C’est les yeux rouges, mais avec les deux enfants bien vivants et en un seul morceau, que Guillaume revient.
Liam est surexcité, au bord de l’explosion émotionnelle :
« tonton il m’a donné un muffin !! Aux myrtilles !!
Et ensuite ! Et ben ! Angy elle a jeté du sable dans ses yeux et il a dit plein de mots rigolos !
Et y a une dame qui lui a dit qu’il fallait pas dire ces mots-là…
Mais Angy elle lui a jeté du sable aussi !!
Et après tonton il a voulu rattraper Angy mais comme elle venait pas…
Il a dit qu’on allait retourner manger un cookie !! »
Guillaume acquiesce, résigné, et tend la fillette à son père :
« ouais… bon… deux cookies…
Mais je crois qu’ils sont déjà ressortis, alors ça compte pas. »
Diana observe Angy, hilare :
« elle a l’air… en grande forme en tout cas.
Liam ? Tu vas te laver les mains… ? Tonton Alex va arriver…
— really !!?? Oh my godness !! Two muffins !! And tonton Alex !!
C’est la meilleure journée de ma vie !!
— tu préfères tonton Alex ou les muffins… ?
— heu… c’est difficile Daddy…
Les muffins ça se mange… mais tonton il est drôle… »
Ils disparaissent dans la salle de bain.
Diana sourit à son beau-frère :
« tu as eu raison… tes yeux vont bien ?
— j’ai perdu la vue cinq secondes… mais ça va.
— tiens, prends un verre. Tu l’as mérité. »
Il s’assoit, épuisé :
« et toi… ça va ?
— j’ai peur de revoir un rat… mais ça va.
C’est pas mon premier malheureusement… et j’imagine que ce ne sera pas le dernier.
Apparemment, j’ai un don.
— évidemment… c’est pour ça que tu es si douée pour ce que tu fais.
— merci… tu restes avec nous ce soir ?
— non… je vais… je vois une fille.
— oh… dans ce cas file vite te préparer…
Tu as encore du sable et du chocolat sur le visage. »
Elle lui essuie une trace avec son pouce et un peu de salive :
« et tu peux arriver plus tard demain matin, si tu as besoin de récupérer… »
Il rougit, bafouille :
« heu… je… ça ira… à demain…
— à demain. Amuse-toi bien. »
Alexis arrive peu après et se fait littéralement percuter par Liam :
« tonton !! Je t’aime autant que le muffin à la myrtille !!
Même si je peux pas te manger !!
— ah… merci mon grand… ça me touche.
— tu viens faire des crêpes ?
— je viens faire des crêpes… et les manger. »
Il chatouille l’enfant, le repose, puis embrasse Diana :
« ça va ma jolie ? Il t’a pas trop crié dessus… ?
— non, t’inquiète… il a vu que j’étais sincère.
Et ta mamie ? Elle va bien ? Pas trop inquiète ?
— non, pas vraiment.
D’ailleurs, elle était contente d’avoir vu Granny.
Merci de l’avoir emmenée.
— oh… c’est rien… je pouvais…
— Granny a confirmé ta version.
Et j’ai moi-même appelé le taxi qui devait l’emmener : il a bien eu un souci. »
Elle rougit. Alexis sourit de toutes ses dents impeccables :
« ça vaut un câlin, ça, non… ? »
Elle l’enlace et l’embrasse sur la joue :
« Alex… t’es vraiment le meilleur… je te revaudrai ça.
— fais gaffe à Jeff…
Pour l’instant, il est attendri par tes beaux yeux…
Mais à un moment, il ne pourra plus arranger la réalité pour éviter que notre père se pose trop de questions.
— et toi… ? Tu te poses quoi comme questions… ? »
Il l’embrasse sur le front et lui murmure quelque chose à l’oreille.
À cet instant, William revient avec Angy dans les bras…
«« Tu lui avoues que tu l’aimes et que tu veux partir avec ?
