Sur la route pour se rendre chez le commissaire, William reflechit. Malgres les chamailleries d'Alex et sa compagne... il avait eu une mauvaise nouvelle la veille. Le labo et le medecin legiste étaient formels. Le cyanure avait acceleré la mort de Madame Lamagat, mais c'est une embollit gazeuse qui l' avait commencé... et ça changé tout... desormais il ne cherchait plus un coupable... mais deux...
Il avait bien verifié l'homme louche vu par Diana.
D'ailleurs, le commissaire avait soupiré tres fort, quand il lui en avait parlé... William avait bien vu une photo chez la victime, d'un de ses petits fils portant le sweat... mais ça ne collait pas... le garçon était tout simplement venu voir sa grand mere, mais voyant que l'aide menagere était là, il avait preferé attendre dans un café pas tres loin. Il avait été reconnu par le patron qui lui avait servit un petit dejeuner. Blake était aussi soucieux car Pauline ne voulait pas porter plainte. Il l'avait appelé apres la soirée crêpes, mais la jeune fille etait encore sous emprise et terrorisée... l'ex compagnon avait été liberé et il devait être furieux de retourner dans un appartement vide... sans compagne... comme il avait ete arrété pour possession de drogue, c'est la capitaine Rouget qui l'avait arrêter.
Blake avait fait attention à ne pas le croiser, ni à être cité pour ne pas qu'il se doute de quoi que se soit. Il faisait prendre des risques à sa grand mere mais normalement jamais il n'irait les chercher là bas.
La voie du GPS le ramène à la realité.... ils sont perdus.
En même temps avec Diana au volant... Il prend le telephone pour regarder le gps de plus pres :
" c'est à droite, qu'il fallait tourner Foxy..
- ben ? J'ai tourné à droite ?
- non... ça, c'est la gauche...
- ha... c'est Alex qui me stresse !" Le jeune homme rigole :
" ça va être de ma faute maintenant, je t'avais dit, de me laisser conduire
- tu roules trop vite ! je vais être malade !".
William lui fait signe de se garer :
" Je vais conduire, sinon on y sera jamais à l'heure.
- mouai... j'espere que j'ai rien oublier...".
Alexis lui donne une tape sur la tete :
" à part ton cerveau tu veux dire...
- vas te faire voir...".
Le lieutenant se met au volant et les enmenent à bon port.
Ils passent les grilles pour arriver devant une grande maison. Grande.. était un bien grand mot.
Diana se mord les levres... Alex n'avait pas mentit... c'est presque un chateau... les arbustes sont taillés au millimetre pres... le gazon est parfait... les gravillons font meme un bruit parfait quand on marche dessus... le commissaire les acceuillent d'un air nonchalant, Un porte cigarette lui donne un air encore plus sophistiqué :
" vous êtes ponctuels, je n'en attendait pas moins de vous..." Diana lance un regard noir à Alexis :
" c'est grâce à William ça..." son ami sourit :
" il ne confond pas sa droite et sa gauche lui.." Victor souffle sa fumée :
" pas encore ensemble et deja une scene de menage... ça promet d'être interessant... quand pensez vous William ? Je peux vous appelez William ?
- bien sur commissaire, je vous avoue que j'ai hate de les voir en situation
- appelez moi Victor, nous ne sommes pas au commissariat
- je ne sais pas si j'oserais...
- venez, je vais vous montrer vos chambres, vous pourrez vous changer, si vous n'avez pas de robe Diana, ma femme peut vous en pretez une...
- c'est gentil mais ça ira... j'ai trouvé chaussures à mon pied comme on dit... c'est votre fils qui m'a aidé à la choisir
- l'une des journées les plus longues de ma vie.. jusqu'au moment ou un gamin à ouvert le rideau de sa cabine...
- sale gosse...
- et toi Alexis ? Tu as un smoking ?
- ouai... enfin... oui pere... j'ai un smoking...
- parfait, tu n'as plus ton piercing ?
- je l'ai enlevé... mais seulement pour ce soir...
- c'est bien...".
Ils entrèrent dans la maison, et Diana dut se retenir de s’exclamer tant le spectacle la saisissait. C’était somptueux. Des tableaux aux cadres dorés tapissaient les murs, reflétés par de grands miroirs anciens ; des tapis épais étouffaient les pas, et les meubles finement sculptés semblaient tout droit sortis d’un autre siècles .
