Drogues et peinture

4829 Words
Diana se réveille tôt le lendemain. Elle devait vite agir ! Après avoir emmené les enfants à l’école et à la crèche, elle convoque ses deux acolytes dans son antre : « Simon m’a dit hier soir que Victor prévoit d’appeler le procureur pour faire une descente chez le militaire… Il faut que je trouve de la drogue avant eux ! Si drogue il y a… Ça le rendra dingue… On va vite aller prendre la place de Lisa ! Vu qu’elle est malade, c’est l’occasion rêvée ! Je l’ai prévenue… Guillaume, passe-moi la perruque brune ! Et le faux tatouage cœur… le jean… celui un peu déchiré… Lynx, prépare le maquillage et les lentilles de couleur verte… » Elle commence à se déshabiller et son beau-frère ferme les yeux : « Mademoiselle a commandé le paravent ? — Heu… oui… mais t’inquiète pas… je ne me mets pas toute nue… Donne-moi les faux seins intermédiaires… et les fesses… et la gaine… et serre fort… » Il lui attache en tirant les lacets et rougit. Elle sentait toujours si bon… peut-être trop… « Mademoiselle sent bon… elle devrait changer de parfum, sinon on pourrait la reconnaître à l’odeur… — Pas bête… t’es pas dans mon équipe pour rien, toi… Donne-moi le parfum aux notes orientales… ça masquera… — Quand est-ce qu’ils vont faire la descente… ? — Il m’a dit demain… Victor doit appeler le procureur ce matin… » Une fois prête, Diana est méconnaissable. Changée en Lisa, avec ses talons, sa bouche et ses yeux surmaquillés… Lynx siffle : « Hé ben… c’est très ressemblant, franchement… — Merci, allez… il faut garer la voiture devant la cave pour que je sorte incognito… Officiellement, je ne suis jamais revenue de l’école, je suis allée me détendre… — À vos ordres, mademoiselle. » Diana et son beau-frère descendent dans le souterrain et elle monte dans le coffre. Son garde du corps s’installe à l’avant avec Khaïs, et ils s’arrêtent au portail du domaine. Franck sourit : « Tiens… Laurel et Hardy… t’es pas avec Mademoiselle, toi… ? — Non… elle se détend, elle n’a pas besoin de moi pour se faire épiler les jambes… On doit aller la chercher dans trente minutes… tu vas nous mettre en retard… » Khaïs acquiesce : « Mademoiselle va s’inquiéter si on l’est… et si Mademoiselle est inquiète, elle va appeler le boss… et le boss déteste que sa fille soit inquiète et… — Ça va… allez-y… » Les deux hommes s’arrêtent un peu plus loin et ouvrent le coffre. Diana se met à l’arrière, et le trio arrive à quelques rues du bénéficiaire. C’est en Lisa qu’elle frappe à sa porte et il lui ouvre : « Salut, les chiens sont dehors. — Bonjour, parfait… — Ça t’embête de faire le frigo ? — Non… pas de souci… — Je te laisse, je vais dans le garage… y aurait du repassage après… — Je le ferai. — Dis… t’as bien un mec, toi ? — Hé oui… — Dommage… » Elle se souvient que sa belle-sœur est en couple libre : « On est un couple ouvert… mais pas de relation au travail, donc… Quand tu ne seras plus mon bénéficiaire, peut-être qu’on pourrait se revoir… » Elle lui fait un sourire et commence à faire ses tâches. Elle se demande si son fameux garage, où il passe tout son temps, n’était pas l’endroit où il planquait la drogue… mais impossible qu’elle y ait accès. Elle fouille un peu partout, comme la dernière fois… mais toujours rien. Elle repense aux codes de Victor… Est-ce qu’un dealer noterait à la vue de tout le monde ses ventes… ? Non, sûrement pas… Donc il devait avoir un code… la liste de courses… sur le frigo ! Mais oui ! Strawberry, mango, lemon… tout était en anglais… et si on rajoutait des lettres… ça donnait des noms de variétés de cannabis… Elle les prend en photo… elle donnera ça à la police après leur descente… pas de raison qu’ils aient toute la gloire… Elle commençait juste à