— Oui. Et je te laisse Charly.
Je suis sûr que vous feriez un très beau couple. »
Il enlace son amie par la taille, faussement sérieux :
« On n’est pas obligés de prendre les enfants.
— Ne me tente pas trop… »
Elle remercie secrètement le ciel d’avoir Alexis comme ami.
Un ami qui plaisante sur la fuite amoureuse juste après une découverte de cadavre, c’est précieux.
Quand Charles les rejoint, il n’est pas seul : Catherine est avec lui.
Les enfants montent se coucher.
L’avocat et la comtesse ont juste le temps de les embrasser avant qu’Alexis et Diana ne les accompagnent à l’étage.
De retour au salon, Maître Verniers s’affale dans le canapé, vidé :
« Oh… je n’en peux plus…
Victor n’a parlé que de Diana qui a encore trouvé un cadavre.
Comme si c’était un hobby. »
William tente une diversion thérapeutique :
« Un thé ? Une infusion ? Un scone ? Une thérapie collective… ?" Cathe rit :
" Une infusion ira très bien.
Tes scones sont délicieux, mais j’essaie de faire attention…
— Vous êtes superbe, Cathe.
Et Liam le dit aussi.
— Vous êtes adorables tous les deux…Bon. Donne-m’en un. »
Diana redescend avec Alexis.
Sa mère adoptive lui ouvre aussitôt les bras :
« Viens vite me raconter, trésor…
Ça a dû être tellement horrible…
— Je ne m’y attendais pas…
Je n’ai pas trop vu le corps.
J’ai surtout vu le rat.
Mais l’odeur… c’était comme si la mort avait décidé de s’installer sans prévenir. »
Elle se blottit contre elle :
« Vous sentez bon…
Ça fait du bien après… ça. »
Alexis s’assoit à côté de Charles, mais garde une distance polie.
L’avocat, lui, est clairement plus proche de Catherine que de son amant.
William observe la scène, amusé :
« Vous savez que tout le monde ici sait que vous êtes ensemble ?
Vous mourrez d’envie de vous coller. »
Diana éclate de rire en voyant son demi-frère rougir :
« C’est vrai ça !
Allez ! Embrasse-le, abruti ! »
Les deux hommes finissent par se rapprocher et échangent un b****r maladroit…
pile au moment où Victor arrive.
Il s’assoit tranquillement entre Charles et sa femme :
« Tu te sens mieux, mon ange ?
— Moui…Je vais faire rentrer Merlin pour la nuit. »
Elle se lève, ouvre la porte à son chat adoré.
Victor jette un œil aux deux hommes :
« Vous pouvez continuer à vous peloter. Ne vous gênez pas pour moi. »
William sourit :
« Quelle chance d’avoir un père aussi ouvert d’esprit que toi.
— Le mien a envoyé Daniel en thérapie à quinze ans.
C’est moi qui suis allé le chercher… avec quelques arguments.
— Il parle de ses flingues, » précise Charles.
— C’étaient des prêtres croulants.
J’ai pas tant de mérite. »
Victor se tourne en entendant Diana parler au chat :
« Vas-y, renifle bien partout…
J’ai mis tes poils dans toute la maison pour faire barrage.
Mais fais attention, hein ?
Tu ne te laisses pas mordre… »
« Mon ange… ?
Tout va bien… ? »
Un miaulement rauque répond depuis l’ombre :
« De quoi il se mêle, Mister Hyde… »
Diana fait la moue :
« Tout va bien…
J’explique juste à Merlin que s’il voit un rat, il doit le tuer.
— Le seul rongeur dans cette maison, c’est ta fille.
— Il doit m’en vouloir…
— Ton chat ?
— Le rat !
À cause de moi, sa source de nourriture n’est plus là. »
William lui prépare une tisane, avec beaucoup trop de camomille :
« Don’t worry…
Merlin n’a jamais laissé un seul rat en vie.