Le hall d’entrée débouchait sur un petit salon aux tons profonds de rouge, chaleureux et raffiné. Diana était éblouie, le regard avide, absorbant chaque détail de cette décoration fastueuse.
Une femme, encore très belle, les attendait, appuyée nonchalamment contre un meuble, un verre de vin à la main. Un peu plus grande que Diana, les cheveux bruns encadrant un visage sûr de lui, mais triste.
Elle avait des formes plus affirmées, une présence indéniable.
Diana reconnut Catherine. Celle-ci sourit aussitôt en la voyant, un sourire franc et lumineux, visiblement ravie de la retrouver.
Alexis sembla soudain très mal à l’aise lorsque son père fit les présentations. Catherine aussi. Yeux baissés, sourires fuyants, un léger rouge aux joues… Victor, lui, n’y prêta aucune attention, trop occupé à montrer un tableau à William.
Diana observa la scène : des mains qui se tordaient, des regards qui s’évitaient. Elle porta aussitôt une main à sa bouche.
— Oh… oh non… c’est pas vrai…
Elle étouffa un rire et chuchota :
— Vous… tous les deux…
Elle accompagna ses mots d’un petit geste explicite avec les doigts, puis préféra battre en retraite en rejoignant son compagnon, non sans leur lancer encore quelques regards équivoques.
Alex était surpris... quel imbecile ! Il se souvenait bien de cette fameuse nuit juste avant son coma... il avait couché avec une femme d'age murs. Sublime. Qui n'avait jamais couché avec un plus jeune.
Elle lui avait laissé de l'argent sur la table de nuit, apres leurs ébats. Il savait qu'il l'avait deja vu quelque part, mais il ne se souvenait pas où . La memoire venait de lui revenir : c'etait la femme du commissaire... sa belle-mère. :
" heu... enchanté... je ne m'attendais pas à vous revoir...
- moi non plus...
- je vous ai croisé au commissariat un jour...
- oui... disons cela... si j'avais sus...
- et moi donc..." les deux exs amants affichent des sourires de facades, quand Victor vient vers eux :
" vous avez fait connaissance, c'est parfait, depuis le temps que j'avais envie de te presenter mon fils, c'est chose faite. Venez, je vous montre vos chambres, à tout de suite Chérie".
Il embrasse sa compagne et notre trio le suit dans les couloirs.
Un employé, c'est chargé des bagages, qui les attendent dans deux chambres. Moderne, contrairement au reste des pieces :
" je vous ai fait preparer les deux chambres les plus .... "modernes"... j'ai pensé que vous seriez plus à l'aise dans une ambiance plus "jeune"... elles communiquent entre elles...par la salle de bain, qui est commune, mais chacunes à ses propres sanitaires, certains invités resteront la nuit et repartiront tres tot, ils ne se douteront de rien. Prenez le temps de vous preparer, ou de visiter, il vous reste une bonne heure, faites comme chez vous, à tout à l'heure".
Le groupe sourit, et Diana ne tarde pas à prendre Alex par les épaules :
" tu as couché avec ta belle mere !?".
William ouvre grand ses yeux bleus :
" WHATH ? Serieux ? Toi et la femme du... ho my god...
- ça va... je savais pas que c'etait elle... c'etait la soiree avant mon coma, elle m'a juste dit qu'elle était mariée... je l'ai pas reconnu... apparement, ils sont en couple plutot libre
- ha le commissaire c'est certain." la jeune femme hausse les epaules :
" bon... c'est pas tres faire play de rendre cocue son propre pere, mais apres tout... vous n'êtes pas du même sang, il n'y a pas mort d'hommes... c'est comme si toi et moi, couchions ensemble, c'est pas incestueux... mais comme quoi, tu devrais te mefier des applis de rencontres....
- j'en suis pas tres fier, mais honnetement, je ne me souvient plus trop de cette nuit alors...
- elle, elle doit s'en souvenir vu comme elle est devenue rouge...
- et si on parlait d'autre choses ?".
Le trio explore la chambre, William et Alex cherche surtout discretement si il y a des micros ou des cameras... rien..
Sa compagne file dans la salle de bain pour se preparer.