nettoyer le frigo quand elle entend frapper… elle approche de la porte… et jure en silence. « POLICE ! OUVREZ ! » Victor ! Qu’est-ce qu’il foutait là !! Simon lui avait dit… elle serre les poings… Simon… il l’avait fait exprès !! « POLICE ! OUVREZ ! NOUS AVONS UN MANDAT !! » Elle imite la voix de son amie… : « Hé !? Ça va deux secondes ! Je vais chercher monsieur !! — QUI EST LÀ !?? — L’auxiliaire de vie !!" Elle sort par derrière et approche le jeune homme, qui était au téléphone… il raccroche et elle grimace : « Y’a la police… ils veulent entrer… ils ont un mandat… — Les flics…? — Oui… et ils ont pas l’air commode… tu devrais ouvrir… ils vont trouver ça suspect… heureusement que je suis venue à pieds… mes pneus sont lisses… — Heu… ouai… tu… tu peux ouvrir… j’arrive dans cinq minutes… — Ok…" Elle retourne à l’entrée… et Victor fronce les sourcils… Simon sourit… : " Salut chérie… — Lisa ?! — Bonjour commissaire… vous vous rappelez que je suis assistante de vie au moins ? — Où il est…?! — Il arrive… il était au téléphone… bon… j’ai un frigo à nettoyer…" L’homme entre et s’excuse : " Bonjour… pardon… j’étais dehors… qu’est-ce qu’il se passe…? — Commissaire Martin… lieutenant Garrel… capitaine Blake… nous avons un mandat de perquisition pour fouiller votre domicile… — Mais… de quoi on m’accuse… je suis militaire… je… — Trafic de stupéfiant… appelez votre femme de ménage, elle sera témoin." La fausse Lisa soupire : " Ça m’arrange pas… dans une heure je dois y aller… — Si monsieur n’a rien à cacher, ça ira vite…" Le commissaire fait signe à ses hommes de fouiller… elle laisse la porte du frigo ouverte… cachant la liste… sa conscience est en proie à un dilemme… soit elle le dénonçait… soit elle le couvrait… pour cette fois… il ne fallait pas qu’il pense que Lisa l’avait dénoncé… elle souffle… : " J’avais lavé le sol…" William approche… : " Vous ..tu... es… l’assistante de vie, c’est ça…? — Oui… — Vous venez depuis longtemps…? — Quelques semaines… pourquoi…? tu as besoin de quelqu’un cap'taine beau gosse ? — No…" Victor fronce les sourcils en regardant des papiers : " Vous êtes en arrêt depuis quand…? — Trois semaines… — Armée de l’air ? — Ouai… qui m’accuse…? — On a reçu un appel anonyme… — Mon voisin me menace à cause des chiens qui aboient ! Ce connard a dû inventer cette histoire ! — Et vous mademoiselle… — Quoi ? Moi…? — Vous avez remarqué quelque chose…? — Moi je me contente de faire mon travail… le reste ça ne me regarde pas… — Si vous savez quelque chose et que vous ne dites rien… ça peut passer pour de la complicité… vous ne voudriez pas avoir des ennuis avec votre employeur…? — J’ai rien à me reprocher… et c’est pas vos menaces qui vont me faire peur… hé !! Faites gaffe au parquet !! C’est compliqué de lever au lieu de traîner !!" Simon reprend ses hommes : " Vous avez entendu la demoiselle ?!" Blake questionne le militaire : " Vous nous montrez les dépendances…? — Suivez-moi… mais vous perdez votre temps…" Le commissaire lui fait signe de passer devant : "On en jugera nous-mêmes… lieutenant, restez ici…" Garrel attend qu’ils partent et s’approche de sa fausse copine : "Alors chérie… tu m’embrasses pas…?" Elle le repousse en grimaçant : " Bas les pattes ou je t’envoie mes microbes !!" Il lui chuchote : "T’es plus en forme que ce matin… — Peut-être que je vais mieux et que j’ai préféré aller travailler… — Embrasse-moi alors… — Pas pendant le travail !!" Heureusement, le commissaire revient… il fait signe à ses hommes d’arrêter de chercher : " On arrête… partez Mademoiselle… monsieur est en garde à vue à partir de maintenant, la prestation est terminée… — Va me falloir un justificatif… je veux pas perdre mon heure… — Vous allez venir au poste, faire