Il pourra dormir dans la chambre, si tu veux. »
Le félin se frotte contre sa maîtresse, l’air offusqué :
« Parce que tu crois vraiment qu’elle allait te demander ton avis, Sherlock ? »
Victor chuchote à sa femme, inquiet :
« Peut-être qu’il faudrait qu’elle retourne voir son psy… ?
— Laisse-la digérer…
Elle a trouvé un cadavre, pas un ticket de parking. »
Diana s’assoit lourdement sur son demi-frère :
« Tu peux me caresser la tête… ?
— Évidemment, Roussy… »
Il cajole sa petite sœur pendant qu’elle boit sa tisane en bâillant :
« Je suis un peu fatiguée…
— Repose-toi, mon an— »
Il retient un cri : Victor vient de le pincer.
« … mon angélique petite sœur. »
Le commissaire lui donne une petite tape affectueuse exactement au même endroit :
« C’est bien.
— Tu es un psychopathe, Victor."
Le comte caresse les mèches rousses de sa protégée, déjà à moitié endormie et murmure :
« Trouve-toi une fille à adopter.
Tu l’appelleras comme tu veux.
Mais celle-ci est à moi. »
Blake récupère la tasse des mains de sa compagne :
« Redit ça encore une fois et je t'arrête. t'es d’un cringe spectaculaire.
— Tu lui as mis de quoi s’endormir dans sa tasse.
Tu es encore plus "cringe" que moi.
— C’est juste une infusion. »
L’avocat se lève et soulève doucement sa demi-sœur dans ses bras :
« Je vais la mettre dans son lit.
Avant qu’elle adopte officiellement le chat comme garde du corps. »
Merlin bâille, l’air satisfait.
La maison peut dormir tranquille.
Pour cette nuit, aucun rat ne survivra.
C’est avec de jolis cernes que Diana passe la porte du commissariat le lendemain.
Elle s’était réveillée en sursaut à cause d’un bruit de grattement, avait secoué le capitaine comme un prunier… avant qu’il ne découvre Angelina planquée derrière la porte, venue simplement squatter le lit parental.
Simon l’interpelle aussitôt :
« Hé ! Ma renifleuse de cadavres préférée !
Tu sais que t’as eu du bol ? À un jour près, les éboueurs passaient et pouf, plus de corps.
— Je sais…
— On n’a toujours pas retrouvé le doigt par contre.
Mais bonne nouvelle : l’odeur venait aussi de viande crue dans la poubelle.
Normal que t’aies repeint le décor. »
William surgit juste à temps pour rattraper Diana qui vacille :
« Foxy ! Simon !!
Je t’ai dit d’arrêter le jeu “au bout de combien de temps elle s’évanouit” !
— Chochotte.
— SUGAR !! PLEASE !! »
Un agent accourt, Diana reprend ses esprits :
« Simon… je te déteste… mais j’ai pas l’énergie de te frapper…
— Allez, chaton, je te taquine.
Dis-moi… t’as jamais connu une collègue qui s’appelait Aïcha ?
— Non… pourquoi ?
— Une employée disparue, petits boulots, ménages… situation compliquée.
— Ça ne me dit rien.
— T’as rien remarqué d’étrange ces dernières semaines ?
— Non. Et j’ai zéro mémoire pour les prénoms.
— T’as surtout zéro mémoire, tout court. »
Il lui montre une photo. Diana grimace, attentive :
« Le tatouage au henné… c’est cérémoniel.
Mariage, fête religieuse.
— Et je trouve la tatoueuse comment ?
— J’en sais rien ! C’est toi le flic !
»
Elle s’éloigne, puis revient en soupirant :
« Bon… une ancienne bénéficiaire marocaine m’en avait parlé.
Une fille d’amie, ou de cousine, ou d’amie de cousine…
Elle postait ses créations sur les réseaux.
— Génial.
— Mets une annonce, commence par “Salam”.
Envoie des femmes.