Le lieutenant s'interroge, pourquoi mettre une camera dans leur chambre ? enfin... dans la chambre d'Alex et Diana... il esperait quoi ? Qu'ils couchent ensemble, et qu'il puisse s'en servir pour le rendre jaloux ? Ou les faire chanter ? Il ne peut pas être sur qu'ils se passera un truc entre eux ? Alors pourquoi ? Il a donné des chambres communiquantes. Juste pour que se soit plus simple ?
Les deux hommes se déshabillent. Ils chuchotent entre eux, ils ont prevus de profiter de la soirée pour s'eclipser à tour de rôle pour fouiller un peu.
Son cousin pousse un soupir :
" vivement que cette mascarade se termine... le pantalon me gratte...
- allez courage... et puis tu connais déjà belle maman...
- tu ne vas pas t'y mettre toi aussi ?
- avoue que c'est incongrue..." il lui lance un oreiller en plein visage, et les deux hommes se mettent à chahuter.
Diana tente de se maquiller... elle a enfiler sa tenue... elle a opté pour une robe s'arretant à mi mollet. Noire, légèrement decolté en V, les manches transparentes et serrée aux poignets. Cela donne un style victorien.
Le dos est plus decolté...ouvert jusqu'au milieu, une chainette lui descend le long de la colonne. Un peu ceintré à la taille, le tissus était confortable et fluide.
Elle sort le collier offert par le commissaire, le regarde un instant et décide de ne pas le mettre.
Elle met ses clous d'oreilles en diamant et argent qu'elle tient de sa grand mere. Un des seuls biens de valeurs qu'elle possede. Pour accompagner ses boucles, elle accroche une broche argenté en forme de renard.
Agacée par les boucans des deux hommes, elle n'arrive pas à finir de mettre son rouge à lèvres... en même temps... Alex va lui ruiner... elle soupire... et sort de la salle de bain :
" STOP !!!! Vous êtes dingue ou quoi !!? Vous allez casser un truc à lancer des coussins !
- Darling, tu es magnifique... c'est... tu es...".
Elle rougit, et l'embrasse. Son ami finit de s'habiller :
" tu es canon ma jolie... j'ai de la chance... d'ailleurs comment tu veux que je t'appelles ?
- hum... je ne sais pas... faisons simple, chérie ira tres bien... vous n'êtes pas mal non plus tout les deux..." les deux hommes sont tres elegants, William à un charme à l'anglaise encore plus craquant avec son noeud papillon...
Alex, lui, à un leger look de bad boy avec son tatouage qui dépasse legerement. Ou joueur de foot ? En tout cas ça leur va bien... ils ont tout les deux fait taillés leurs barbes chez un barbier, ils pourraient passer pour des frères. Se sera difficile de ne pas se coller à William toute la soirée...
et difficile de ne pas être troublée par Alexis... bon...
il faut garder les idees claires !.
Elle se blottit dans les bras de son vrais petit ami :
" je vais avoir envie de t'embrasser tout le temps... tu es trop sexy !
- et moi donc... ne t'inquietes pas tout se passeras bien
- hum... j'espère... je ne me sens pas à l'aise ici".
Alex s'approche et lui pose les mains sur ses epaules :
" t'inquiètes... je vais te mettre à l'aise moi...".
Prise au milieu de ses deux hommes preferés, elle se sent rougir encore plus fort... elle sent les doigts experts de l'ancien kiné, parcourir ses épaules. Elle se redresse un peu, et fait face à son lieutenant qui compte bien la detendre lui aussi. Il lui caresse la joue et l'embrasse doucement. Alex lui denoue un noeud :
" t'es tendue cherie...".
Il fait passer ses cheveux roux d'un seul côté... et depose un b****r sur sa nuque. Elle se sent soudain... un peu... bizarre...
Sourire en coin, William plonge ses yeux, dans ceux candides de sa compagne.
Diana fremit à chaque fois qu'elle sent le souffle dans son coup... les doigts finissent par caresser plutot que masser... elle laisse les lèvres de William frôler les siennes... il adore faire ça... pour faire monter le désir... elle ferme les yeux... elle sent des mains caresser son dos et d'autres le visage, puis la pointrine... Elle ouvre les yeux et regarde par dessus l'épaule de son conjoint... bon sang ! Elle se dégage :
" on va être en retard ! Et vous m'avez décoiffer avec vos... ! Bêtises...!
- c'est pas moi Darling... c'est Alex qui prend son role trop à coeur...".