votre déposition, et… lieutenant…? vous ferez un petit mot d’excuse à la demoiselle…? — Mais je lui fais ce qu’elle veut…" Il lui fait un clin d’œil… elle grimace… : " Pfff… laissez tomber… je vais pointer…" Elle part et ferme le frigo… elle passe devant l’homme, en lui lançant un regard désolé… : " Je dirai au bureau que vous annulez pour raisons familiales… prévenez-les quand vous rentrez…" Il acquiesce en lui souriant… et William sort son téléphone : " J’appelle la fourrière pour vos chiens… vous avez les papiers du staff…? — Ouai… c’est pas un vrai…" Diana part à pieds… à moitié ravie. Victor n’y avait vu que du feu… William aussi, car il ne lui avait rien fait remarquer… ni clin d’œil complice, ni sourire en coin… mais Simon l’avait presque cramée !!?? Est-ce que Charles lui avait parlé !! Ou Will ??! Et Alex… ? Est-ce qu’il avait des doutes lui aussi… ? Merde… il fallait qu’elle protège ses arrières ! Elle appelle Lisa en s’engouffrant dans la voiture : " Est-ce que tu es assez en forme pour aller au poste !? Le mec est en garde à vue, il faut que tu ailles faire une déposition… — T’inquiète mon canard… — Simon m’a presque cramée… je suis sûre qu’il a un doute… je dois me montrer au commissariat en même temps que toi… — Dis-moi ce que je dois dire… et je m’occupe de montrer à ton grand frère que c’est pas toi sous cette chevelure de rêve… — Beurk…" Dans la voiture de police, Simon bougonne : "Elle m’a pas embrassé…" Victor fronce les sourcils : " Qui ça !? — Ben Lisa… — Pourquoi ??! — Heu… elle a dit…" pas au boulot" — C’est vrai qu’elle avait l’air différente… je me demande si…" Blake lève les yeux au ciel et donne un coup à Simon en lui murmurant : " Bien joué… il va dire que c’était peut-être Foxy… et on est repartis pour une crise…" Effectivement, le commissaire se penche entre eux : " Et si c’était Diana ! Déguisée ??!" Ils gémissent tous les deux et laissent leur chef argumenter : " Elle paraissait plus petite !! Et n’était pas aussi vulgaire que d’habitude… ! — Hé… c’est ma copine, hein… — Je suis sûr que c’est une perruque ! Je vais lui faire cracher le morceau !!" Quand ils arrivent au commissariat, Victor marmonne toujours… Simon et William laissent les agents emmener le suspect. Les deux officiers sourient à leurs copines respectives : " Hello darling… — Salut chérie…" Le commissaire s’arrête net devant les deux femmes… surpris… les regardant l’une après l’autre… Lisa chuchote à son amie : " Qu’est-ce qu’il a… ? — Bonne question… commissaire ? Tout va bien… ?" Il fronce les sourcils : " Pourquoi vous êtes là ! En même temps ?! — Heu… je viens travailler… comme presque tous les jours… j’ai croisé Lisa… — Et moi je viens faire ma déposition… et chercher mon p’tit mot d’excuse… — Vous étiez obligées d’arriver en même temps !!? Lisa !? J’espère que tu n’as pas parlé de ton bénéficiaire !? — On parlait des enfants… — Qu’est-ce que tu faisais là-bas !!? — Je travaillais… — Si je découvre que tu fouines pour elle ! — Pardon…?!" Diana soupire : " T’inquiète… il est persuadé que je me mêle des enquêtes… ne lui réponds pas… viens… on va prendre un truc chaud pour ta gorge…" Le commissaire serre les poings… et les suit : " S’il y a la moindre petite incohérence dans sa déposition ! Sois sûr que…" Diana lui plaque la main sur la bouche : " Père… encore un mot, et je vous jure que je demande à Guillaume de vous faire taire ! Vous n’avez pas un type à interroger !!?" Il retire sa main et sourit… crispé : " Bien sûr mon ange… — Je vais aller travailler dans votre bureau… je peux avoir la clef ou vous allez me soupçonner de fouiller dans vos affaires… ? — Ça va… c’est ouvert, Jeff m’y attend…" Il part. Elle secoue la tête en murmurant à Lisa : " Il