Et si elles enlèvent leurs chaussures en entrant, c'est apprécié
— Sinon ?
— Plus simple : demande à la brigadière Lafonte.
— Pourquoi ?
Diana esquisse un sourire :
" ben elle est métisse.. sa mère est Algerienne.. elle connait surement des choses, mais faites gaffe, les marocains et les turcs des Hlm pres de la zone commerciale ne s'entendent pas..
- serieux ? Elle est presque blonde et a les yeux bleus..
- oui... comme certains Kabyles... bon j'y vais..
- attend ! Pourquoi ils ne s'entendent pas ?
- je sais pas.. mon ancienne bénéficiaire m'avait juste dit en croisant un groupe de femmes " turcs ! Pas bon !" Suivit d'un crachat par terre et un ton colerique.. et puis, leurs salutations étaient vraiment froides.. débrouiller vous maintenant ! Je ne suis plus assistante de vie.. j'aimerais rester loin des ennuis.." Blake acquiesce :
" et je suis entièrement d'accord.. merci, pour les renseignements, on va surement avancer..." il l'embrasse :
" travaille bien..
- merci.. où est Pascal ?
- sur la photocopieuse..". Il l'a regarde aller prendre le felin dans ses bras et monter à l'étage.. Simon donne un coup de coude à son capitaine :
" bon on s'y remet ?
- yes.. allons voir Naïma..
- Naïma ?
- la brigadiere Lafonte.. tu sais que tu peux parler aux collegues des fois ? Genre pour leur demander leurs prénoms..
- ça commence par un prenom et ça se finit au pieu..".
À l'étage, Victor soupirait...:
" Diana.. je deteste que ce greffier vienne dans mon bureau.. c'est la seule piece qui lui est interdite.. pourquoi ne vas tu pas travailler dans le bureau de William ? Il adore ce chat...
- parce que dans son bureau il y a des photos du cadavre ! Vous voulez que je sois traumatisée ??! Déjà qu'avoir vu à quoi elle ressemblait peut être en vrai.. c'est perturbant.. et puis je viens de m'evanouire alors zut !" Elle s'assoit avec le chat qui se blottit au creux de son coup.. Le commissaire fronce les sourcils :
" comment ça tu t'es évanoui ?
- c'est Simon.. il m'a dit des trucs expres.. et puis il m'a montré la photo de la fille qui a disparu et qui serait peut être le cadavre..
- celui la ! Reste là je reviens !" Il sort et Diana l'entend malgré la porte qui claque :
" LIEUTENANT GARREL !!". Elle soupire.. et embrasse Pascal avant de se lever.. avec un dossier. Elle devait vite faire des photos du dossier concernant le père de son ami.. s'était sûrement lié ! Et s'était l'occasion.. il devait l'avoir ramené du manoir.. elle sourit.. et sort son portable.. il n'y avait pas grand chose de plus.. à part le testament de la personne.. elle pense soudainement qu'il y avait surement des cameras dans son bureau.. elle fait semblant d'appeller un client et pose le dossier en evidence sur le meuble, tout en rangeant les papiers liés à l'enquête, comme si elle remettait de l'ordre. Avant d'ouvrir un tiroir et de prendre des oursons en guimauve.. il en gardait toujours, et ils n'étaient que pour elle, alors, ce n'était pas du vol.. quand Victor revient, sa protégée est avec le chat, mais la bouche pleine de chocolat..:
" quoi !!? Vous les gardez pour moi ?! Je peux bien en prendre non !?
- évidemment..
- y'a un dossier sur votre bureau ! Il faut signer.. et j'ai rangé votre bazard..." il sourit et lui masse les épaules :
" détend toi mon ange.. tu n'étais pas obligée de venir.. tu devrais te reposer
- je ne préfère pas.. sinon je vais repenser à tout ça..". Elle sursaute en entendant un bruit :
" vous avez entendu ?!
