La nuit des cendres À. MADAME SAND Pulvis es. Il y a bien dix ans de cela, madame, vous m’adressiez ces paroles : « Vous avez besoin d’expansion, mais vous avez encore plus besoin d’idéal. Élevez votre cœur vers des idées qui vous soutiennent et vous consolent quand vos sentiments rencontreront la souffrance et le regret. » J’étais jeune alors ; je ne pouvais vous comprendre. Depuis j’ai bien vieilli, et je sais maintenant combien vous aviez raison. Oh ! les amis qu’on avait à vingt ans ! les cœurs préférés où l’on place ses folles illusions, et les fantaisies rêveuses qui n’éclosent jamais, et les espérances de notre jeune vie ! Oh ! les amis des généreuses années, mousquetaires intrépides et dévoués, liés entre eux par un serment, jusqu’à la mort, et avec lesquels on doit conquérir l

