1.Un matin de mars, sur le quai de la gare de Cannes, l’attention des voyageurs attendant le train fut attirée par l’une des deux jeunes filles accompagnant une personne d’un certain âge, aux cheveux grisonnants et aux manières distinguées. C’était la plus délicieuse créature qu’on pût imaginer : pas très grande, de formes harmonieuses bien qu’un peu graciles encore, l’allure vive, souple, élégante, dans le sobre tailleur foncé dont elle était vêtue. Un petit chapeau en forme de tricorne coiffait les cheveux bruns aux chauds reflets de cuivre, arrangés en bandeaux très simples au-dessus du front bien modelé. Des yeux incomparables, d’un noir velouté, épandaient une clarté de vie pure et ardente sur le visage aux traits délicats, au teint légèrement ambré. Tout, dans cette jeune personne,

