoptive. Diana sursaute, manque de lâcher son surligneur. " DIANA ! — Oh… c’est vous. Vous pourriez frapper, quand même ! — C’est l’hôpital qui se fout de la charité ?" Il s’avance, furieux, le doigt tendu. " Surprise de me voir ? Avoue tout de suite. Peut-être que je serai compréhensif. — Quoi ?!" Elle se lève, rouge, les sourcils froncés. "Qu’est-ce que j’ai encore fait ? — Tu sais très bien. — Ne hurlez pas ! — J’arrêterai de hurler quand tu arrêteras de me prendre pour un con ! — Mais je n’ai rien fait !" Guillaume apparaît sur le seuil. " Mademoiselle ? Tout va bien ? Je le vire ? — Essaie et je t’en colle une !" Diana serre les poings. " Non, Guillaume, ça va." Elle lance, acerbe : " Monsieur le comte a juste ses hormones qui le travaillent !" Les voix attirent Jeff, Cathe et Charles, qui arrivent presque en même temps. L’avocat soupire. " Une dispute père-fille… ça faisait longtemps." Cathe se penche vers Guillaume. "Qu’est-ce qu’ils ont tous les deux ? — Aucune idée. Mais c’est lui qui a commencé." Victor tranche, brutal. " Qu’as-tu fait du dossier ?! — Quel dossier ?! J’en ai plusieurs, je vous signale ! — Celui de l’enquête, petite peste. Rends-le-moi immédiatement ! — Mais je ne l’ai pas ! — Arrête de mentir !" Charles s’interpose. " Ça suffit ! On peut parler calmement ?!" Diana recule et se place derrière Cathe. " Mais c’est lui ! Il me hurle dessus ! — Je hurle parce que tu mens ! — Tu vois ?!" Charles repousse Victor d’une main ferme. " De quoi tu l’accuses, précisément ? — Elle a volé un de mes dossiers. Il était sur mon bureau. Il a disparu." Il la fixe. " Comme par hasard, Simon arrive, elle range le bordel qu’elle avait étalé sur mon bureau… et plus de dossier." Diana relève la tête, piquée au vif. " Ce “bordel”, c’était des affaires urgentes." Elle serre les dents. " Et si vous vous en étiez occupé à temps, elles ne seraient pas restées là !" Elle le défie du regard. " Et vu le nombre de pétasses qui s’assoient sur votre bureau, vous êtes gonflé de dire que c’est moi qui mets le bordel ! " Un silence tendu s’abat dans la pièce. L'avocat soupire : " cette phrase n'a aucun sens mais on compris l'idée. — Oui, ben je suis énervée !! J’ai pas pris son fichu dossier, moi !! Je viens d’arriver !! J’ai même pas sorti mes affaires !! Catherine sourit : "Bon… trésor… serais-tu d’accord pour qu’on vérifie ? — Oui ! J’ai rien volé, moi ! J’ai pris mes dossiers et je suis partie ! Et puis, si ça se trouve, vous l’avez oublié dans votre bureau ici ! Vu votre âge, ça ne serait pas étonnant !! — J’AI QUARANTE-SEPT ANS, BON SANG !!!" Sa femme s’agace : "Victor ! Baisse le ton, veux-tu ?" L’avocat passe une à une les chemises cartonnées, toutes semblables, puis soupire. " C’est celui-là ?" Le commissaire le lui arrache presque des mains. "J’en étais sûr !! Prise sur le fait !!" Elle papillonne des cils, stupéfaite, et balbutie : " Mais… mais ce n’est pas possible !! J’étais sûre d’avoir sept dossiers !!" Un rire s'élève dans l'air.. Le groupe se retourne. Garrel sourit, amusé. "Toc toc… belle engueulade. Je ne suis pas fâché de m’être fait flasher…" Maître Vernier fronce les sourcils. "Qu’est-ce que tu veux ? — Le chaton a oublié ça sur le bureau du boss. Le commandant avait besoin d’un papier, il est entré et il a vu le dossier : « club libertin ». Il en a déduit que tu avais été tête en l’air…" La comtesse compare les deux dossiers. " Eh bien… ils se ressemblent beaucoup. Trésor, tu t’es certainement trompé dans la précipitation…" Son mari rit nerveusement. " Ne lui trouve pas d’excuses !! Elle l’a fait exprès !!" La jeune femme retient ses larmes. "Je… ça ne m’arrive jamais !! — De mentir ?! Ou d’être insolente ?! — J’AI PAS MENTI !!" Elle essuit ses yeux : " je ne suis pas stupide !! Je n'allais pas voler votre dossier, alors que Simon venait surement pour en parler !! Et je ne serais certainement pas venue ici !! Je me serais arrangée pour le consulter