est vraiment soupçonneux… — Bonne chance pour quand tu vas le revoir, mon canard…" Les deux femmes avalent leurs boissons. C’est William qui vient chercher l’ancienne escorte pour sa déposition… Diana appelle Guillaume et monte travailler… Jeff semble un peu perplexe que la jeune femme ramène son garde du corps, mais il ne pose pas de questions et continue à lire son bouquin. Le demi-frère de Victor fait pareil… mais avec son portable. Quand le chef de la police rentre dans son bureau, il trouve sa fille studieuse : " Qu’est-ce qu’il fait là, lui ? — Mon garde du corps surveille que le vôtre ne me surveille pas… — Quoi… !? — Puisque vous êtes parano, je ne vois pas pourquoi je ne pourrais pas l’être moi aussi…" Elle lui sourit et tend un dossier à Guillaume : " Peux-tu faire passer ça à son garde du corps… ? Pour qu’il vérifie que c’est juste un CV pour le poste de directeur… on ne sait jamais… — Oui mademoiselle…" Jeff feuillette le dossier et le passe à son patron : " Rien à signaler, monsieur…" Victor soupire : " Diana… c’est ridicule… — Qu’est-ce que vous attendez pour le lire… ?" Il soupire et s’assoit. Elle tape quelques mails, se lève, passe derrière lui… puis s’approche de son ancien amant : " Fouillez-moi… pour qu’il soit sûr que je n’ai rien volé…" Le commissaire lève les yeux au ciel. Jeff sourit : "Tendez les bras…" Il tapote son corps : "Rien à signaler…" Le comte la regarde s’approcher de Guillaume : " Fouille-moi… son garde du corps a peut-être mis un micro sur moi… — Oui mademoiselle…" Il se lève : " Ça suffit !! On va parler au lieu de continuer ce cinéma !" Sa fille regarde l’heure : — C’est l’heure des enfants… allons-y Guillaume… — Diana !!" Ils sortent. Victor se rassoit, excédé : " Bon sang ce qu’elle me rend dingue !!" Jeff sourit : " Peut-être que vous devriez… arrêter d’entrer dans son jeu… — Tu penses qu’elle me manipule ? — Si elle voulait vous manipuler… elle ne pourrait pas mieux s’y prendre…" Simon frappe : " Chef… ? On le tient… — C’est Lisa ?! — Non…sa déposition ne mentionne rien de plus.. elle a rien vu — Qui alors !? — L’Agence de détectives… — Mais de quoi ils se mêlent !!? — Clause contractuelle… je ne sais pas quoi.. ils ont trouvés une liste de commande... — Classez l’affaire. Jeff ! Ramène-moi au manoir. Diana doit y être " Diana était en effet, au manoir avec les enfants… Guillaume aidait son neveu à construire des tours, que sa nièce venait détruire comme une mini-monstre géante et hurlante… Sa fille adoptive se plaignait à sa femme, qui lui lançait un regard mécontent dès qu’il passait la porte… il lève les mains : " Je viens en paix… mon ange, j’aimerais te parler… — Dans ce cas, on va dans mon bureau… des fois que j’en profiterais pour fouiner…" Ils se retrouvent seuls et se fixent un instant… avant que le commissaire ne s’excuse : " Je sais que j’ai été… — Hautain et méchant… ? — J’allais dire nul… mais ça marche aussi… — En tout cas, je constate que vous avez trouvé une autre pauvre assistante de vie à harceler… vous allez l’adopter elle aussi ?! — Quoi… ?! — Vous savez très bien de quoi je parle !!" Elle croise les bras et lui tourne le dos : " J’ai bien vu comment vous vous comportez avec Lisa ! Vous faisiez pareil avec moi ! — De quoi tu parles enfin ?! — Je vous déteste de toute façon ! Alors remplacez-moi si ça vous chante !" Elle sanglote et le commissaire est perplexe… il s’approche : " Mon ange… je ne cherche pas à te remplacer…" Elle essuie des larmes : " On ne croirait pas… !" Il l’enlace et l’attire contre lui : " Je te promets que j’essaie de faire des efforts… mais comprends-moi… je suis parti quatre mois… à mon retour, une agence de détectives privés aide les gens, mes hommes ont des