Les deux hommes ricanent, et Diana croise les bras d'un air agacé, elle les regarde rapidement de haut en bas :
" vous êtes des obsédés ! Pas un pour rattraper l'autre !
- dit donc ma jolie... je ne faisait que te masser moi... c'est pas de ma faute, si je te fait de l'effet...
- bien sur.... calmez vos ardeurs avant que je vous calme à l'eau froide ! Et toi tu dis rien William !?
- ho moi... je plaide coupable... j'ai envie de toi... et si on étaient pas attendus.... je t'aurais proposé de tester le lit..." Elle lève les yeux au ciel.
Remet de l'ordre dans sa chevelure, devant un grand miroir... bon sang... elle a bien cru qu'ils allaient... finir tout les trois par... elle rougit encore... en même temps... c'etait... si... grisant ?.
Natacha lui souffle :
" Excitant ? sensuelle ?....
- non ! C'etait surtout hyper bizarre !".
Elle jette un oeil dans le miroir, les deux hommes se regardent pour verifier qu'ils sont redevenus presentable :
" alors Alex ? C'est bon tu penses ?
- ouai ça va... moi j'imagine que pas encore ? Vu qu'elle est plus grosse que la tienne ...
- seriously ?". Elle met un peu de parfum et prend le bras d'Alex :
" tu sens bon...
- n'oublie pas qu'on c'est rencontré par hasard, dans une boulangerie, que je suis photographe, et qu'on est ensemble depuis trois ans...
- trois ans ?
- oui, c'est plus serieux...". Il hausse les épaules.
Ils trouvent le commissaire en chemin, venu les chercher :
" ho... Diana tu es parfaite, je n'en attendais pas moins de toi..." Il sourit au trio :
" Je vais vous tutoyer, se seras bien plus simple, et bien moins guindé. Quand à vous deux... je suis surpris... je ne m'attendais pas à vous trouver si élégants...". Elle esquisse un sourire moqueur :
" ne criez pas victoire trop tot commissaire... l'habit ne fait pas le... moine...
- en effet, mais vous formez un couple tres crédible... tout se passeras bien, sans vouloir te manquer de respect William
- aucuns soucis co... Victor... je suis entierement de votre avis".
Victor sourit, son fils est enfin presentable... et sa petite amie d'un soir va être remarquée...
Elle ne porte pas son collier.
Il les invite à le suivre, en prenant William par les épaules.
Ils arrivent dans un grand salon, avec un piano, des fauteuils capitonnés... un bar... la maitresse de maison se sert un verre.
Elle a mit une robe longue mais fendue, assez moulante. On dirait presque une actrice.
Sauf qu'elle n'a pas l'air tres heureuse mais plutot blasée... elle les acceuille neanmoins avec un sourire, surtout Diana :
" Tu es magnifique Diana ! Je peux te tutoyer ?
- oui... ça ne me gène pas... je suis bien moins élégante que vous.. vous ressemblez à une actrice..
- tu es adorable..". Elle regarde les deux hommes :
" les chambres vous plaisent j'espère ?" Alex acquiese :
" c'est parfait...
- j'espère que vous vous sentirez à l'aise dans cette maison, vous y serez toujours les bienvenue. Les amis d'Alexis, sont comme de la famille...
- je vous remerçis, ça me touche beaucoup, William et Diana sont comme.. des frères et soeurs..." Victor l'embrasse sur la joue :
" je suis content que vous vous entendiez bien".
Diana ne peut s'empêcher de sourire... elle entend des bruits de pas, et Daniel entre en s'exclamant :
" bon sang ! Tu aurais pu me dire que tu allais refaire faire une partie du toit !
- bonsoir à toi aussi, mon frère... je n'allais pas attendre qu'il nous pleuve dessus, je te signale que j'habite ici
- et moi, je te rappelle que la maison est à nous deux... tu as choisit l'artisant le plus cher comme d'habitude... je ne me retrouve à payer une fortune, pour une maison où je ne ne vit même pas
- rien ne t'empêche de t'installer. C'est assez grand pour deux... c'est pas de ma faute si ton...mari.. ne veut pas...
- la prochaine fois, prévient moi avant de signer les devis à ma place...
