29Aymon Galiffe avait l’habitude d’être ponctuel. La bise soufflait fort quand il passa le pont en direction de la demeure de Labordon, après avoir garé sa voiture au parking de Saint-Antoine. Il sonna à l’heure dite. L’homme à la mine patibulaire vint lui ouvrir. Il était vêtu de noir de la tête aux pieds et aussi peu souriant que lors de leur précédente rencontre. Sans doute par souci de protocole. Ils se saluèrent rapidement et l’historien fut invité à passer au salon. Aristide Labordon y attendait son hôte dans un fauteuil Voltaire qui lui donnait un air princier. Une atmosphère lugubre enrobait toute la maison. On y voyait à peine. Labordon portait d’étranges lunettes miroir qui dénotaient dans cette pièce sombre. Aymon se précipita pour lui prendre la main et le saluer. – Maître, je