enquêtes dans lesquelles des assistantes de vie ou des femmes de ménage trouvent des cadavres… des témoins mystérieux appellent pour donner des indices… et ma fille chérie qui avait la manie de s’attirer des ennuis s’est transformée en une présidente d’association bien trop sérieuse… en plus, une de ses amies est de temps en temps mêlée à des affaires… — C’est parce que Lisa renseigne Simon ! Quand y’a des trucs louches, elle lui en parle, et elle, elle s’y connaît en trucs louches ! La drogue, c’est elle qui lui en a parlé !! Et je n’étais pas la seule assistante de vie à avoir la poisse ! Et puis j’ai fait appel à l’Agence moi aussi ! Si c’était moi, je le saurais ! — Je n’avais pas pensé que Lisa pouvait rencarder Simon… j’ai encore du mal à croire qu’ils soient ensemble, ces deux-là… écoute… je suis désolé… je sais que je vais sûrement trop loin… je m’y prends mal depuis que j’ai fait cette stupide thérapie… parce que j’ai peur pour toi… encore plus qu’avant…" Il repense à ce que Jeff lui avait dit, tout en caressant les cheveux de sa protégée… merde… c’était vrai qu’il était bien trop faible dès qu’elle pleurnichait… il chasse cette idée… il détestait qu’elle lui en veuille… " Je vais reprendre du début… je vais te faire entièrement confiance… — De toute façon… même si par hasard, bien que ce serait stupide, si j’étais à la tête d’une agence de détectives privés, vous n’auriez rien à me dire… — Quand même, si… — Mon vrai père, il me soutient quoi que je fasse… même s’il ne comprend pas ce que je fais… il croit que je suis animatrice pour personnes âgées… vous, vous vous moquez de mon association… — Je ne me moque pas… je dis juste que c’est… un peu… — Vous ne trouvez même pas les mots ! — Je préfère juste, de loin, ton site de vente d’articles de luxe en seconde main… — Oui ben… c’est Philippine qui s’en occupe maintenant… j’avais trop à gérer… je mets du temps à trouver mon équilibre… et à savoir ce que je veux vraiment faire… l’association, c’était un de mes rêves, depuis longtemps… c’est vrai que… ça me manque de m’occuper des gens… mais… quand cette folle m’a séquestrée dans sa cave avec ma collègue qu’elle retenait depuis des mois… et le corps dans le congélateur… et Simon qui avait perdu la mémoire à cause de moi… ça m’a… ça m’a suffi… j’ai cru que je ne reverrais plus jamais Angy ce jour-là… je ne veux plus rien faire de dangereux… et maintenant, j’ai Liam… c’est encore pire… je l’ai abandonné une fois… si je meurs… je m’en voudrais pour l’éternité… — L’accident de Simon n’était pas de ta faute, mon ange… — Même…" Il l’embrasse sur le front : " Je te promets de te soutenir désormais… après tout… c’est important, l’écologie…" Elle grimace : " Moui… — Tu n’as qu’à commencer par me montrer ton bureau et ta cave… pour voir ce que tu fais… en vrai… et… même… les aménagements que tu as faits… ? — C’est un prétexte pour fouiller mon bureau ? — Trésor… c’est pas mon genre…" Elle esquisse un sourire un peu boudeur : " Je ne vous déteste pas autant que je l’ai dit… — Je sais…" Il la prend par la taille : " Te remplacer par Lisa… ? Quelle drôle d’idée… ? — N’empêche, vous lui criez dessus comme vous criiez sur moi… — Oh… tu es jalouse… ?" Il lui tapote la joue… elle fait sa moue de canard : " Ça me manque parfois… notre jeu du chat et de la souris… — Je t’avoue qu’à moi aussi… c’est sûrement pour ça que j’ai tant envie que tu sois mêlée à une affaire… fais-moi un sourire… — Vous n’êtes plus fâché… ? — Je n’étais pas fâché, pas contre toi… j’étais juste frustré de te voir avec Lisa… je pensais que c’était toi… je me suis senti ridicule… et complètement stupide…" Elle lui montre son bureau, avec les petites histoires qu’elle avait écrites pour ses