- je suis désolé... nous nous chamaillons souvent, et pas qu'au travail, comme vous pouvez le voir..." Daniel sourit à la vu des invités, il avait renseigné son neveu et son lieutenant sur la maison. Ils avaient insisté.. si le commissaire était bien un " gentil", ils devraient trouver des preuves..
Le plus dur serait d'entrer dans le bureau de son frère... même lui n'y pénétrait jamais. Ils sert les mains des deux hommes, et taquine la jeune femme :
" tu ne presentes pas ta petite amie, à ton vieil oncle Alexis ?" Diana lui sourit :
" comment va Alienor ?
- elle va bien, elle se souvient de toi, elle commence à faire des progrès niveau alimentation, tu ha...! Catherine, elle m'a donné ça pour toi...".
Il sort un dessin de sa poche ,et le tend à son ex femme, qui le regarde tristement...:
" je l'appelerais bientôt...
- hum...".
Diana sent un froid, traverser l'hôtesse.. elle va rarement voir leur fille. Elle qui a toujours rêvé d'avoir des enfants, se retrouve avec une seule fille, handicapée. Victor n'en avait jamais voulu. Elle avait espérait le faire changé d'avis après quelques années de mariage, mais il était resté sur sa décision. C'est elle, qui avait poussé Victor à organiser ce diner pour se raprocher de son fils... quand il lui avait dit, elle avait été fâchée. Mais il avait bien précisé que c'etait un accident, qui datait d'une trentaine d'années.
Elle aime sa fille, mais ne supporte plus la pitié des autres. Ni leur mépris. Ni leur moqueries.
Enceinte, elle rêvait d'une fille, médecin. Ou d'une grande artiste. S'imaginant fusionelle, avec des rires, de l'amour.
Pourtant, ce bébé avait été attendu. Catherine avait tant pleuré de joie en la tenant pour la première fois. Mais Aliénor pleurait sans cesse, surtout lorsqu’on la prenait dans les bras.
En grandissant, elle ne parlait pas. Elle alignait des jouets pendant des heures, hurlait au moindre contact.
Frappait.
Les moments qui auraient dû être heureux se transformaient en cauchemars. Catherine voyait les autres enfants rire, courir, grandir… pas sa fille.
Catherine portait ce poids chaque jour, seule. Sa fille avait huit ans d’âge mental… huit ans, enfermés dans un corps qui continuait de grandir. Et, malgré elle, la question revenait sans cesse : pourquoi Aliénor n’avait-elle pas eu la même chance que Diana ? Un autisme presque invisible. Presque normal. Quelques signes discrets, à peine perceptibles — tirer sur ses manches, se tordre les mains — rien de plus.
Rien, en apparence, ne laissait deviner que Diana était autiste.
Les médecins lui avaient dit que c’était de sa faute.
Sa mère, que c’étaient les vaccins.
Daniel, lui, parlait simplement de malchance.
Bref.
Voir Aliénor dans cet institut lui faisait trop mal. Trop pour rester objective. Son regard glissa vers la jeune femme qu’aurait dû être sa fille… qu’elle n’aurait jamais été. Jamais Aliénor n’aurait supporté une robe pareille. Ni le contact du tissu, ni la proximité des corps, ni cette mise en scène sociale si violente pour elle.
Aliénor avait ce visage… étrange. Marqué, déformé par les tics, les crispations, les tempêtes intérieures visibles à tous.
Diana, au contraire, avait les traits calmes. Impassibles, mais doux. Fins.
Ses yeux, surtout, frappaient Catherine : vifs, expressifs, parfois pétillants de curiosité. Là où ceux d’Aliénor restaient figés, absents… ou traversés de colère.
La comparaison était injuste. Catherine le savait. Et pourtant, elle ne parvenait pas à l’empêcher.
La honte la serra à la gorge lorsqu’elle réalisa qu’une part d’elle aurait préféré avoir une fille comme Diana. Une fille plus simple à aimer. Plus facile à comprendre.
La culpabilité fut immédiate, brutale.
Et dans le même souffle, quelque chose d’autre naquit en elle : une affection sincère pour Diana. Douce, inattendue. Presque dangereuse.
Comme si, à travers elle, Catherine voyait ce que sa fille n’avait jamais pu être… et ce qu’elle ne serait jamais.
Elle s'approche de la timide jeune femme, qui a laché le bras de son beau fils :
" tout va bien ?
