XXIIPierre retourna chez les Rostow dans la soirée pour remplir sa mission. Natacha était au lit, le comte au club ; il remit les lettres à Sonia, et passa chez Marie Dmitrievna, qui était très désireuse de savoir comment le prince André avait supporté sa déception. Sonia entra un instant après : « Natacha tient à voir le comte, dit-elle. – Mais comment le mener chez elle, où tout est en désordre ? demanda Marie Dmitrievna. – Elle s’est levée, et attend le comte au salon, » répliqua Sonia. Marie Dmitrievna haussa les épaules : « Quand sa mère arrivera-t-elle ? Je suis à bout de forces. Quant à toi, ménage-la, ne lui dis pas tout ; elle fait tellement pitié, qu’on n’a pas le cœur de l’accabler. » Natacha, amaigrie, pâle, mais n’ayant nullement l’air humilié, comme Pierre s’y attendait