animations : " Tu as écrit des livres pour enfants… ? — Juste deux… pour les animations… c’est pas de la grande littérature… — J’adorerais lire Huguette la chouette avec un verre de vin ce soir…" Elle sourit et l’emmène à la cave avec tout le bazar… il allait commenter, mais Diana lui fait les gros yeux : " Ma créativité s’exprime dans le chaos… — Et c’est très intéressant… heureusement que quand tu travailles pour moi, tu n’as pas besoin d’être créative… — Vous me jugez… c’est vexant… — J’arrête… promis…" Elle lève les yeux au ciel… et ils sortent dans le petit jardin, où les différents enfants ont planté plusieurs plantes… les petites pancartes explicatives l’étonnent… elles étaient très bien réalisées… les dessins, le graphisme… " C’est toi qui as fait ça… ? — Oui… même les dessins… avec l’aide de Liam… c’est lui qui a choisi les motifs… — Ce sont aussi tes photos… tu as du talent… tu devrais les exposer… — Non… je n’ai pas envie que tout le monde puisse les voir… elles ne sont pas… exceptionnelles… c’est juste quelques bestioles… — Je déteste quand tu te dénigres… — Je ne me dénigre pas… je suis juste réaliste… je ne trouve pas mes photos dignes d’être exposées… — En tout cas… je reconnais que tu as réalisé beaucoup de travail pour ton association… je suis fier de toi… — Merci…" Elle l’enlace : " Je commence à faire des bénéfices vous savez... - Vraiment… ? — Cinq euros ce mois-ci… — Le début de la fortune…" Il la serre en riant : " Allez, viens, retournons au salon…" Elle soupire : "Vous me promettez de ne plus me harceler… ? Et de me faire confiance… ? Vraiment… pas comme les autres fois… — Oui… promis… — Jeff et les autres ne me surveilleront plus… ? — Ça… je ne peux pas te le promettre… ils assurent toujours ta sécurité. — J’ai Guillaume maintenant… — Trésor… — Père… — Très bien… ils vont… relâcher leur surveillance…" Elle lui sourit : " Merci… moi, je vous promets de… ne plus vous faire la tête pour rien… ? Puisque je n’ai rien à me reprocher alors… — Promets-moi de continuer de rester loin des ennuis… ça me suffit… — Promis…" Par la fenêtre du salon, Guillaume soupire et se tourne vers Jeff : " Elle ne l’a pas giflé tout à l'heure…" L’homme de main de Victor sort un billet : " Tiens… j'en suis surpris... elle sait de mieux en mieux contrôler sa colère quand elle s’engueule avec lui… — Peut-être parce qu’il sait de mieux en mieux ne pas être un connard… ? — Surveille ton langage… — C’est pas mon patron…" Guillaume décroche sa nièce du rideau : "Garde tes bêtises pour ton père, toi…" Liam lui tire la manche, très sérieux : " Tonton… ? Est-ce que si Fenrir il a marché dans la peinture, c’est une bêtise de moi ? — Heu… non… c’est une bêtise du chien… — Ah ouf… parce que Fenrir, il a marché partout sur le canapé… et sur les tapis…" Son oncle regarde, dépité, l’étendue du désastre : le chien avait transformé le salon en toile d’art contemporain. Des traces multicolores éclaboussaient les coussins crème, des empreintes arc-en-ciel grimpaient sur les rideaux, et des pattes blanches parfaitement dessinées serpentaient fièrement sur le parquet en chêne ciré, comme si Fenrir avait signé son œuvre. Une chaise portait même une marque de queue enthousiaste. "Oh fait chier…" Sa nièce rit en répétant, ravie : "Aichier !!" Jeff rit et pose une main sur l’épaule de son collègue : " Bon courage… — Hé ! Aide-moi ! — Désolé… monsieur ne m’a pas demandé de surveiller les enfants…" Dans le couloir, Jeff croise Catherine, qui était partie chercher le goûter des enfants : " Mon mari et Diana sont revenus ? Gustave arrive avec le plateau. — Ils reviennent, madame… est-ce que vous aimez toujours l’art abstrait… ? — Pourquoi ? — Parce que… la décoration a quelque peu