CHAPITRE 8 À Boulogne-sur-Mer, à pareille heure de ce premier jeudi d’octobre, un soleil insolent plombait la chaussée et les trottoirs de l’avenue John-Kennedy, surexposant chaque façade au voyeurisme des passants, lustrant de lumière les crépis et les peintures, la brique ou le ciment des enduits et tout ce que la patine des années rendait indéfinissable, un soleil impérial et dominateur. Tels le meurtrier aimanté par le lieu de son crime et le vieil obsédé ou l’ivrogne qui reviennent toujours à leur défaut, Françoise n’avait pu s’empêcher de venir rôder dans les parages de la maison de feu Jordy Flahaut, non point par nécrophilie mais plutôt parce qu’elle avait sympathisé avec sa veuve qui, depuis, s’était évaporée sans laisser d’adresse. À ses amies normaliennes, Françoise s’était b