- ça venait de dehors.. ne t'inquiètes pas... il n'y a pas de rats ici..". Elle rougit et enfonce ses doigts dans la fourrure du félin.. Victor l'embrasse sur la joue :
" mon ange.. j'aimerais que tu ailles voir ton psychiatre aujourd'hui.. pour parler de.. ce rat..
- il y a des rats en ville ! Alors c'est possible qu'il y en ai ici ! Puis je n'ai pas dit que s'était un rat que j'avais entendu !!
- tu peux parler à Jeff si tu preferes.. mais tu es en train de t'angoisser.." elle essuit une larme :
" mais c'est rien ! C'est.. c'est juste que j'ai été un peu stréssée.. je vois déjà mon psy régulièrement.. j'aime pas les rats.. c'est pas que à cause d'hier..". Il carresse sa joue et prend le chat pour le deposer sur un fauteuil... il lui chuchote, en le menacant d'un regard noir :
" griffe le, ou pisse dessus et tu passes par la fenêtre..".
Il prend sa fille dans ses bras :
" parle à quelqu'un tresors.. mais ne reste pas avec ce rat dans la tête..
- s'était seulement un peu effrayant..
- un peu..?
- beaucoup.. mais ça va aller..
- Simon m'a dit qu'il t'avais demandé des renseignements..
- oui.. pour savoir si je l'avais deja eu comme collègue, vu qu'elle était femme de menage des fois..
- tu n'était pas obligée de repondre.. mais tu as eu des bonnes idées..
- je crois.. qu'il faudrait que je ne travaille plus ici.. quelque temps..
- à cause de Simon..? hors de question ! Je l'ai serieusement sermonné..
- serrez moi un peu plus fort..". Après une longue étreinte, le comte retourne à son bureau et signe le papier.. Diana le rejoint :
" je vais photocopier et envoyer à l'assurance.. vous voulez quelque chose ?
- tu peux donner ça à William.. il sait ce que c'est.." il lui tend le dossier du père d'Albert et elle acquiesce :
" vous n'avez pas peur que je fouille..?" Il sourit :
" non.. reviens vite, je t'emmène dejeuner..
- vous me faites confiance alors..?
- tu es mon assistante.. j'ai toute confiance en toi..
- ça cache un truc.. gardez le votre dossier !" Elle lui redepose et file photocopier les papiers signés.. elle interpelle son compagnon :
" Victor a un dossier pour toi.. tu devrais aller le chercher..
- ho.. thank's, j'y vais tout de suite.. tu m'attends..? J'ai tres envie de t'embrasser..
- fait vite.. j'en ai tres envie moi aussi..". Elle se murmure :
" ha vous vous croyez malin pere..? Vous croyez que je vais tomber dans le panneau.." elle jette un oeil à Jeff qui attend à l'accueil.. elle attend William et l'embrasse fougueusement, en l'entraînant dans son bureau..:
" vite ! Montre le moi !
- heu.. de quoi..?" Elle chuchote :
" le dossier ! Victor voulait que je te le donne pour voir si je regardais.. comme par hasard, Jeff est en salle d'attente..
- ha.. eh bien je t'en prie..
- t'inquiètes.. l'autre truc.. tu me le montreras ce soir..." elle lui redonne un b****r sur les lèvres.. et il sourit :
" tu n'es pas censée nous laisser gerer..?
- si.. pour le cadavre.. mais j'enquête toujours sur le papy décédé mysterieusement.. je cherche d'un point de vue administratif..." elle gemit et dis tout haut :
" ho Will !! Tu embrasses tellement bien !" ils entendent frapper et Diana grimpe sur le bureau en attirant William :
" Heu.. yes ?" Jeff entre en s'excusant :
« Désolé de déranger…
Monsieur attend mademoiselle pour aller déjeuner… »
La détective en herbe secoue lentement ses cheveux, puis esquisse un sourire en coin :
« Vous ne nous dérangez pas du tout…
Un de mes fantasmes, c’est justement de voir deux hommes s’embrasser devant moi. »
Elle le détaille sans gêne, des chaussures impeccables jusqu’au regard assuré.