changé… — Guillaume s’est laissé déborder par les enfants et c’est le chaos dans mon salon… ?" Elle soupire en souriant : "Je sais que mon mari t’a dit de ne pas lui faire de cadeaux… mais il ne faut pas trop le torturer non plus, le pauvre…" Elle entre d’un pas décidé dans la pièce et étouffe un cri. Fenrir court vers elle mais s’arrête net quand elle lui fait un geste de la main : "Pas bouger, Fenrir !" Guillaume avait posé Angy au sol : "J’ai pas dit oui pour la peinture, madame !!" Il tente de nettoyer les dégâts avec des mouchoirs déjà imbibés de toutes les couleurs possibles, aidé par Liam : " Je vais t’aider tonton… oh non… j’ai les mains toutes cracra…" Il tente de l’empêcher de s’essuyer sur ses vêtements : "Non ! Pas tes habits ! — Mom elle dit que ça se lave… sorry mamie… Fenrir il a marché sur mes dessins…" Il lui tend fièrement une feuille chiffonnée, maculée de peinture et de traces de pattes : " Je t’avais peint un cœur…" Jeff se retient de rire. Catherine se penche sur Liam : "C’est adorable, chéri…" Elle entend un gémissement : "Oh juste ciel… — Gustave… pouvez-vous vite aller chercher de quoi nettoyer… ? Avant que Monsieur n’arrive… - oui... Madame... il va falloir beaucoup d'eau..." Des pas les font se retourner : " Oh my godness !!" Catherine sourit à William et Alexis : " Vous tombez bien, vous deux… Alexis, trésor… peux-tu aller laver Fenrir… ? — Est-ce que je peux attendre que Didi et mon père voient ça ? S’il te plaît… ?" c'est à cet instant précis que Victor et Diana reviennent... la jeune femme étouffe un cris.. Liam s’exclame, ravi : " Mom !! Papy !?! Fenrir il a fait une bêtise ! Tonton il dit que c’est pas ma faute si Fenrir il a marché dans ma peinture !!" Victor fusille son demi-frère du regard. "non, c'est pas de ta faute mon grand.. tonton n'aurait pas du te laisser sortir la peinture.. tonton devrait savoir que la peinture c'est salissant !" Le major rit : " j'ai bien fait d'attendre.. allez Fenrir ! Viens mon chien !" Le b****d lui saute dans les bras malgres sa taille.. pressé d'echapper à la colere de son maitre.. l'humain qui sentait un peu pareil, allait passer un sale quart d'heure.. Blake prend sa fille à bout de bras et elle est ravit de montrer qu'elle sait un nouveau mot : " aichier !! - ho sweetie.. si tu n'étais aussi adorable peinte en rose.. je.. " Diana le reprend : " Will !?! " il soupire et durçit le ton : " Miss Angelina Blake - Roux ! Je ne suis pas content ! Tu vas aller au bain jeune fille ! - aichier ! - Angy ! C'est un vilain mot !", il l'enmene à l'étage, pendant que Diana calme son pere adoptif : " ne lui criez pas dessus ! Je n'aurais pas du les laisser si longtemps.. Liam adore la peinture en ce moment.. j'aurais du prevoir.." le garçon baisse la tête..: " sorry papy.. c'est pas la faute de tonton.. j'ai pas demandé la pemission.. je savais pas que Fenrir il allait venir voir.. je voulais faire un coeur à mamie et un coeur à mom.. - papy n'est pas faché, et moi non plus mon cheri, mais il faut nettoyer, si tu avais demandé la permission à Guillaume, il aurait pu faire sortir Fenrir.. alors, tu dois rattraper ta betise.. Regarde, Gustave apporte le nettoyeur vapeur, tu vas nettoyer et je vais t'aider, parceque c'est tres chaud.. et tu iras mettre tes vetements dans la machine à laver.." le garçon acquiesse et son oncle remplaçe sa mere : " laissez mademoiselle.. j'aurais du mieux les surveiller.. je vais aider Liam.. - c'est adorable.. ". Catherine acquiesse : " Gustave..? Vous rajouterez un couvert pour le frere de Monsieur le comte...il dine avec nous ce soir.. " il acquiesse, pendant que les deux hommes marmonnent : " demi-frere..".
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