- oui, ça va, merci
- tu dois avoir l'âge d'Aliénor, je suis contente qu'elle voit du monde...
- elle est plus jeune que moi, mais nous sommes toutes deux dans la vingtaine, ça me fait plaisir, je l'aime bien.. et le commandant voulait tellement que je le renseigne sur l'autisme.
- de nous deux, c'etait pourtant lui le specialiste
- Il connaissait bien l’autisme, oui… mais mal celui de sa fille. Chaque personne autiste est différente, c’est pour ça qu’on parle de spectre.
— Tu es Asperger ?
— Disons que j’ai un autisme plutôt léger… même s’il peut être handicapant parfois.
— Je n’aurais jamais deviné, à notre première rencontre.
— Oh, il y a plein de signes. Là, par exemple, je frotte ma main pour ne pas me gratter. J’ai passé des heures à choisir un tissu agréable, mais il y a toujours une couture qui me gêne. Je ne suis pas habituée à ce genre de robe… et je suis morte de stress à l’idée de voir des inconnus, ou des gens connus dans un autre contexte. Même un détail comme ça : le commissaire n’appelle jamais Will “William”."
Elle esquisse un sourire.
" Mon autisme ne se voit pas vraiment de l’extérieur. Mais à l’intérieur, il est bien là.
— Je comprends… J’aimerais que tu m’en dises plus. Peut-être qu’en comprenant mieux ma fille, j’arriverai à mieux l’accepter. Tu dois me trouver horrible… Je l’aime, bien sûr, mais elle est si différente que parfois j’ai l’impression de ne plus savoir comment l’aimer.
— Non. Je comprends. Ma mère n’a jamais accepté que je sois autiste non plus. À son époque, on n’en parlait pas. J’ai été élevée “de force” dans la normalité. Je me suis adaptée, malgré moi, en me sentant toujours à part. Chacun fait comme il peut. Je ne juge pas.
— Et puis… dans ce milieu, les gens n’y connaissent rien. Ils regardent avec pitié ou avec jugement. Beaucoup m’ont tourné le dos après le diagnostic. Certains ont même dit que c’était la faute de Daniel… parce qu’il avait couché avec moi alors qu’il se savait homosexuel. À l’époque, il n’avait même pas fait son coming out.
— Les gens peuvent être terriblement stupides. Mais je ne pense pas que ça ait à voir avec la classe sociale."
Cathe sourit. Victor avait raison : Diana était parfaite.
Elle a bien vue comment il la regardait, elle s'accomode de son attirance pour les plus jeunes filles mais elle.
Elle se surprend à penser qu'elle n'aimerait pas qu'il y touche. Elle est trop... innocente pour lui.
Une pensée lui traverse l'esprit
" si nous avions eu une fille... elle lui aurait ressemblé.. Belle, intelligente...".
Elle voit l'echange de regard avec le lieutenant. Ses deux la ont l'air de beaucoup s'aimer... il n'a d'yeux que pour sa compagne, et il a raison.
Elle a l'air intelligente, cultivée, gentille, courageuse.. Ils échangent un clin d'oeil qui la fait rougir légèrement.
Diana se tend, en entendant Victor dire que les premiers invités arrivent. Catherine lui pose doucement une main sur l'épaule :
" tu n'as qu'à rester pres de moi, je te présenterais...
- merci, j'espère ne pas faire de gaffes.
- Victor a des idees saugrenues mais il est sincère, il tient vraiment à ce qu'Alexis soit apprecié de ses amis. Il est maladroit mais... qui ne le serait pas à sa place
- c'est vrai... et puis Alex n'est pas toujours facile... il est têtu... voir borné... je sais de qui il tient maintenant...".
Elle rit :
" je suis bien d'accord....".
Le premier couple fait son entrée, Ils lui font penser à deux petits roquets... l'air hautain et suffisant. Le commissaire présente son fils qui semble intéresser particulierement sa femme.
Elle lui tend la main et Diana espère qu'il se souvient de ses leçons de galanterie.
Sourire charmeur, il se penche pour lui faire un baisemain.. ravie, elle se debarasse de son manteau de fourrure, et le tend sans un mot, ni un regard à l'employé de maison. Elle court presque vers les deux femmes et sans un regard pour Diana se pame :
" holala... tu en as de la chance... ton nouveau beau fils est un vrai fantasme vivant... il a même un tatouage... ho si j'etait un peu plus jeune.. d'ailleurs...? Tu n'es pas trop vieille maintenant pour ce genre de robe ? ".