Un bref silence s’installe, chargé, presque palpable.
Il soutient son regard, amusé, avant de sourire à son tour :
« La voiture est prête…
Ne tardez pas. »
Sa voix est basse, posée. son regard glisse encore une seconde sur elle, puis il laisse les deux amants, et rejoint son patron..:
" alors..?
- mademoiselle arrive.. des qu'elle et le capitaine se seront.. decollés l'un de l'autre..
- hum.. elle est bizarre..
- elle a vu un rat, avec un doigt humain, seulement hier, monsieur..
- non pas ça.. enfin pas que.. je dois encore me faire des films... surveille son mental à l'occasion.. à toi, elle te parle...". Ils se taisent en l'a voyant arriver.. elle sourit au garde du corps...:
" vous avez vu..? Je n'ai pas tardé..
- en effet mademoiselle..". Elle rentre dans la voiture et pose sa tête contre celle de Victor..:
" où va on ?
- dans une petite auberge.. ça devrait te plaire..
- je vous fais confiance.. dites.. vous pouvez faire votre boulot de père, et me carresser les cheveux..?
- tu sais que tu deviens tyrannique mon ange..? Je te gâte beaucoup trop..
- moi je ne trouve pas..". Il obeit et aide la jeune femme à se detendre.
Apres le dejeuner, elle termine rapidement ses tâches, et réussit à photocopier le testament qui l'intéressé.. grâce à un tour de passe passe.. son vrai pere ayant été un as de la presdigiditation, elle savait tres bien comment faire.. elle rejoint son garde du corps dans son bureau au rez de chaussée, ainsi que Lynx :
" bon les gars ! J'ai mis la main sur le testament du père d'Albert ! Alors on va tous le lire, pour être sûr de ne rien manquer.. Charly n'est pas libre aujourd'hui, il ne pourra pas nous aider.. j'ai aussi photocopier ça.. apparement, un adn inconnu a été retrouvé sur le corps du papy, mais ils ont conclut que s'était à un employé et que s'était normal.. vu qu'il avait besoin de certains soins, mais.. on ne sait jamais.." Guillaume prend le papier ;
" d'ailleurs, j'ai regardé les escaliers.. le rapport dit bien qu'il c'est "perdu.."?
- oui..
- je trouve ça bizarre, il ne pouvait pas vraiment marcher.. il avait un déambulateur comme mon père ? C'est impossible de monter des marches avec..
- oui.. j'y ai pensé aussi.. à mon avis, quelqu'un l'a fait monter par l'ascenseur de service.. et l'a poussé.. ou.. quelqu'un a déplacé le corps.. les vieux marquent vite.. alors.. un simple coup de poing pour simuler une chute.. ça aurait été bien plus logique qu'il tombe dans l'escalier en voulant descendre vers la lingerie.. vu que la nuit, la dame laisse parfois la porte ouverte pour aller plus vite.. elle le dit dans le rapport, c'est comme ça qu'elle a entendu l'aide soignante appeller à l'aide..
- je pense qu'il faut reprendre certains points..
- oui, tu as raison.. Lynx.. ? Tu te mets sur le testament avec moi, et Guillaume tu me reproduis la scene avec les legos de Liam.. je veux visualiser..
- cool..".
Ils travaillent une bonne partie de l'après midi.. jusqu'à ce que Diana s'etire :
" pfff j'en peux plus.. On fait une pause ? Et on debrief..?". Les deux hommes acquièrent.
Elle les envoie dans les cuisines chercher de quoi goûter.
C’est chargés de chocolats, pains, fruits et gâteaux en tout genre qu’ils tombent nez à nez avec Jeff et Alan dans le couloir.
Alan ricane aussitôt, les bras croisés :
« Oh… c’est mignon.