sur place !!" Le lieutenant acquiesse : " pas faux.. - puis même si j'etais venue jusqu'ici pour consulter le dossier ! Il aurait fallut que je fasse tres vite !! Et je suis venue avec ma voiture !! J'ai pas depassé le soixante !! Vous devriez le savoir, vu que vous êtes presque arrivé à me rattraper !! Moi je deteste la vitesse !! " Elle étouffe un sanglot, et Catherine l’enlace. "Trésor… ne pleure pas, ce n’est pas grave…" Le commissaire lève les yeux au ciel. " Évidemment ! Des… — Oh, ferme-la, veux-tu ?! C’est trop compliqué à envisager qu’elle ait pu se tromper ?!" Charles acquiesce. "Tu sais bien que Roussy est parfois… inattentive. Diana n’a pas tort. Pourquoi voler un dossier et le ramener ici, alors qu’elle n’a qu’à faire les yeux doux à William ou à Alexis pour l’avoir ? — Je ne leur demande rien !!" Victor fronce les sourcils. " tu m’as interrogé sur l’affaire ! — J’ai juste demandé si elle avait souffert !! J’ai vu son doigt, je vous signale ! On a un lien, elle et moi !!" Simon rit. "Ouais, j’avoue… vous avez toutes les deux été trouvées dans une poubelle. Notre père a avoué… — Ha ha ! Très drôle ! T’es le résultat d’une cuite avec des fonds de bouteille !!" Il porte une main à son cœur. " Hooouu… j’ai mal…". Elle croise les bras. " Pour une fois que je fais une erreur ! Vous me hurlez dessus !! — Ne retourne pas la situation !! — Je ne retourne rien !! — Montre ton portable. Je veux voir les photos. Si tu as eu l’audace de photographier quoi que ce soit !" Elle le lui tend en serrant les poings, un sourire ironique au coin des lèvres "Oh non… vous allez découvrir que je dirige une agence de détectives privés clandestine. Ma carrière s’arrête ici. J’ai bien trop peur de me faire gronder… — Attention, Diana !" Guillaume se place devant sa patronne. " Attention, monsieur…" Il soutient le regard de son demi-frère. Il avait assez tremblé devant lui à l’époque où il n’était qu’un brigadier. Désormais, il devait lui montrer qu’ils étaient sur un pied d’égalité. Jeff souffle à l’oreille du commissaire : "Peut-être que je peux aussi demander son portable à Guillaume… pour que monsieur soit rassuré ? -J’ai rien à cacher." Il le lui tend. Comme pour celui de sa protégée, Victor n’y trouve rien. Il finit par soupirer. " Je t’accorde le bénéfice du doute pour cette fois. — Oh… monsieur le comte est trop généreux. Je ne mérite pas tant de largesses, monseigneur. — Ton insolence commence à m’énerver. Tu devrais me présenter des excuses. Je pourrais t’arrêter pour obstruction à la justice ! - Quoi ?! C’est vous qui devriez vous excuser ! J’ai fait une petite erreur, et vous me tombez dessus comme si j’étais une criminelle endurcie ! Faudrait peut-être revoir le sens des proportions, non ?" Charles se frotte la tête. " Aucun de vous ne va s’excuser, hein…" La comtesse essait de les amadouer : " vous vous êtes emportés tout les deux.. tresors... ton pere est juste à cran avec cette affaire.. il ne voulait pas s'emporter.. - c'est pas une raison pour m'accuser sans preuves !". Il allait répondre quand il sentit quelque chose de froid se refermer autour de son poignet, tout comme autour de celui de Diana. " Hé ?!" s'exclament ils d'une même voix Simon sourit, faussement confus. " Oh mince… la clé est dans mon bureau…" Son supérieur le fusille du regard. " Lieutenant… — J’irais bien la chercher, mais là… j’ai grave la dalle…" Catherine éclate de rire. "Eh bien voilà qui est intéressant. Je meurs de faim, moi aussi." Elle sourit aux deux gardes du corps. " Soit vous attendez ici avec vos patrons respectifs qu’ils s’excusent… soit vous venez déjeuner." Diana fusille son père du regard. .. "Tu peux aller déjeuner, Guillaume. Parce que moi, je ne m’excuserai pas pour quelque chose que je n’ai pas fait exprès ! — Obéis à Catherine, Jeff. Et moi non plus, je ne m’excuserai pas d’avoir sermonné mon employée pour une faute grave ! Je ne céderai pas à une petite effrontée !" L’avocat lève les yeux au ciel. " On dirait le début d’un mauvais porno… À plus tard. Ah… j’oubliais…" Un flash les aveugle. "Cheeeese…" Dans le couloir, Guillaume jette un dernier regard en arriere : " vous êtes sur qu'il ne va pas la frapper..?" Jeff le rassure : " monsieur sait se maitriser.. il ne ferait pas de mal à mademoiselle.." Garrel acquiesce : " c'est pour le commissaire qu'il faut s'inquieter.. le chaton mord.. et ses crocs sont pointus.. ". Charles esquisse un sourire : " ils sont tétues.. bon sang.. à croire qu'ils sont vraiment de la même famille.. ho.. William est en train de paniquer.. est ce que je lui dit qu'ils ont des cravaches à disposition ?" Catherine rit : " Charly.. ne torture pas ce pauvre Will.. ". Dans le bureau.. un silence glaçial regnait.. menottés l'un à l'autre, aucuns ne comptait s'excuser.. cependant, Victor rompt le silence : " ça me rappelle des souvenirs..". La nuit ou ils avaient couchés ensemble, ils avaient utilisés quelques accessoires.. dont des menottes.. et ça avait été... interessant.. Diana avait été tout entiere à sa merci.. ce qui n'était pas le cas aujourd'hui.. elle semblait prête à se ronger le poignet pour s'echapper : " c'était pas si fou que ça ! J'ai simulé !" Il éclate de rire et s'assoit, l'attirant sur ses genoux : " hé ! - ne fait pas ta sauvage mon ange.. toi et moi on sait que tu n'as pas simulé cette nuit la.. - on ne devait pas en reparler ! J'ai faim ! Rejoignons les autres..!" Elle se lêve et part mais.. evidemment..: " je deteste Simon ! Bougez !! - je suis tres bien assis.. mais peut être que si tu t'excuses.. - je me serais confondus en excuses, si vous m'aviez parlé calmement ! Sans m'accuser ! Ni me traiter de peste ! - avoue que tu ne m'as pas habitué à être "juste" innatentive.. combien de fois m'as tu espionnés.. même volé des preuves.. - c'etait Simon qui m'avait donné la clef pour Alex ! Sans moi il aurait été accusé à tord ! - parceque tu n'avais pas reussit à me la voler.. - c'est du passé ! J'ai pas reflechit cette fois ! J'ai pris les dossiers rapidement ! J'etais émue et agaçée ! Ça arrive !" Elle se rassoit sur ses genoux en croisant les bras : " vous m'aviez promit de ne plus me soupçonner ! Monsieur Delcroix avait raison ! Vous me mettez sous pression tout le temps.. je vais finir en burn out.. - laisse mon fraticide de demi frere là où il est.. tu sais tres bien que je suis exigeant ! Tu es ma fille, et tu t'en sort tres bien, c'est normal que je te pousse de plus en plus vers l'excellence.. - j'ai juste pris le mauvais dossier ? Tout traines sur votre bureau ! Même.. - même mes maitresses je sais..." il soupire..: " tu aurais pu prendre le temps de verifier.. - vous auriez pu m'appeller pour me prevenir.. j'aurais fait demi tour.. - on pourrais s'excuser tout les deux.. - mouai.. - je reconnais que je me suis emporté.." sa protégée fait la moue.. et finit par soupirer à son tour : " je reconnais que j'aurais pu verifier.. mais si vous rangiez mieux votre bureau.." il rit : " tu es vraiment de mauvaise foi mon ange.. - je suis désolée ! Vous êtes content ?! Je m'excuse ! - moi aussi je m'excuse.. c'est vrai que tu dois être encore boulversée par ta decouverte.. j'aurais du prendre le temps de t'expliquer un peu.. " elle pinçe ses lêvres..: " c'est vrai..? - oui..". Elle pose sa tête contre son torse : " je m'excuse d'avoir été insolente.. - tu sais que j'adore ça.. je ne t'en veux pas tresors...." il l'embrasse sur la tête et elle le questionne : " vous.. n'êtes plus fachée alors...? - non.. - dans ce cas.. heu.. - ho non Diana.. que vas tu me demander..? - juste.. vous.. m'avez dit de ne plus aller à la maison de retraite par precaution mais.. - non.. - s'il vous plait ! J'ai promit à Liam d'aller donner un dessin au pere de Guillaume ! Promis je vais avec lui, vous l'avez affrontés, vous savez bien qu'il est fort..".
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