5.Deux fois dans la semaine, dès lors, le comte Vlavesky reçut une lettre de sa pupille. C’était une longue lettre, où Aniouta lui confiait toutes ses pensées, tous ses petits ennuis, en un style que de légères incorrections n’empêchaient pas d’être délicieux. L’âme délicate s’y montrait avec toute son ardente reconnaissance, toute sa fraîcheur et sa spontanéité d’impressions. La fillette avouait bien simplement qu’elle avait de petits conflits avec la comtesse Vlavesky, et qu’elle ne lui obéissait pas toujours. Elle s’en repentait ensuite et c’était à Boris qu’elle en demandait pardon, « Je sais bien que c’est très mal, écrivait-elle, mais je sens que ma cousine ne m’aime pas ; alors, je me raidis, je me révolte aussitôt en dedans, quand elle me défend quelque chose. Grondez-moi bien, m