L'hotesse sourit :
" Suzanne, je te présente Diana, la compagne de mon beau fils...
- enchantée madame, je suis ravit qu'il vous fasse bonne impression" la femme vire au cramoisit mais se reprend :
" ho... je ne vous avez pas remarqué... je pensais que c'était ta fille la dé....
- délicieuse ? ou délicate peut-être ?".
Elle sourit :
" Oups... Pardon pour mon impulsivité... je suis autiste aussi.
- la délicieuse enfant, bien sur..".
Elle s'excuse pour aller se rafraichir. Catherine avale d'un trait son verre :
" bon debarras, vieille chouette... je suis désolée...
- ce n'est pas à vous de vous excuser... et puis on ne manque pas de respect à la maitresse de maison. Votre robe vous va parfaitement. Elle est jalouse.
- Merci.. tu es un ange. Voici Maitre Prejean... c'est un juge, un très bon ami de Victor... sa femme est bien plus gentille, presque trop soumise...... Lise !? Viens, comment vas tu ?
- très bien et toi ? Comment va Alienor ?
- elle va bien, je te présente Diana, la compagne du fils de Victor
- enchanté, il a l'air charmant... qu'elle surprise qu'il soit père... quand Hervé me la dit je n'en croyait pas mes oreilles".
Lise est effectivement beaucoup plus agreable, elle est avenante et semble aussi réservée qu'elle.
Elle rejoint son mari, et Diana accepte un verre tendu par une employée :
" c'est du jus de pomme mademoiselle, Monsieur De Saint-Martin m'a demandé de vous le préciser...
- ho... c'est prevenant de sa part... merci ". Les deux femme discutent, avant d'être rejointes par un homme qui s'approche d'un peu trop près :
" Catherine... toujours à ton avantage... qui est cette charmante creature ?".
Elles ne peuvent pas répondre, Diana sent une main se poser en bas de son dos, et une voix familière repond :
" c'est ma petite amie docteur... tout va comme tu veux chérie ?" Elle sourit... :
" oui ". Elle regarde l'homme d'un air de defis. Grand, la barbe et les cheveux poivre et sel... Regard faussement chaleureux.
C'est donc un docteur... qui prend les femmes pour des créatures... ça promet... il a un air bizarre, Diana ne le sent pas... il baisse la tête rapidement pour se reprendre :
" et bien... vous êtes un homme chanceux... certains ici se damenerait pour avoir une si belle femme à leur bras..
- ho j'en ai conscience... et je suis doublement chanceux, en plus d'être ravissante, elle est intelligente."
L'homme esquisse un sourire, tend la main à Alexis :
" Gregory. Enchanté
- Le meilleur ami ? De même". Il laisse le trio, et rejoint des inconnus.
Le commissaire, vient prendre de leur nouvelle :
" Tout se passe bien Alexis ?
- ton ami médecin a des vus sur ma copine...
- ne t'inquiètes pas, c'est un beau parleur. Je suis sûr que Diana se serait deffendus..." Catherine acquiesse :
" vous l'auriez entendu rabattre le caquet de cette vieille chouette de Suzanne...".
Victor prend sa femme par la taille :
" elle a encore osé traiter Aliénor de débile ?
- pourquoi les invites tu à chaque fois...? Diana l'a coupé avant..
- en lui disant que j'étais autiste aussi, en général les gens se trouvent stupides, c'est toujours drôle...
- j'aurais aimé voir ça, je savais que tu t'en sortirais très bien... je suis desolé Chérie, mais tu sais bien que se sont des amis de la famille depuis longtemps..." Diana grimace :
" et bien... avec des amis comme ça commissaire, vous n'avez pas besoin d'ennemis..." Il rit :
" en effet, nous attendons encore quelques personnes et nous pourrons aller diner. Catherine ? Peux tu venir avec moi, André aimerait te poser des questions pour la vente de sa résidence ?
- oui bien sur, je te laisses Diana, tu es entre de bonnes mains, à tout à l'heure".
Elle lui fait un signe de la main et dépose un b****r sur la joue de son... "petit ami" :
" merci pour tout à l'heure, mon amour...
- De rien, ma charmante créature.."