CHAPITRE XXVIUne chaise de pailleComme j’étais placé de côté sur cette chaise, ayant le dossier sous mon bras gauche, je ne pus m’empêcher de le considérer. Ce dossier, fort large, était devenu noir et luisant, non à force d’être bruni et ciré, mais par la quantité de mains qui s’y étaient posées, qui l’avaient frotté dans les crispations de leur désespoir ; par la quantité de pleurs qui avaient humecté le bois, et par les morsures de la dent même des prisonniers. Des entailles profondes, de petites coches, des marques d’ongles sillonnaient ce dos de chaise. Des noms, des croix, des lignes, des signes, des chiffres, y étaient gravés au couteau, au canif, au clou, au verre, au ressort de montre, à l’aiguille, à l’épingle. Ma foi ! je devins si attentif à les examiner, que j’en oubliai pres

