CHAPITRE XXXVUn soir d’étéMa première action fut de cacher Joseph Chénier. Personne alors, malgré la terreur, ne refusait son toit à une tête menacée. Je trouvai vingt maisons. J’en choisis une pour Marie-Joseph. Il s’y laissa conduire en pleurant comme un enfant. Caché le jour, il courait la nuit chez tous les représentants, ses amis, pour leur donner du courage. Il était navré de douleur, il ne parlait plus que pour hâter le renversement de Robespierre, de Saint-Just et de Couthon. Il ne vivait plus que de cette idée. Je m’y livrai comme lui, comme lui je me cachai. J’étais partout excepté chez moi. Quand Joseph Chénier se rendait à la Convention, il entrait et sortait entouré d’amis et de représentants auxquels on n’osait toucher. Une fois dehors on le faisait disparaître, et la troupe

