Pour différents motifs, une gêne pesait donc sur tous, mais nul n’en laissait rien paraître. Brunhilde continuait de causer avec aisance et semblait ignorer la présence de Cyrille, taciturne et effacé. Boris se mêlait à la conversation avec un air de nonchalante indifférence. Mais qu’Aniouta laissât glisser son écharpe, aussitôt il relevait d’un geste vif le léger tissu et le remettait avec un soin d’amoureux sur les épaules de la jeune fille, qui le remerciait par un sourire. Ou bien il insistait pour qu’elle reprît des pâtisseries qu’elle aimait, tout occupé d’elle seule, emporté à la fois par son amour et par le secret plaisir d’exaspérer cette Brunhilde hypocrite et mauvaise, toujours éprise de lui. Aniouta, palpitante d’une joie profonde, oubliait le banal décor de ce salon de thé, l