Mademoiselle et ses p’t**s chiots font un p’tit quatre-heures ? »
Lynx lui adresse un sourire trop calme pour être honnête :
« On bosse beaucoup avec un muscle que t’as pas l’habitude d’utiliser. »
Guillaume, sans rater une seconde, enfonce le clou :
« Fais gaffe…
Il va croire que tu parles de sa bite, pas de son cerveau. »
Jeff lève les yeux au ciel, déjà fatigué de la scène :
« Ça suffit.
On est tous censés être du même côté. »
Guillaume ajuste la pile de gâteaux dans ses bras, le fixe droit dans les yeux :
« Peut-être.
Mais y’en a qui protègent mademoiselle…
et d’autres qui protègent leur ego. »
Alan ouvre la bouche pour répondre, mais une voix coupe net :
« Parfait. Vous tombez bien, vous deux. »
Gustave vient d’apparaître derrière eux, imperturbable.
Alan fronce les sourcils :
« Aider à quoi ? »
« À inspecter toutes les provisions.
La moindre trace pouvant confirmer la présence de rongeurs.
Mademoiselle souhaite qu’on vérifie. »
Il marque une pause, appuyée :
« Et vous savez ce que disent monsieur le comte et madame la comtesse ? »
Jeff esquisse un sourire résigné :
« Tout souhait de mademoiselle est un ordre. »
« Exactement.
Et vous disperserez également les odeurs de Duchesse et d’Artémis.
Histoire de dissuader d’éventuels visiteurs à moustaches. »
Alan souffle, peu convaincu :
« Tu parles… Duchesse ne chasse même pas les mouches. »
Guillaume hausse un sourcil, provocateur :
« Peut-être.
Mais elle fait moins semblant que certains. »
Gustave tapote dans ses mains, sec :
« L’important, c’est que mademoiselle soit rassurée.
Et vous deux— »
Il désigne Guillaume et Lynx d’un regard sévère :
« Qu’est-ce que vous faites encore là ?
Elle vous attend. »
Les deux hommes s’éloignent aussitôt, sans se retourner.
Guillaume lance juste par-dessus son épaule :
« Allez… bon courage.
Et évitez de manger les preuves. »
Gustave entraîne Jeff et Alan dans l’autre sens, laissant derrière lui une tension discrète…
mais très clairement installée.
Guillaume et Lynx rejoignent leur patronne :
" pardon renarde.. on a croisé Jeff et Alan..
- t'inquiètes...je meurt de faim.." elle prend une pomme :
" j'ai remarqué un truc sur le testament.. apparement, il legue un terrain constructible à une fondation.. elle me dit quelque chose, mais je ne l'a trouve pas sur internet.. et toi Khaïs ? Tu as remarqué quelque chose..?
- comme toi.. cette fondation me chiffonne...
- je me disais qu'on devrait revoir tout les faits divers, et les décès depuis l'ouverture de la maison de retraite, voir si il y en a eu d'autres.. il faut contacter les famille." son beau frère avale plusieurs gâteaux..:
" ça va faire beaucoup de travail..
- oui, on s'y mettra demain.. pour aujourd'hui, on s'arrête là.. allez, les enfants vont arriver, je vais au salon, faites en autant..
- t'as plus besoin de moi..? T'es sur..?
- sur et certaine.. d'ailleurs.. ton date d'hier soir ? S'était bien..? tu la revois ou.. peut être que c'est le..
- s'était une.. et s'était juste un soir..
- tombeur..
- j'ai... peut être un rendez vous avec une aide soignante..
- ho super ! Tu nous raconteras !" Lynx grimace :
" beurk...
- non mais.. si elle dit des trucs interessants pour l'enquête...évidemment.." .
Le trio se sépare, et Diana va au salon. Jeff et Alan étaient toujours en train de disperser des phéromones de chats, sous la direction de Gustave..:
« ha mademoiselle ! Rien dans la cuisine, aucunes traces non plus dans les chambres..
— vous êtes sûrs..?! Il y en a dans l’écurie parfois, est-ce qu’ils pourraient venir par ici ??!
— par précaution, peut-être que je peux trouver des cages pour les piéger..?
— et si les chatons y vont dedans ? D’un autre côté.. s'ils se font mordre se serait horrible !
— une cage ne leur fera aucun mal, c’est la meilleure solution, pour les chatons, les enfants..
— oui.. mettez-en, on ne sait jamais.. »
Elle sursaute :
« vous croyez qu’un rat pourrait manger un chaton !!? Une fois y’a un rat qui a griffé un enfant dans son sommeil !! »
Elle pousse un hurlement en sentant des petites griffes sur elle :
« QU’EST-CE QUE C’EST !!!!? »
Une voix lui crie :
« c’est un rat !! »
Elle crie encore plus fort.
Un rire.
Elle se retourne :
« Si.. Simon..!!!!? »
Un petit miaulement lui fait baisser les yeux. Elle soupire, soulagée :
« ouf.. qu’est-ce que tu fais là toi ? »
Alan hausse les épaules :
« Duchesse a encore dû laisser les petits pour aller pioncer tranquillement.. son instinct maternel se barre, dès qu’ils commencent à être chiants.. »
Le lieutenant acquiesce :
« tu m’étonnes.. ça va chaton ? »
Sa demi-sœur tremble, tenant la petite chose à bout de bras, ses petits yeux à peine ouverts.
Gustave secoue la tête :
« lieutenant Garrel.. permettez-moi de vous dire que vos blagues sont de mauvais goûts.. »
Simon, imperturbable :
« je lui forge le caractère..
« Alan..? Allez remettre le chaton près de sa mère... s’il vous plaît »
Elle le serre soudain contre elle :
« si ça se trouve ! Les rats ont dévoré toute la portée et c’est le seul survivant ! »
Le garde du corps prend le chaton :
« si c’est le cas, je les vengerais... »
Il s’éloigne.
Jeff rassure sa patronne :
« asseyez-vous mademoiselle.. vous tremblez..
— je.. je peux pas m’en empêcher... »
Simon se sert un verre, sans la regarder :
« chochotte.. »
Jeff soupire, résigné :
« vous savez bien que votre demi-frère est.. taquin.. »
". Diana gemit :
" qu'est ce que tu fais là en plus ?!
- je suis venue voir ma petite sœur chérie.." elle chuchote à son ex amant :
" pitié.. ne me laissez pas seule avec lui.." il sourit, et lui sert les deux mains :
" courage mademoiselle..". Les deux employés laissent le frère et la soeur seuls.. Diana grimace :
" tu peux me faire un calin pour t'excuser..?" il s'affale à côté d'elle et l'enlace :
" le petit chaton a peur des gros rats ?
- arrête... s'était horrible..
- tu sais qu'on a des pistes pour les tatouages ? T'avais raison.. on va bientôt savoir si c'est bien Aïcha notre victime..
- je ne veux pas savoir ! Tu sais bien que je ne veux plus m'en mêler..
- t'en meurt d'envie..
- non ! ". Il l'a sert contre lui :
" chaton...tu sais que toi et moi... on a pas de secrets l'un pour l'autre..
- genre t'as aucun secret pour moi..?
- non.. et toi non plus.. pas vrai..? " il lui chuchote à l'oreille..:
" un grand frère.. ça sait toujours tout..". Elle soupire et se lève :
" je ne sais pas de quoi tu parles..
- ha ouai...?" Il l'attrape pour la chatouiller, lui arrachant des cris de protestations.. Quand Victor, Alex, William et les enfants rentrent, Catherine regarde avec Jeff, le frere et la soeur se courire après et se bagarrer..:
" LACHE MOI ABRUTIT !!
- dit que tu m'aime, ou je raconte qu'avant t'étais un mec !".